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Équations de l'électromagnétisme en régime variable

Introduction : but du chapitre​

Considérons un circuit RLC et essayons d'appliquer le théorème d'Ampère à un contour fermé Γ\Gamma proche du condensateur.

Contour Γ autour du fil d'un condensateur, surface Σ1 coupant le fil et surface Σ2 enveloppant l'électrode

On choisit une surface Σ1\Sigma_1 limitée par Γ\Gamma et coupant le fil de connexion reliant une électrode du condensateur au reste du circuit. Si II désigne l'intensité du courant circulant dans ce fil, le théorème d'Ampère fournit pour la circulation du champ magnétique le long de Γ\Gamma la valeur

C1=∮Γ+B⃗⋅dl⃗=μ0IC_1 = \oint_{\Gamma^+} \vec{B} \cdot \vec{dl} = \mu_0 I

Mais quand on applique le théorème d'Ampère à un contour fermé Γ\Gamma, le choix de la surface Σ\Sigma limitée par ce contour est en principe arbitraire. On peut également choisir une surface Σ2\Sigma_2 limitée par le même contour Γ\Gamma mais enveloppant l'électrode du condensateur de manière à ne pas couper le fil de connexion ; aucun courant ne traverse cette surface, et l'application du théorème d'Ampère donne alors :

C2=∮Γ+B⃗⋅dl⃗=0C_2 = \oint_{\Gamma^+} \vec{B} \cdot \vec{dl} = 0

On a donc C1≠C2C_1 \neq C_2 : on aboutit à une contradiction.

Quand on applique le théorème d'Ampère en régime statique, la liberté de choix de la surface Σ\Sigma repose sur la propriété de conservation de l'intensité du courant le long d'un conducteur (l'intensité est la même le long du fil et le circuit est un circuit fermé).

Cette propriété n'est donc pas réalisée dans un circuit comportant un condensateur : les lignes de courant s'arrêtent sur les électrodes du condensateur.

Les difficultés mentionnées paraissent donc liées au problème de la conservation de l'électricité. Ce chapitre va donc commencer par la recherche de l'expression de la conservation de l'électricité en régime variable, c'est-à-dire par l'établissement de ce qu'on appelle l'équation de continuité. Ensuite, on cherche comment il faut modifier les équations fondamentales de l'électromagnétisme pour qu'elles soient cohérentes avec l'équation de conservation de la charge électrique. Cela conduit à introduire le courant de déplacement dans l'équation de l'expression locale du théorème d'Ampère. On vérifie alors que la modification apportée lève bien le problème du début. On récapitule enfin l'ensemble des équations de l'électromagnétisme en examinant en détail celle qui a été modifiée, c'est-à-dire l'équation de Maxwell-Ampère.

La conservation de la charge électrique​

Énoncé et signification physique​

La charge électrique totale d'un système physique isolé (c'est-à-dire un système n'ayant aucun échange de matière avec le milieu extérieur) est une constante.

Si 2 systèmes physiques échangent entre eux de la matière, mais sans qu'aucun des deux n'ait échangé de matière avec le milieu extérieur, la somme de leurs charges électriques est une constante, et donc les variations ΔQ1\Delta Q_1 et ΔQ2\Delta Q_2 de ces charges électriques qui interviennent pendant un intervalle de temps donné sont opposées :

ΔQ1+ΔQ2=0d’ouˋΔQ1=−ΔQ2\Delta Q_1 + \Delta Q_2 = 0 \quad \text{d'où} \quad \Delta Q_1 = -\Delta Q_2

Équation de continuité : cas particulier​

Dans un premier temps, on établit l'expression de la conservation de la charge sur un cas particulier simple, en explicitant bien les détails mathématiques de la démonstration.

On considère un cylindre d'axe OxOx de section droite SS, contenant une charge électrique et un courant parallèle à l'axe OxOx, également distribués en volume.

