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Induction magnétique : propriétés générales

Mise en évidence des interactions électromagnétiques​

Les phénomènes suivants révèlent des forces que l'on ne peut interpréter à partir de ce que l'on sait de la gravitation ou de l'électrostatique :

  • un morceau de fer est attiré par un aimant ;
  • l'aiguille d'une boussole indique sensiblement la direction du pôle nord de la Terre ;
  • l'aiguille d'une boussole change de direction si l'on approche d'elle un aimant, un morceau de fer ou un fil parcouru par un courant (Oersted, 1820) ;
  • deux fils conducteurs parcourus tous deux par des courants électriques s'attirent ou se repoussent ;
  • la trajectoire d'un électron est courbée au voisinage d'une bobine parcourue par un courant.

L'analyse de ces phénomènes montre qu'il s'agit toujours d'interactions entre des particules chargées en mouvement. Ces interactions sont appelées interactions électromagnétiques.

La situation électrostatique n'est qu'un cas particulier correspondant à des charges immobiles ; elle a permis de se familiariser avec la notion de champ en partant de la forme simple que prennent les interactions électromagnétiques dans ce cas. Cette notion est indispensable à l'étude du cas général, et l'on procédera de la façon suivante : étant donné des charges électriques animées de mouvements quelconques, on cherche à exprimer la force électromagnétique à laquelle une charge en un point PP de l'espace est soumise en fonction de grandeurs caractéristiques de l'espace en ce point, propriétés qui résultent des autres charges et de leurs mouvements.

Force de Lorentz​

S'agissant de charges en mouvement, il faut préciser le référentiel. On choisit un référentiel dans lequel l'observateur est immobile. On considère un système quelconque de charges animées de mouvements quelconques par rapport à ce référentiel.

Étudions expérimentalement la force F⃗\vec{F} agissant sur une charge qq de vitesse v⃗\vec{v} en un point de l'espace.

  • Quelle que soit v⃗\vec{v}, F⃗\vec{F} est proportionnelle à qq.
  • Si v⃗=0⃗\vec{v} = \vec{0}, la charge est soumise à une force F⃗E\vec{F}_E que l'on met sous la forme :
F⃗E=qE⃗\vec{F}_E = q\vec{E}

(E⃗\vec{E} est le champ électrique en PP ; c'est aussi le champ électrostatique si toutes les autres charges sont immobiles.)

  • Si v⃗≠0⃗\vec{v} \neq \vec{0}, la charge est soumise à la force F⃗\vec{F}. On constate que la différence F⃗−F⃗E\vec{F} - \vec{F}_E est proportionnelle à v⃗\vec{v}, perpendiculaire à une même direction de l'espace en PP quelle que soit v⃗\vec{v}. On peut mettre cette différence sous la forme :
F⃗−F⃗E=F⃗B=qv⃗∧B⃗\vec{F} - \vec{F}_E = \vec{F}_B = q\vec{v} \wedge \vec{B}

relation qui définit le champ magnétique B⃗\vec{B} en PP. Finalement :

F⃗=q(E⃗+v⃗∧B⃗)\vec{F} = q(\vec{E} + \vec{v} \wedge \vec{B})

B⃗\vec{B} est un vecteur axial. L'unité du champ magnétique est le tesla (TT). Par exemple, sur Terre, le champ magnétique vaut 6,2.10−5 T6{,}2.10^{-5}\,T, celui d'un électroaimant 1,5 T1{,}5\,T et celui d'un matériau supraconducteur 15 T15\,T.

Action d'un champ magnétique sur un courant​

Force exercée sur un élément de volume conducteur. Soit un élément de volume dVdV d'un conducteur entourant un point MM et parcouru par un courant de densité j⃗\vec{j}. L'élément dVdV contient la charge ρmdV\rho_m dV, qui subit la force magnétique :

dF⃗=ρmdV(v⃗∧B⃗)=dV j⃗∧B⃗dF⃗dV=j⃗∧B⃗d\vec{F} = \rho_m dV(\vec{v} \wedge \vec{B}) = dV\,\vec{j} \wedge \vec{B} \qquad \frac{d\vec{F}}{dV} = \vec{j} \wedge \vec{B}

