Propagation d'une onde électromagnétique dans un plasma
Un plasma est un milieu ionisé, constitué d'ions positifs de charge +e et de masse M, et d'électrons de charge −e et de masse m. Le plasma est supposé peu dense, de telle sorte que les interactions entre les charges sont négligeables. Le milieu est neutre : il y a n0 ions et n0 électrons par unité de volume. On considère la propagation d'une onde électromagnétique progressive plane, transverse et monochromatique, qui se propage dans la direction Oz :
E=E0ei(ωt−kz)etE0⊥(Oz)
B(r,t)=ωk(uz∧E0)ei(ωt−kz)
Sous l'action du champ électromagnétique, les particules chargées vont se mettre en mouvement ; les ions étant beaucoup plus lourds que les électrons, on peut les supposer fixes et ne considérer que le mouvement des électrons. En appliquant le principe fondamental de la dynamique aux électrons, on a
mdt2d2r=−eE−edtdr∧B
Cette équation se simplifie car les électrons ne sont pas relativistes. Ainsi, l'action de B est négligeable devant celle de E, et le champ E apparaît comme uniforme à l'échelle du déplacement des électrons. En effet, ∥Fm∥≡evB ; or ∥B∥=ωkE=vϕE, on a vϕ≡c⇒∥Fe∥∥Fm∥≡cv≪1, et l'amplitude a du mouvement d'un électron est telle que :
λa≡ωλv≡ωkv=vϕv≡cv≪1
Le terme (kz) peut être considéré comme constant et inclus dans la phase de E ; l'équation devient
Remarque.ΔE=−k2E ; la relation de dispersion est −k2=−c2ω2(1−ω2ωp2).
k2=c2ω2(1−ω2ωp2)=c21(ω2−ωp2)
Indice complexe.
k=cnω⇒n2=1−ω2ωp2
Étude et interprétation de la relation de dispersion
ω>ωp.k est réel et on choisit k>0, car on étudie la propagation d'une onde dans le sens des z croissants :
k=cω2−ωp2etn=1−ω2ωp2
Le milieu est dispersif. De plus, j et E sont en quadrature, donc la puissance moyenne cédée par le champ aux porteurs de charges est nulle. Le champ ne perd pas d'énergie au cours de sa propagation : le milieu n'est pas absorbant, il est transparent. Ses vitesses de phase et de groupe sont
d'où vϕvg=c2. La vitesse de phase est supérieure à c, ce qui n'est pas gênant, car elle ne représente pas la propagation d'une grandeur matérielle. En revanche, la vitesse de groupe est nécessairement inférieure à c, car elle représente la vitesse de propagation de l'information dans un milieu transparent.
ω<ωp. Le vecteur d'onde est imaginaire pur, de la forme k=±ik′′ avec k′′=c1ωp2−ω2. Ainsi l'onde ne se propage pas : elle est de la forme E=E0e−k′′zeiωt ; c'est une onde stationnaire dont l'amplitude décroît au fur et à mesure que l'on pénètre dans le milieu. La distance caractéristique d'atténuation est δ=k′′1 ; l'indice est un imaginaire pur, n=−in′′ avec n′′=ω2ωp2−1.
Conclusion. Pour qu'une onde se propage dans un plasma, il faut que sa fréquence soit supérieure à la pulsation plasma ωp ; celle-ci apparaît donc comme une pulsation de coupure.
La vitesse de propagation de l'énergie ve vérifie
⟨π⟩=⟨u⟩ved’ouˋve=c2ωk=vϕc2=vg
ω<ωp.k=−ik′′⇒E=E0e−k′′zeiωtex et B=−iωk′′E0e−k′′zeiωtey. Ainsi ⟨π⟩=0 : l'onde ne transmet pas d'énergie au plasma, toute l'énergie de l'onde est réfléchie. Le plasma se comporte comme un miroir.
Pour décrire le comportement électrique d'un conducteur métallique, on adopte le modèle de Drude : un électron est libre et soumis à la force qu'exerce le champ électromagnétique et à la force de frottement visqueux qui traduit globalement l'effet des collisions à l'intérieur du milieu, f=−τmv, où τ est une constante positive, de l'ordre de grandeur de 10−14s dans un bon conducteur comme le cuivre.
Remarque. La vitesse v considérée ici est en fait la vitesse moyenne des électrons d'un volume dτ entourant l'électron considéré, et non la vitesse totale d'un électron, composée de la vitesse d'agitation thermique et de la vitesse due à la présence d'un champ électrique.
En appliquant le principe fondamental de la dynamique, on a
mdt2d2r=−τmdtdr−eE−edtdr∧B
Comme pour le plasma, les électrons ne sont pas relativistes : l'action de B est négligeable devant celle du champ E. Le champ E est uniforme à l'échelle du déplacement des électrons.
mdt2d2r=−τmdtdr−eE0eiωt
En cherchant v en régime forcé sous forme d'une OPPH (onde plane progressive harmonique) :
On définit la conductivité complexe γ par j=γE, avec
γ=1+iτωγ0
et γ0=mn0e2τ la conductivité statique.
Remarque.
Si ωτ≪1, c'est-à-dire ω≪τ1∼1014rad.s−1, alors γ=γ0 et la loi d'Ohm est valable : j=γ0E.
γ est complexe, ce qui traduit un déphasage entre j et E (quand E varie trop vite, les électrons n'ont pas le temps de suivre instantanément les variations de E et réagissent avec un certain retard, qui se traduit par un déphasage entre la vitesse et E, donc entre j et E).
À haute fréquence, ωτ≫1, alors γ∼−iτωγ0, donc j et E sont en quadrature, et la puissance volumique moyenne dissipée par effet Joule est ⟨j⋅E⟩=0.
De plus, les équations de Maxwell donnent div(E)=0, div(B)=0, rotE=−∂t∂B et rotB=μ0γE+ϵ0μ0∂t∂E. Donc
rotB=μ0(γ+iωϵ0)E=μ0ϵ0(1+iωϵ0γ)∂t∂E
Donc les équations de Maxwell dans le conducteur prennent la même forme que dans le vide, à condition de remplacer ϵ0 par ϵ0(1+iωϵ0γ). L'équation de dispersion s'écrit alors
Pour simplifier les notations, on choisit k′>0, ainsi
⎩⎨⎧vϕ=k′ω=ωδ=μ0γ02ωvg=dk′dω=2μ0γ02ω
Le milieu est dispersif. Un paquet d'ondes s'y propage en se déformant ; k′′=0, donc le milieu est absorbant : au fur et à mesure de sa propagation, l'onde cède de l'énergie aux porteurs de charges.
Champ magnétique. Si l'on considère une OPPH se propageant dans le sens des z croissants et polarisée rectilignement selon Ox :