Les répartitions de charge et de courant ne dépendent que de l'abscisse xx et du temps tt : ρ(x,t)\rho(x, t) et j⃗=j(x,t)u⃗x\vec{j} = j(x, t)\vec{u}_x.

La charge contenue dans un tronçon du cylindre limité par les plans d'abscisses respectives x1x_1 et x2x_2 est

Q(t)=S∫x1x2ρ(x,t) dxQ(t) = S\int_{x_1}^{x_2} \rho(x, t)\,dx

Cette charge dépend en général du temps et, entre les instants t1t_1 et t2t_2, elle varie de :

ΔQ=Q(t2)−Q(t1)=S∫x1x2[ρ(x,t2)−ρ(x,t1)] dx\Delta Q = Q(t_2) - Q(t_1) = S\int_{x_1}^{x_2} [\rho(x, t_2) - \rho(x, t_1)]\,dx

La charge du tronçon de cylindre peut varier avec le temps parce que ce tronçon ne constitue pas un système physique isolé : il échange de la matière avec le reste du cylindre. Le courant électrique transporte des charges à travers les plans de section droite d'abscisses x1x_1 et x2x_2.

Par définition du vecteur densité de courant volumique, il pénètre dans le tronçon du cylindre, à travers le plan d'abscisse x1x_1, entre les instants t1t_1 et t2t_2, la charge :

ΔQ1=S∫t1t2j(x1,t) dt\Delta Q_1 = S\int_{t_1}^{t_2} j(x_1, t)\,dt

De même, il sort à travers le plan d'abscisse x2x_2 la charge

−ΔQ2=S∫t1t2j(x2,t) dt-\Delta Q_2 = S\int_{t_1}^{t_2} j(x_2, t)\,dt

La somme des charges qui pénètrent dans le cylindre entre les instants t1t_1 et t2t_2 est

ΔQ′=ΔQ1+ΔQ2=S∫t1t2(j(x1,t)−j(x2,t)) dt\Delta Q' = \Delta Q_1 + \Delta Q_2 = S\int_{t_1}^{t_2} \big(j(x_1, t) - j(x_2, t)\big)\,dt

D'après la loi de conservation de la charge électrique, la variation de la charge du cylindre est égale à la quantité de charge qui pénètre dans le cylindre :

ΔQ=ΔQ′\Delta Q = \Delta Q'

soit

S∫x1x2[ρ(x,t2)−ρ(x,t1)] dx=S∫t1t2(j(x1,t)−j(x2,t)) dtS\int_{x_1}^{x_2} [\rho(x, t_2) - \rho(x, t_1)]\,dx = S\int_{t_1}^{t_2} \big(j(x_1, t) - j(x_2, t)\big)\,dt

En posant x2=x1+Δxx_2 = x_1 + \Delta x et t2=t1+Δtt_2 = t_1 + \Delta t, et en divisant par SΔxΔtS\Delta x\Delta t, on obtient :

1Δx∫x1x2ρ(x,t2)−ρ(x,t1)Δt dx=1Δt∫t1t2j(x1,t)−j(x2,t)Δx dt\frac{1}{\Delta x}\int_{x_1}^{x_2} \frac{\rho(x, t_2) - \rho(x, t_1)}{\Delta t}\,dx = \frac{1}{\Delta t}\int_{t_1}^{t_2} \frac{j(x_1, t) - j(x_2, t)}{\Delta x}\,dt

En effectuant alors le passage à la limite quand Δx→0\Delta x \to 0, on obtient

ρ(x1,t2)−ρ(x1,t1)Δt=1Δt∫t1t1+Δt−(∂j(x1,t)∂x)dt\frac{\rho(x_1, t_2) - \rho(x_1, t_1)}{\Delta t} = \frac{1}{\Delta t}\int_{t_1}^{t_1 + \Delta t} -\left(\frac{\partial j(x_1, t)}{\partial x}\right)dt

Puis, en effectuant le passage à la limite Δt→0\Delta t \to 0, on aboutit finalement au résultat :