La force magnétique par élément de volume de conducteur est j⃗∧B⃗\vec{j} \wedge \vec{B}. Ceci reste valable dans le cas où il y a plusieurs types de porteurs mobiles, car :

dF⃗=∑ρimdV(v⃗i∧B⃗)=dV[(∑ρimv⃗i)∧B⃗]=dV j⃗∧B⃗d\vec{F} = \sum \rho_{im} dV(\vec{v}_i \wedge \vec{B}) = dV\left[\left(\sum \rho_{im}\vec{v}_i\right) \wedge \vec{B}\right] = dV\,\vec{j} \wedge \vec{B}

Force exercée sur un élément de circuit filiforme parcouru par un courant. Soit un élément de conducteur filiforme de section constante et de longueur dldl assez petite pour que B⃗\vec{B} puisse être considéré comme constant, et que le tronçon envisagé puisse être considéré comme rectiligne et assimilable à un cylindre de hauteur dldl, de base d'aire dSdS. Le vecteur densité de courant j⃗\vec{j} est uniforme dans tout le volume du cylindre et parallèle à u⃗\vec{u} (vecteur unitaire dans le sens du courant).

dF⃗=dV j⃗∧B⃗=(dS⃗⋅dl⃗)(j⃗∧B⃗)=(dS⃗⋅u⃗) dl j(u⃗∧B⃗)car j⃗=ju⃗=(dS⃗⋅u⃗ j)(dl u⃗∧B⃗)car dl⃗=dl u⃗=(j⃗⋅dS⃗)(dl⃗∧B⃗)\begin{aligned} d\vec{F} = dV\,\vec{j} \wedge \vec{B} &= (\vec{dS} \cdot \vec{dl})(\vec{j} \wedge \vec{B}) = (\vec{dS} \cdot \vec{u})\,dl\,j(\vec{u} \wedge \vec{B}) \quad \text{car } \vec{j} = j\vec{u} \\ &= (\vec{dS} \cdot \vec{u}\,j)(dl\,\vec{u} \wedge \vec{B}) \quad \text{car } \vec{dl} = dl\,\vec{u} \\ &= (\vec{j} \cdot \vec{dS})(\vec{dl} \wedge \vec{B}) \end{aligned}
dF⃗=I(dl⃗∧B⃗)d\vec{F} = I(\vec{dl} \wedge \vec{B})

Cette loi peut s'écrire sous une forme équivalente en introduisant le vecteur intensité de courant, de module II et orienté dans le sens du courant :

dF⃗dl=I⃗∧B⃗\frac{d\vec{F}}{dl} = \vec{I} \wedge \vec{B}

La force magnétique qui s'exerce par unité de longueur d'un fil parcouru par un courant est I⃗∧B⃗\vec{I} \wedge \vec{B}.

Bien entendu, la résultante des forces d'origine magnétique s'exerçant sur une portion Γ\Gamma de circuit sera :

F⃗=I∫Γdl⃗∧B⃗\vec{F} = I\int_\Gamma \vec{dl} \wedge \vec{B}

Effet Hall. Dans un conducteur, le mouvement des charges est dû à la présence d'un champ électrique E⃗\vec{E}, et la densité de courant est j⃗=σE⃗\vec{j} = \sigma\vec{E}.

Si le conducteur est plongé dans un champ magnétique B⃗\vec{B}, ces porteurs sont soumis (outre la force électrique et la force de frottement) à une force magnétique perpendiculaire à j⃗\vec{j}.

Un déplacement de charges va donc se produire, qui se superpose au mouvement initial et produit des accumulations de charges sur les parois du conducteur. Ces distributions de charges produisent un champ électrique qui exerce sur les charges mobiles une force opposée à la force magnétique. Ce phénomène se poursuit jusqu'à ce que la force résultante à laquelle les porteurs sont soumis (force magnétique + force électrique) soit de nouveau parallèle aux parois du conducteur, c'est-à-dire reprenne la même direction qu'en l'absence de champ magnétique.

Pour étudier ce phénomène de manière plus quantitative, considérons un tronçon de conducteur de forme parallélépipédique dont les faces sont parallèles respectivement aux axes OxOx, OyOy, OzOz d'un trièdre trirectangle. Le courant circule parallèlement à OxOx (j>0j > 0) : j⃗=ju⃗x\vec{j} = j\vec{u}_x et v⃗=vu⃗x\vec{v} = v\vec{u}_x (ici, les porteurs sont des électrons, v⃗\vec{v} est dirigé en sens contraire de j⃗\vec{j}). Le champ magnétique est parallèle à OyOy : B⃗=Bu⃗y\vec{B} = B\vec{u}_y.

