Rappel. On munit R2 de sa base canonique i=(1,0), j=(0,1). Tout vecteur u=(a,b)∈R2 s'écrit u=ai+bj, (a,b)∈R2 uniques ; on les appelle coordonnées du vecteur u dans la base (i,j).
Soit P le plan affine. On fixe un point O du plan P, on considère le repère orthonormé (O,i,j). Tout point M du plan s'écrit OM=xi+yj ; (x,y) sont les coordonnées de M dans le plan (O,i,j). On note (xy).
Définition de la norme. On appelle norme de R2 dans R toute fonction ϕ:R2→R+ telle que :
ϕ(x,y)=0⇔x=0 et y=0.
ϕ(λx,λy)=∣λ∣ϕ(x,y),∀λ∈R
ϕ(x+z,y+t)≤ϕ(x,y)+ϕ(z,t), où (x+z,y+t)=(x,y)+(z,t)
Exemple.N1:R2→R+, (x,y)→x2+y2. C'est la norme canonique dans R2. On note aussi N1(x,y)=∥(x,y)∥=x2+y2.
Définition. Soit I une partie de R. On appelle fonction vectorielle dans R2 toute fonction F:{I→R2t→(x(t),y(t))
Remarque. La donnée d'une fonction vectorielle dans R2 est équivalente à la donnée de deux fonctions numériques :
x:{I→Rt→x(t)ety:{I→Rt→y(t)
Définition de la limite. Soit F:I→R2 une fonction vectorielle. Soit t0∈I. On dit que F admet une limite quand t→t0 s'il existe un vecteur l=(a,b) tel que :
Remarque. Toutes les propriétés de la limite (somme, produit par une fonction numérique) restent valables.
Définition de la continuité. Soit F:I→R2 une fonction vectorielle. Soit t0∈I. On dit que F est continue en t0 si et seulement si t→t0limF(t)=F(t0). On dit que F est continue sur I si et seulement si F est continue en tout point t0∈I.
Remarque. Toutes les propriétés de la continuité restent valables (somme, produit par une fonction numérique).
Définition de la dérivabilité. Soit F:I→R2 une fonction vectorielle et t0∈I. On dit que F est dérivable en t0 s'il existe un vecteur l=(a,b) tel que :
t→t0limt−t0F(t)−F(t0)=l
On note l=f=F′(t0). On dit que F est dérivable sur I si et seulement si F est dérivable en tout point t0 de I.
Remarque. Toutes les propriétés de dérivabilité (somme, produit par une fonction numérique) restent valables.
Théorème. Soit F:{I→R2t→(x(t),y(t)) une fonction vectorielle. Étudier la continuité et la dérivabilité de F est équivalent à étudier les continuités et les dérivabilités des deux fonctions numériques {x:t→x(t)y:t→y(t)
Rappel. Soient u=(a,b) et v=(c,d) deux vecteurs de R2. On définit le déterminant de (u,v) par :
det(u,v)=acbd=ad−bc
En particulier, la famille (u,v) est libre si et seulement si det(u,v)=0. On rappelle que (u,v) est une famille libre si et seulement si ∀α,β∈R, αu+βv=0⇔α=β=0.
Définition de la famille libre.(u,v) est une famille libre si et seulement si u=0, v=0 et l'un ne s'écrit pas sous la forme d'une combinaison linéaire de l'autre.
Définition de la base. Une base (u,v) de R2 est une famille libre de R2 composée de deux vecteurs. Autrement dit, deux vecteurs qui forment une famille libre sont une base de R2.
Base directe et indirecte. Soit (i,j) la base canonique de R2. Soit u=ai+bj, v=ci+dj une autre base de R2.
Si acbd>0, alors on dit que (u,v) est une base directe.
Si acbd<0, alors on dit que (u,v) est une base indirecte.
Définition. Soit I un intervalle de R et F:{I→R2t→(x(t),y(t)) une fonction vectorielle. On appelle arc paramétré, que l'on note C, l'ensemble {(x(t),y(t))∈R2,t∈I}. C'est donc l'ensemble des points du plan M(t)=(x(t),y(t)) lorsque t∈I. On dit que t→(x(t),y(t)) est une représentation paramétrique de la courbe C.
Exemple. La représentation paramétrique d'un cercle est {t→(cos(t),sin(t))t∈[0,2π]
Remarque. En général, il y a plusieurs représentations paramétriques d'une courbe C.
Exemple.f:x∈I→f(x)∈R une fonction numérique. La courbe C associée à f est Cf=(x,f(x)),x∈I.
Représentation géométrique. Soit (O,i,j) orthonormé. Soit (I,F) un arc paramétré, F:{I→R2t→(x(t),y(t)). On considère le point M(t) de coordonnées (x(t),y(t)) dans (O,i,j), c'est-à-dire OM(t)=x(t)i+y(t)j. Étudier la courbe C associée à l'arc paramétré (I,F) est équivalent à étudier le mouvement du point mobile M(t) par rapport à t :
C est appelée la trajectoire du mouvement.
F′(t) est la vitesse de M à l'instant t.
F′′(t) est l'accélération de M à l'instant t.
Définition (Point double). Soit (I,F), F:{I→R2t→(x(t),y(t)) un arc paramétré. Soit M(t) le point tel que F(t)=(x(t),y(t))=OM(t). On dit que M est un point double s'il existe t1,t2∈I, t1=t2 et {x(t1)=x(t2)y(t1)=y(t2), c'est-à-dire M(t1)=M(t2), t1=t2.
En général, on dit que M est un point de multiplicité K s'il existe t1,t2,…,tk∈I avec ti=tj pour i=j et M(t1)=M(t2)=⋯=M(tk).
Si γ+=t→t0+limG(t) existe, on dit que la courbe admet au point M(t0) une demi-tangente à droite de direction γ+.