∂ρ(x1,t1)∂t=−∂j(x1,t1)∂x\frac{\partial \rho(x_1, t_1)}{\partial t} = -\frac{\partial j(x_1, t_1)}{\partial x}

L'instant t1t_1 et l'abscisse x1x_1 étant bien évidemment arbitraires, on a de manière générale

∂ρ∂t(x,t)+∂j∂x(x,t)=0\frac{\partial \rho}{\partial t}(x, t) + \frac{\partial j}{\partial x}(x, t) = 0

Équation de continuité : cas général​

On généralise maintenant cette équation au cas où les distributions volumiques de charge et de courant sont quelconques : les fonctions ρ\rho et j⃗\vec{j} dépendent des 3 coordonnées d'espace et du temps, et la direction de j⃗\vec{j} peut varier d'un point à l'autre de l'espace.

On considère dans l'espace un domaine τ\tau limité par une surface fermée Σ\Sigma. Le domaine τ\tau contient une charge électrique QQ, fonction du temps, donnée en fonction de la charge volumique ρ(M,t)\rho(M, t) par

Q(t)=∭τρ(M,t) dτQ(t) = \iiint_\tau \rho(M, t)\,d\tau

Pendant l'intervalle de temps dtdt, cette charge varie de

dQ=∭τ(∂ρ∂tdt)dτdQ = \iiint_\tau \left(\frac{\partial \rho}{\partial t}dt\right)d\tau

La surface Σ\Sigma est traversée par les lignes de courant. Si l'on introduit comme d'habitude la normale n⃗\vec{n} à la surface Σ\Sigma orientée vers l'extérieur, la quantité de charge qui sort du domaine τ\tau à travers la surface Σ\Sigma pendant le temps dtdt est

−dQ′=∯Σ(j⃗⋅n⃗ dS) dt-dQ' = \oiint_\Sigma (\vec{j} \cdot \vec{n}\,dS)\,dt

La charge électrique qui pénètre dans le domaine τ\tau est évidemment égale à (+dQ′)(+dQ'), et l'on doit avoir

dQ=dQ′dQ = dQ'

Pour exprimer cette égalité, on transforme l'intégrale de flux (de j⃗\vec{j}) en une intégrale de volume (de ∇⃗⋅j⃗\vec{\nabla} \cdot \vec{j}) grâce à la formule d'Ostrogradsky :

∯Σj⃗⋅n⃗ dS=∭τ(∇⃗⋅j⃗) dτ\oiint_\Sigma \vec{j} \cdot \vec{n}\,dS = \iiint_\tau (\vec{\nabla} \cdot \vec{j})\,d\tau

Et l'égalité dQ=dQ′dQ = dQ' conduit alors, après division par dtdt, à

∭τ(∇⃗⋅j⃗+∂ρ∂t)dτ=0\iiint_\tau \left(\vec{\nabla} \cdot \vec{j} + \frac{\partial \rho}{\partial t}\right)d\tau = 0

Le domaine τ\tau a bien entendu été choisi de manière arbitraire. Pour que l'intégrale de volume soit nulle quel que soit le domaine τ\tau d'intégration, il est nécessaire que la fonction à intégrer soit nulle en tout point. On a donc finalement

∇⃗⋅j⃗(M,t)+∂ρ(M,t)∂t=0\vec{\nabla} \cdot \vec{j}(M, t) + \frac{\partial \rho(M, t)}{\partial t} = 0

Cette équation, qui exprime la conservation de la charge électrique, est connue sous le nom d'équation de continuité.

