Définition. Soit (Ω,P(Ω),p) un espace de probabilité et X,Y deux variables aléatoires. On dit que X et Y sont indépendantes si et seulement si ∀x∈X(Ω),∀y∈Y(Ω) :
p([X=x]∩[Y=y])=p(X=x)×p(Y=y)
On rappelle que
[X=x]∩[Y=y]={ω∈Ω;X(ω)=x}∩{ω∈Ω;Y(ω)=y}
Proposition. Soient X et Y deux variables aléatoires indépendantes. Alors :
V(X+Y)=V(X)+V(Y)
Remarque. En général V(X+Y)=V(X)+V(Y), mais on a toujours E(X+Y)=E(X)+E(Y).
Uniforme. Soit (Ω,P(Ω),p) un espace de probabilité. Soit X une variable aléatoire avec X(Ω)={x1,x2,…,xn}. On dit que X suit une loi uniforme si et seulement si :
p(X=xi)=p(X=xj),∀i,j
Donc p(X=xi)=n1 car p(X=x1)+p(X=x2)+⋯+p(X=xn)=1⇒np(X=xi)=1.
Définition. La loi binomiale de paramètres n et p, notée B(n,p), est la loi de probabilité d'une variable aléatoire X=X1+X2+⋯+Xn où chaque Xi est une épreuve de Bernoulli de paramètre p (c'est-à-dire Xi=B(p)) possédant la propriété suivante : les variables aléatoires sont indépendantes, c'est-à-dire ∀i=j, Xi et Xj sont indépendantes.
Théorème IX.3.X est une variable aléatoire binomiale de paramètres n et p si et seulement si :
X:Ω→{0,1,2,…,n}
p(X=k)=Cnkpk(1−p)n−k,∀k=0,1,2,…,n
Démonstration.Xi=B(p), donc :
Xi:Ω→{0,1}X=X1+X2+⋯+Xn:Ω→{0,1,2,…,n}
Démontrons le point 2 par récurrence sur n. Montrons le cas n=2 : X=X1+X2, X:Ω→{0,1,2}.
p(X=0)=p(X1+X2=0)=p(X1=0 et X2=0)=p(X1=0)×p(X2=0)
car X1 et X2 sont indépendantes.
p(X=0)p(X=1)p(X=2)=p(X1=0)×p(X2=0)=(1−p)(1−p)=(1−p)2=C20p0(1−p)2=p(X1+X2=1)=p{(X1=0 et X2=1) ou (X1=1 et X2=0)}=p(X1=0 et X2=1)+p(X1=1 et X2=0)=p(X1=0)×p(X2=1)+p(X1=1)×p(X2=0)=(1−p)p+p(1−p)=2p(1−p)=C21p1(1−p)2−1=p(X1+X2=2)=p(X1=1 et X2=1)=p(X1=1)×p(X2=1)=p2=C22p2(1−p)2−2
On a montré le point 2 pour n=2. On suppose que l'hypothèse de récurrence est vraie jusqu'à n. Soit X=X1+X2+⋯+Xn+1:Ω→{0,1,…,n+1}. Soit k∈{0,1,2,…,n+1}.
p(X1+⋯+Xn+1=k)=p(X1+⋯+Xn=k et Xn+1=0)+p(X1+⋯+Xn=k−1 et Xn+1=1)=p(X1+⋯+Xn=k)×p(Xn+1=0)+p(X1+⋯+Xn=k−1)×p(Xn+1=1)=Cnkpk(1−p)n−k(1−p)+Cnk−1pk−1(1−p)n−k+1p=Cnkpk(1−p)n+1−k+Cnk−1pk(1−p)n+1−k=(Cnk+Cnk−1)pk(1−p)n+1−k=Cn+1kpk(1−p)n+1−k
Exemple. Une urne contient 3 boules blanches, 5 boules rouges et 2 boules noires. On tire successivement n boules de l'urne, avec remise. Soit X la variable aléatoire « nombre de boules blanches tirées après n tirages ». À chaque tirage, la probabilité de tirer une boule blanche vaut 103 ; les tirages sont indépendants, donc X=B(n,p) avec p=103. La loi de X est