Si γ−=t→t0−limG(t) existe, on dit que la courbe admet au point M(t0) une demi-tangente à gauche de direction γ−.
Si γ=t→t0limG(t) existe, on dit que la courbe C admet au point M(t0) une tangente de direction γ.
Théorème V.1. Soit F:{I→R2t→(x(t),y(t)) un arc paramétré de classe C1. Soit t0∈I ; si F′(t0)=(x′(t0),y′(t0))=(0,0), alors la courbe C admet au point M(t0) une tangente de direction F′(t0)=(x′(t0),y′(t0)). De plus, l'équation de la tangente au point M(t0) est (x−x(t0))y′(t0)=(y−y(t0))x′(t0).
Démonstration. Par définition, la direction de la tangente est t→t0lim∥M(t0)M(t)∥M(t0)M(t).
Définition (Point singulier). Soit F:{I→R2t→(x(t),y(t)) un arc paramétré. On dit qu'on a un point singulier en t0 si et seulement si x′(t0)=y′(t0)=0.
Théorème V.2 (Tangente en un point singulier). Soit F:{I→R2t→(x(t),y(t)) un arc paramétré de classe C∞. Soit t0∈I. On suppose que x′(t0)=y′(t0)=0.
Soit p le plus petit entier non nul tel que (x(p)(t0),y(p)(t0))=(0,0) ; on rappelle que x(p)(t0) est la dérivée d'ordre p en t0. Alors l'équation de la tangente de la courbe C associée à l'arc paramétré (I,F) est la droite d'équation :
(x−x(t0))⋅y(p)(t0)=(y−y(t0))⋅x(p)(t0)
Démonstration. Soit p le plus petit entier non nul tel que (x(p)(t0),y(p)(t0))=(0,0). D'après la formule de Taylor-Young, on a :
C'est un vecteur qui a la même direction que (x(p)(t0),y(p)(t0)).
Conclusion. La tangente au point M(t0)=(x(t0),y(t0)) est la droite qui passe par M(t0) et de direction le vecteur (x(p)(t0),y(p)(t0))⇒ l'équation de la tangente est (x−x(t0))⋅y(p)(t0)=(y−y(t0))⋅x(p)(t0).
Allure de la courbe près d'un point M(t0). Soit F:{I→R2t→(x(t),y(t)) un arc paramétré de classe C∞. Soit t0∈I. Soit p le plus petit entier non nul tel que (x(p)(t0),y(p)(t0))=(0,0). Soit q le plus petit entier tel que q>p et que les vecteurs (x(p)(t0),y(p)(t0)) et (x(q)(t0),y(q)(t0)) ne soient pas colinéaires. On pose
{u=(x(p)(t0),y(p)(t0))v=(x(q)(t0),y(q)(t0))
(M(t0),u,v) est un repère du plan. Par la formule de Taylor-Young :
Soit F:{I→R2t→(x(t),y(t)) un arc paramétré, t0∈R∪{±∞} avec t0 un point de l'extrémité de l'intervalle I. On dit qu'on a une branche infinie en t0 si t→t0limx(t)=∞ ou t→t0limy(t)=∞.
Si t→t0limx(t)=a et t→t0limy(t)=∞, alors la courbe admet une asymptote d'équation x=a.
Si t→t0limy(t)=b et t→t0limx(t)=∞, alors la courbe admet une asymptote d'équation y=b.
Si t→t0limx(t)=∞ et t→t0limy(t)=∞, on étudie t→t0limx(t)y(t).
Si t→t0limx(t)y(t)=∞, on a une branche parabolique de direction l'axe des ordonnées.
Si t→t0limx(t)y(t)=0, on a une branche parabolique de direction l'axe des abscisses.
Si t→t0limx(t)y(t)=a, il faut étudier t→t0lim(y(t)−ax(t)) :
Si t→t0limy(t)−a⋅x(t)=b, alors la courbe admet une asymptote d'équation y=ax+b.
Si t→t0limy(t)−a⋅x(t)=∞, on dit que la courbe admet une branche parabolique de direction la droite d'équation y=ax.
Remarque. Pour connaître la position de la courbe par rapport à l'asymptote y=ax+b, il faut étudier le signe de y(t)−ax(t)−b lorsque t→t0.
On détermine les symétries de la courbe C associée à (I,F).
On réduit le domaine d'étude s'il y a des symétries.
On calcule x′(t) et y′(t).
On étudie les variations de x(t) et y(t).
On calcule les limites de t→x(t) et t→y(t) pour t au bord de l'intervalle.
Tableau de variations.
On détermine les points singuliers : x′(t0)=y′(t0)=0.
On cherche le plus petit entier p>1 tel que (x(p)(t0),y(p)(t0))=(0,0). Ensuite, on cherche le plus petit entier q>p tel que (x(p)(t0),y(p)(t0)) et (x(q)(t0),y(q)(t0)) ne soient pas colinéaires.
Écrire la tangente au point M(t0)=(x(t0),y(t0)) : (x−x(t0))y(p)(t0)=(y−y(t0))x(p)(t0).
On détermine la nature du point M(t0) (pour comprendre l'allure de la courbe au voisinage de M(t0)).
On cherche les points tels que :
x′(t1)=0 et y′(t1)=0 (tangente verticale au point M(t1)) ;
x′(t2)=0 et y′(t2)=0 (tangente horizontale).
Étudier les branches infinies, déterminer les positions des asymptotes par rapport à la courbe.
⇒ la droite d'équation y−x=−1 est une asymptote à la courbe en ∞. Pour connaître la position de la droite y−x=−1 et de la courbe (t→∞), on cherche le signe de y(t)−x(t)+1∼t3. Donc la courbe est au-dessus de la droite.