L'équation de Maxwell-Ampère​

Courant de déplacement​

En régime statique, les fonctions ρ\rho et j⃗\vec{j} ne sont pas fonctions du temps, de sorte que l'équation de continuité se réduit à

∇⃗⋅j⃗=0\vec{\nabla} \cdot \vec{j} = 0

Cette équation est cohérente avec l'expression locale du théorème d'Ampère

∇⃗∧B⃗=μ0j⃗\vec{\nabla} \wedge \vec{B} = \mu_0 \vec{j}

En effet, la divergence du premier membre est nulle (∇⃗⋅(∇⃗∧B⃗)\vec{\nabla} \cdot (\vec{\nabla} \wedge \vec{B}) est nulle quelle que soit la fonction B⃗\vec{B}), et celle du deuxième membre l'est en statique car

∇⃗⋅j⃗=−∂ρ∂t\vec{\nabla} \cdot \vec{j} = -\frac{\partial \rho}{\partial t}

En régime variable, j⃗≠∇⃗∧B⃗μ0\vec{j} \neq \dfrac{\vec{\nabla} \wedge \vec{B}}{\mu_0}. On peut toujours poser T⃗=∇⃗∧B⃗−μ0j⃗\vec{T} = \vec{\nabla} \wedge \vec{B} - \mu_0 \vec{j}, où T⃗\vec{T} désigne une fonction de l'espace et du temps. La fonction T⃗\vec{T} est telle que

μ0∇⃗⋅j⃗+∇⃗⋅T⃗=0\mu_0 \vec{\nabla} \cdot \vec{j} + \vec{\nabla} \cdot \vec{T} = 0

soit

∇⃗⋅T⃗=μ0∂ρ∂t\vec{\nabla} \cdot \vec{T} = \mu_0 \frac{\partial \rho}{\partial t}

En admettant alors que le théorème de Gauss a la même expression locale qu'en statique, c'est-à-dire que ρ=ϵ0∇⃗⋅E⃗\rho = \epsilon_0 \vec{\nabla} \cdot \vec{E}, on aboutit à : ∇⃗⋅T⃗=μ0ϵ0∂∂t(∇⃗⋅E⃗)=μ0ϵ0∇⃗⋅(∂E⃗∂t)\vec{\nabla} \cdot \vec{T} = \mu_0\epsilon_0 \dfrac{\partial}{\partial t}(\vec{\nabla} \cdot \vec{E}) = \mu_0\epsilon_0 \vec{\nabla} \cdot \left(\dfrac{\partial \vec{E}}{\partial t}\right), soit ∇⃗⋅(T⃗−ϵ0μ0∂E⃗∂t)=0\vec{\nabla} \cdot \left(\vec{T} - \epsilon_0\mu_0 \dfrac{\partial \vec{E}}{\partial t}\right) = 0.

Une manière très simple de rétablir la cohérence des équations consiste à poser T⃗=ϵ0μ0∂E⃗∂t\vec{T} = \epsilon_0\mu_0 \dfrac{\partial \vec{E}}{\partial t}, c'est-à-dire

∇⃗∧B⃗=μ0j⃗+ϵ0μ0∂E⃗∂t\vec{\nabla} \wedge \vec{B} = \mu_0 \vec{j} + \epsilon_0\mu_0 \frac{\partial \vec{E}}{\partial t}

C'est l'équation de Maxwell-Ampère. On remarque que les 3 autres équations de Maxwell gardent en régime variable la forme qu'elles ont en régime quasi stationnaire.

Récapitulatif des équations de Maxwell​

∇⃗⋅E⃗=ρϵ0∇⃗⋅B⃗=0∇⃗∧E⃗=−∂B⃗∂t∇⃗∧B⃗=μ0j⃗+ϵ0μ0∂E⃗∂t\begin{aligned} \vec{\nabla} \cdot \vec{E} &= \frac{\rho}{\epsilon_0} \\ \vec{\nabla} \cdot \vec{B} &= 0 \\ \vec{\nabla} \wedge \vec{E} &= -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t} \\ \vec{\nabla} \wedge \vec{B} &= \mu_0 \vec{j} + \epsilon_0\mu_0 \frac{\partial \vec{E}}{\partial t} \end{aligned}

La théorie de l'électromagnétisme repose sur les postulats de base constitués par ces 4 équations et sur la formule de Lorentz

F⃗=q(E⃗+v⃗∧B⃗)\vec{F} = q(\vec{E} + \vec{v} \wedge \vec{B})

qui fournit la loi de la force et définit les champs électrique et magnétique. Il faudrait ajouter la loi de conservation de la charge électrique (équation de continuité), mais celle-ci peut être en quelque sorte considérée comme contenue implicitement dans les équations de Maxwell.