Supposons j>0j > 0 et B>0B > 0.

Il y a excès de porteurs sur la face avant et défaut sur la face arrière du parallélépipède. Ces charges produisent un champ électrique E⃗H\vec{E}_H dirigé selon OzOz, dont l'effet doit compenser exactement la force magnétique. Pour un élément de volume dVdV, la force transversale totale doit être nulle :

(ρmdV)E⃗H+(ρmdV)(v⃗∧B⃗)=0⃗(\rho_m dV)\vec{E}_H + (\rho_m dV)(\vec{v} \wedge \vec{B}) = \vec{0}
E⃗H=−v⃗∧B⃗ouˋ E⃗H est le champ de Hall.\vec{E}_H = -\vec{v} \wedge \vec{B} \quad \text{où } \vec{E}_H \text{ est le champ de Hall.}

La distribution de charges est stationnaire en régime permanent et E⃗H\vec{E}_H est ainsi de nature électrostatique. La différence de potentiel entre la face arrière et la face avant est :

ΔV=VA−VC=E⃗H⋅AC⃗=−Bvb(AC⃗=bu⃗z)\Delta V = V_A - V_C = \vec{E}_H \cdot \vec{AC} = -Bvb \quad (\vec{AC} = b\vec{u}_z)

ici B>0B > 0.

Cette différence de potentiel qui apparaît ainsi est la manifestation de l'effet Hall. ΔV\Delta V peut s'exprimer en fonction de II, de ρm\rho_m et de aa ; en effet :

j⃗=ju⃗x=ρmvu⃗x=Iabu⃗x⇒v=Iabρm\vec{j} = j\vec{u}_x = \rho_m v\vec{u}_x = \frac{I}{ab}\vec{u}_x \Rightarrow v = \frac{I}{ab\rho_m}
ΔV=−1ρmIBa\Delta V = -\frac{1}{\rho_m} \frac{IB}{a}

ici ρm<0\rho_m < 0 (électrons) : I>0I > 0, B>0B > 0 et a>0a > 0.

  • Ordre de grandeur. Pour de l'argent (un électron libre par atome), on trouve pour B=1 TB = 1\,T, I=10 AI = 10\,A et a=0,1 mma = 0{,}1\,mm : ΔV∼8,4 μV\Delta V \sim 8{,}4\,\mu V, effet faible mais parfaitement mesurable.
  • Application. Détermination du signe des porteurs s'il est inconnu. Mesure de BB après étalonnage (sonde à effet Hall, voir TP).

Flux du champ magnétique​

Travail fourni par la force magnétique qui s'exerce sur un circuit qui se déplace : flux coupé. Le travail fourni par la force magnétique qui s'exerce sur une charge ponctuelle en mouvement est nul (F⃗⊥v⃗\vec{F} \perp \vec{v}). Il n'en est pas de même pour un conducteur parcouru par un courant, qui se déplace dans le champ. En effet, le mouvement du conducteur n'a aucune relation avec le mouvement des porteurs à l'intérieur du conducteur.

Soit un élément dl⃗\vec{dl} d'un circuit parcouru par un courant II, et supposons que cet élément subit une translation dr⃗\vec{dr}. La force magnétique qu'il subit fournit alors le travail :

dW=dF⃗⋅dr⃗=I(dl⃗∧B⃗)⋅dr⃗dW = d\vec{F} \cdot \vec{dr} = I(\vec{dl} \wedge \vec{B}) \cdot \vec{dr}

Par suite de l'invariance d'un produit mixte par permutation circulaire :

dW=IB⃗⋅(dr⃗∧dl⃗)dW=IB⃗⋅dS⃗dW = I\vec{B} \cdot (\vec{dr} \wedge \vec{dl}) \qquad dW = I\vec{B} \cdot \vec{dS}

où dS⃗\vec{dS} est le vecteur-aire du parallélogramme construit sur dr⃗\vec{dr} et dl⃗\vec{dl} ; ce parallélogramme est la surface balayée par dl⃗\vec{dl} lors de son déplacement dr⃗\vec{dr}. B⃗⋅dS⃗\vec{B} \cdot \vec{dS} est le flux de B⃗\vec{B} à travers dS⃗\vec{dS} ; ce flux dΦcd\Phi_c est le flux d'induction à travers la surface balayée par l'élément de circuit dans son déplacement ; on dit encore qu'il s'agit du flux coupé par l'élément lors de son déplacement :

