Définition. Soit (Ω,P(Ω),p) un espace de probabilité ; une variable aléatoire sur Ω est une application de Ω dans R, notée (en général) X:Ω→R.
Exemple.
Pour un dé, on a Ω={1,2,3,4,5,6} et p({k})=61.
X:{Ω={1,2,…,6}→Rk→k
X est une variable aléatoire (v.a.) sur Ω.
Lancer de 2 pièces de monnaie successivement : Ω={PP,PF,FF,FP}.
Définition (variables discrètes).N est un ensemble discret ; Q n'est pas un ensemble discret car ∀a,b, on a ]a,b[∩Q=∅. Tout ensemble fini de R est discret.
Remarque. Soit Ω={x1,x2,…,xn} un univers fini et X une variable aléatoire X→R. X est appelée variable aléatoire discrète car X(Ω) est un ensemble discret dans R.
Théorème et démonstration. Soit (Ω,P(Ω),p) un espace de probabilité et X une variable aléatoire. La loi de X est la probabilité, notée pX, définie par :
pX:{X(Ω)→[0,1]x→pX(x)=p({ω∈Ω,X(ω)=x})
Démonstration.Ω={ω1,ω2,…,ωn}, X(Ω)={x1,x2,…,xk}={X(ω1),X(ω2),…,X(ωn)} avec xi=xj pour i=j.
Définition. Soit (Ω,P(Ω),p) un espace de probabilité et X une variable aléatoire sur Ω. On définit une application sur R, appelée fonction de répartition, par :
F:{R→[0,1]x→F(x)=p({ω∈Ω,X(ω)≤x})
Théorème. Soit (Ω,P(Ω),p) un espace de probabilité et F la fonction de répartition associée à X. On a :
x→−∞limF(x)=0, x→+∞limF(x)=1
F est une fonction croissante.
∀a,b∈R,a<b, F(b)−F(a)=p({ω∈Ω:a<X(ω)≤b})
Démonstration. Soit X(Ω)={x1,x2,…,xk} avec x1<x2<⋯<xk. On a F(x)=p({ω∈Ω,X(ω)≤x}).
Définition. Soit (Ω,P(Ω),p) un espace de probabilité et X une variable aléatoire. On suppose que Ω={ω1,ω2,…,ωn} et X(Ω)={x1,…,xk}. On définit le réel noté E(X), que l'on appelle l'espérance de X :
E(X)=i=1∑kxip({ω∈Ω,X(ω)=xi})=i=1∑kxip(X=xi)
Propriétés sur les variables aléatoires. Soient (Ω,P(Ω),p) un espace de probabilité, X et Y deux variables aléatoires sur Ω, a et b deux réels. Alors aX+bY est aussi une variable aléatoire.
Théorème. Soient (Ω,P(Ω),p) un espace de probabilité, X et Y deux variables aléatoires sur Ω. Alors :
Définition. Soit (Ω,P(Ω),p) un espace de probabilité et X une variable aléatoire. On définit la variance de X, que l'on note V(X), comme le réel positif :
V(X)=E((X−E(X))2)
Théorème VIII.1.
V(X)=E(X2)−(E(X))2
Démonstration.(X−E(X))2=X2−2E(X)X+E2(X), donc V(X)=E(X2−2E(X)X+E2(X))=E(X2)−2E(X)E(X)+E2(X)=E(X2)−E2(X).
Définition. Soit (Ω,P,p) un espace de probabilité et X une variable aléatoire sur Ω. On appelle écart type de X, que l'on note σ(X), le nombre σ(X)=V(X), où V(X)=E(X2)−(E(X))2 est la variance de X.
Théorème VIII.2. Soit (Ω,P,p) un espace de probabilité et X une variable aléatoire sur Ω. Alors ∀a,b∈R, on a :
Théorème VIII.4 (Inégalité de Tchebychev). Soit (Ω,P(Ω),p) un espace de probabilité et X une variable aléatoire sur Ω. On pose m=E(X). Alors ∀ϵ>0, on a :
p(∣X−m∣≥ϵ)≤ϵ2σ2(X)=ϵ2V(X)
avec la notation p(∣X−m∣≤ϵ)=p({ω∈Ω,∣X(ω)−m∣≤ϵ}).
Démonstration. Supposons que X(Ω)={x1,x2,…,xn}. On a donc :
En effet, {ω∈Ω;∣X(ω)−m∣≥ϵ}=j∈J⋃{ω∈Ω,X(ω)=xj}, d'où p(∣X−m∣≥ϵ)≤ϵ2V(X)=ϵ2σ2(X).
Exercice. Un sac contient 3 boules rouges et 3 boules vertes. On tire une à une les 6 boules (sans remise). Soit X la variable aléatoire qui, à chaque tirage des six boules, associe le nombre de boules vertes tirées avant l'apparition pour la première fois d'une boule rouge.
Quelles sont les valeurs prises par X ?
Quelle est la loi de X ?
Déterminer la fonction de répartition associée à X.
Solution.X peut prendre les valeurs 0,1,2,3. Tirer 6 boules ⇔ ordonner 6 éléments ; Ω = l'univers de cette expérience. Ainsi card(Ω)=6! et X(Ω)={0,1,2,3}, X:Ω→X(Ω), p(X=x).
X=0⇔ le premier tirage donne une boule rouge. E0 = tirer une boule rouge la première fois, card(E0)=C315!. Ainsi p(X=0)=card(Ω)card(E0)=6!C31⋅5!=21.
X=1⇔ le premier tirage est une boule verte et le second tirage une boule rouge. E1 = avoir une boule verte au premier tirage et une boule rouge au deuxième tirage. On a card(E1)=C31C314! et donc p(X=1)=103.