À chacune des équations de Maxwell est associée une relation de passage concernant : la composante normale de E⃗\vec{E} (1), la composante normale de B⃗\vec{B} (2), la composante tangentielle de E⃗\vec{E} (3) et la composante tangentielle de B⃗\vec{B} (4).

À chacune des équations de Maxwell est associée une formulation intégrale concernant : le flux de E⃗\vec{E}, le flux de B⃗\vec{B}, la circulation de E⃗\vec{E} et la circulation de B⃗\vec{B}.

Les formulations intégrales associées aux 3 premières équations ont déjà été étudiées. On va examiner en détail celle associée à l'équation de Maxwell-Ampère, ainsi que la relation de passage associée, dans les paragraphes sur le théorème d'Ampère généralisé et sur la composante tangentielle de B⃗\vec{B}.

Relations entre les champs et les sources des champs​

Un problème important en électromagnétisme est le calcul des champs électriques et magnétiques produits par des distributions de charges et de courants données.

En régime statique (et de manière approchée en régime lentement variable), le champ électrique est calculé en fonction des distributions de charges par la loi de Coulomb, le champ B⃗\vec{B} est calculé en fonction des distributions de courant par la loi de Biot et Savart.

En régime variable, les lois de Coulomb et de Biot et Savart ne sont pas valables.

En régime variable, ce sont les équations de Maxwell qui établissent la relation entre les champs et les distributions de charge, plus précisément la relation

∇⃗⋅E⃗=ρϵ0\vec{\nabla} \cdot \vec{E} = \frac{\rho}{\epsilon_0}

et la relation

∇⃗∧B⃗=μ0j⃗+ϵ0μ0∂E⃗∂t\vec{\nabla} \wedge \vec{B} = \mu_0 \vec{j} + \epsilon_0\mu_0 \frac{\partial \vec{E}}{\partial t}

Le calcul dans chaque cas à partir de ces relations est, sauf dans des cas particuliers, fort compliqué. Il est simplifié par l'intermédiaire des potentiels.

Le théorème d'Ampère généralisé​

Ce théorème peut se déduire de l'équation de Maxwell-Ampère établie précédemment. Cependant, il s'applique dans des conditions plus larges, en particulier quand les champs sont discontinus en certains points.

Contour orienté Γ et surface Σ qui s'appuie sur lui, de normale n

On considère la circulation de B⃗\vec{B} le long d'une courbe fermée Γ\Gamma :

∮B⃗⋅dl⃗\oint \vec{B} \cdot \vec{dl}

On transforme ensuite cette intégrale en une intégrale de flux à travers une surface Σ\Sigma limitée par le contour Γ\Gamma :

∮Γ+B⃗⋅dl⃗=∬(∇⃗∧B⃗)⋅n⃗ dS\oint_{\Gamma^+} \vec{B} \cdot \vec{dl} = \iint (\vec{\nabla} \wedge \vec{B}) \cdot \vec{n}\,dS

Puis, par la relation de Maxwell-Ampère, on obtient

∬Σ(∇⃗∧B⃗)⋅n⃗ dS=∬Σμ0j⃗⋅n⃗ dS+∬Σϵ0μ0∂E⃗∂t⋅n⃗ dS\iint_\Sigma (\vec{\nabla} \wedge \vec{B}) \cdot \vec{n}\,dS = \iint_\Sigma \mu_0 \vec{j} \cdot \vec{n}\,dS + \iint_\Sigma \epsilon_0\mu_0 \frac{\partial \vec{E}}{\partial t} \cdot \vec{n}\,dS