dW=I dΦcdW = I\,d\Phi_c

Considérons maintenant un circuit fermé qui passe d'une position initiale à une position finale, en changeant éventuellement de forme durant son déplacement. On décompose le circuit en éléments dl⃗\vec{dl} dont le déplacement peut lui aussi être décomposé en éléments dr⃗\vec{dr}. Le travail total des forces magnétiques est la somme des travaux élémentaires du type précédent. Si l'intensité du courant reste constante durant le déplacement du circuit, ce travail est :

W=I∫dΦc=IΦcW = I\int d\Phi_c = I\Phi_c

Φc\Phi_c est le flux d'induction coupé par le circuit dans son déplacement, c'est-à-dire le flux d'induction à travers la surface balayée par le circuit. L'orientation de cette surface est définie par dS⃗=dr⃗∧dl⃗\vec{dS} = \vec{dr} \wedge \vec{dl} et dépend donc du sens positif arbitraire choisi sur le circuit.

Cylindre balayé par un circuit circulaire en translation, pour les deux sens de circulation possibles

Ainsi, dans la figure ci-dessus, à gauche, le flux coupé est le flux à travers le cylindre balayé par le circuit, orienté vers l'intérieur. Si l'on change le sens de circulation, le flux coupé est le flux à travers le cylindre orienté vers l'extérieur (à droite) et change de signe. Mais II change également de signe, donc WW est, comme il se doit, indépendant du sens choisi. L'unité du flux est le weber (WbWb) : 1 Wb=1 T.m21\,Wb = 1\,T.m^2.

L'évaluation du flux coupé par le circuit est souvent difficile. Une autre expression, faisant appel à la variation du flux à travers le circuit dans les positions finale et initiale de ce circuit, est en général beaucoup plus commode à utiliser : c'est la loi de Maxwell.

Loi de Maxwell.

  • On admet qu'une propriété fondamentale de B⃗\vec{B} est la suivante :
div(B⃗)=0\text{div}(\vec{B}) = 0
  • Par suite, le flux de B⃗\vec{B} à travers une surface fermée est nul ; en effet :
∬SB⃗⋅dS⃗=∭Vdiv(B⃗) dV=0\iint_S \vec{B} \cdot \vec{dS} = \iiint_V \text{div}(\vec{B})\,dV = 0
  • Soit le contour Γ\Gamma muni d'un sens de circulation arbitraire, et deux surfaces s'appuyant sur Γ\Gamma et orientées par rapport à ce contour (il en résulte que S2S_2 peut être obtenue par déformation de S1S_1).

Deux surfaces S1 et S2 s&#39;appuyant sur le même contour et formant ensemble une surface fermée

Dans l'exemple ci-dessus, changeons l'orientation de S1S_1 pour obtenir S1′S_1'. La réunion de S2S_2 et de S1′S_1' constitue une surface fermée, orientée de l'intérieur vers l'extérieur. Soient ϕ(S1)\phi(S_1), ϕ(S1′)\phi(S_1') et ϕ(S2)\phi(S_2) les flux de B⃗\vec{B} à travers S1S_1, S1′S_1' et S2S_2 : on a ϕ(S1)=−ϕ(S1′)\phi(S_1) = -\phi(S_1') (il s'agit de la même surface à l'orientation près) ; de plus, ϕ(S1′)+ϕ(S2)=0\phi(S_1') + \phi(S_2) = 0, donc −ϕ(S1′)=ϕ(S2)-\phi(S_1') = \phi(S_2) et

ϕ(S1)=ϕ(S2)\phi(S_1) = \phi(S_2)

Ainsi, le flux d'induction à travers une surface quelconque de bord Γ\Gamma orientée par rapport à ce bord ne dépend que de Γ\Gamma.

Soit un circuit doté d'un sens de parcours positif arbitraire et dans lequel circule un courant constant II. Ce circuit subit un déplacement d'une position initiale 11 à une position finale 22 ; ce circuit peut éventuellement se déformer durant le déplacement. Le travail des forces magnétiques est W=IϕCW = I\phi_C.

Considérons la surface fermée constituée de la réunion de la surface balayée et de deux surfaces (absolument quelconques) s'appuyant sur le contour du circuit dans ses positions respectivement initiale et finale (bien noter que le choix de ces deux surfaces est arbitraire en raison du caractère conservatif du flux ; si le circuit est plan, il est commode de prendre les surfaces planes limitées par le circuit lui-même dans ses positions extrêmes). La surface fermée doit, bien entendu, être orientée d'une manière cohérente.

Dans le cas particulier illustré par la figure, la surface coupée est orientée vers l'intérieur de la surface (voir le sens du produit vectoriel dr⃗∧dl⃗\vec{dr} \wedge \vec{dl}) ; la surface S1S_1 est orientée, par rapport au contour, également vers l'intérieur, alors que la surface S2S_2 est orientée vers l'extérieur. Modifions l'orientation de S2S_2 pour obtenir S2′S_2'. Alors la réunion de S1S_1, de S2′S_2' et de ScS_c est une surface fermée, donc :

ϕ(S1)+ϕ(S2′)+ϕC=0ϕ(S1)−ϕ(S2)+ϕC=0ϕC=ϕ2−ϕ1\begin{aligned} \phi(S_1) + \phi(S_2') + \phi_C &= 0 \\ \phi(S_1) - \phi(S_2) + \phi_C &= 0 \\ \phi_C &= \phi_2 - \phi_1 \end{aligned}

avec ϕ2\phi_2 le flux à travers le circuit dans sa position finale (c'est-à-dire le flux à travers toute surface s'appuyant sur le contour et orientée par rapport à ce contour) et ϕ1\phi_1 le flux à travers le circuit dans sa position initiale. On obtient donc la loi de Maxwell :

W=I(ϕ2−ϕ1)W = I(\phi_2 - \phi_1)

Remarquons que WW est, comme il se doit, indépendant du sens de circulation choisi sur le circuit : le changement de ce sens modifie en effet simultanément le signe de II et le signe des flux.

Énergie potentielle d'un circuit parcouru par un courant continu dans un champ magnétique. On est conduit, d'après ce qui précède, à attribuer à un circuit parcouru par un courant continu et placé dans un champ magnétique une énergie potentielle

U=−IϕU = -I\phi

où ϕ\phi est le flux d'induction à travers le circuit.

Lors du déplacement, le travail (W2−W1)(W_2 - W_1) des forces magnétiques est

W2−W1=−(U2−U1)=I(ϕ2−ϕ1)W_2 - W_1 = -(U_2 - U_1) = I(\phi_2 - \phi_1)

Un circuit tendra à se déplacer de manière à rendre minimale son énergie potentielle (compte tenu des contraintes qui s'exercent sur lui, bien entendu) pour atteindre une position d'équilibre stable. Supposons que le sens de parcours arbitraire du circuit soit tel que II soit positif. Alors UU minimal est obtenu pour −ϕ-\phi minimal, c'est-à-dire pour :

ϕ maximal (reˋgle dite du flux maximum)\phi \text{ maximal (règle dite du flux maximum)}

Exemple. Soit un cadre rectangulaire pouvant tourner autour d'un axe de rotation fixe dans un champ magnétique uniforme perpendiculaire à l'axe de rotation :

Cadre rectangulaire mobile autour d&#39;un axe vertical dans un champ B horizontal

ϕ=∬B⃗⋅dS⃗\phi = \iint \vec{B} \cdot \vec{dS}

or B⃗\vec{B} est uniforme, donc :

ϕ=B⃗⋅∬dS⃗\phi = \vec{B} \cdot \iint \vec{dS}

Comme la surface est plane, tous les dS⃗\vec{dS} sont parallèles et ∬dS=S\displaystyle\iint dS = S. On obtient donc

Φ=B⃗⋅S⃗=BScos⁡(α)\Phi = \vec{B} \cdot \vec{S} = BS\cos(\alpha)

Comme I>0I > 0 pour le sens de circulation choisi, le flux maximal caractérise la position d'équilibre stable. Ce flux maximal, puisque aucune contrainte n'empêche le cadre de tourner, est obtenu pour α=0\alpha = 0 (S⃗∥B⃗\vec{S} \parallel \vec{B}). La position α=π\alpha = \pi minimise le flux : c'est la position d'équilibre instable.

Si le circuit est déformable, le flux maximal sera atteint par déplacements et déformations combinés, dans la limite des contraintes s'exerçant sur le circuit.