On aboutit finalement au théorème d'Ampère généralisé :

∮Γ+B⃗⋅dl⃗=μ0I+μ0ϵ0(dϕEdt)\oint_{\Gamma^+} \vec{B} \cdot \vec{dl} = \mu_0 I + \mu_0\epsilon_0\left(\frac{d\phi_E}{dt}\right)

où ϕE\phi_E est le flux de E⃗\vec{E} à travers Σ\Sigma, ϕE=∬ΣE⃗⋅n⃗ dS\phi_E = \displaystyle\iint_\Sigma \vec{E} \cdot \vec{n}\,dS.

La relation de passage de la composante tangentielle de B⃗\vec{B}​

Considérons une surface de discontinuité Σ\Sigma sur laquelle sont présentes une densité surfacique de charges σ\sigma et une densité surfacique de courant j⃗0\vec{j}_0.

Par analogie avec les densités volumiques de charge et de courant, liées entre elles par j⃗=ρv⃗\vec{j} = \rho\vec{v}, où v⃗\vec{v} est la vitesse des charges mobiles créant le courant, on définit la densité surfacique de courant par

j⃗0=σv⃗\vec{j}_0 = \sigma\vec{v}

où v⃗\vec{v} est la vitesse des charges mobiles en surface et σ\sigma leur densité surfacique.

Remarque.

  • La densité j⃗\vec{j} de courant volumique est homogène à une intensité divisée par une surface.
  • La densité j⃗0\vec{j}_0 de courant surfacique est homogène à une intensité divisée par une longueur. Soit dl=ABdl = AB un segment appartenant à Σ\Sigma et u⃗N\vec{u}_N le vecteur unitaire normal à ABAB et appartenant à Σ\Sigma. Ainsi l'intensité du courant qui traverse ABAB est
dI=(j⃗0⋅u⃗N) dldI = (\vec{j}_0 \cdot \vec{u}_N)\,dl

Surface Σ séparant les régions 1 et 2, contour rectangulaire NPQR coupant la surface le long de la médiane TT'

Relation de passage pour la composante tangentielle B⃗t\vec{B}_t de B⃗\vec{B} à la traversée de Σ\Sigma. Soit M∈ΣM \in \Sigma, MzMz un axe normal à Σ\Sigma orienté de 1 vers 2, MxMx et MyMy deux axes orthogonaux dans le plan tangent en MM à Σ\Sigma, qui forment avec MzMz un repère orthogonal direct. Dans le plan MxzMxz, considérons le contour Γ\Gamma, NPQRNPQR, passant par les points M1M_1 dans 1 et M2M_2 dans 2. La circulation de B⃗\vec{B} le long de ce contour est égale à

∮NPQRNB⃗⋅dl⃗=[Bx(M2)−Bx(M1)]Δx+Δx ϵ(Δx)\oint_{NPQRN} \vec{B} \cdot \vec{dl} = [B_x(M_2) - B_x(M_1)]\Delta x + \Delta x\,\epsilon(\Delta x)

D'après le théorème d'Ampère généralisé, cette quantité s'exprime en fonction du courant traversant la surface du rectangle NPQRNPQR et du flux électrique à travers cette surface.

Le courant II est le courant surfacique traversant la médiane TT′TT' du rectangle :

I=(j⃗0⋅u⃗H)Δu=jOyΔuI = (\vec{j}_0 \cdot \vec{u}_H)\Delta u = j_{Oy}\Delta u

Le flux est rendu arbitrairement petit quand Δz\Delta z tend vers 0.

Finalement, on a donc, quand M1M_1 et M2M_2 tendent vers MM, puis Δx\Delta x vers 0 :

Bx2−Bx1=μ0jOyB_{x_2} - B_{x_1} = \mu_0 j_{Oy}

En choisissant un contour rectangulaire dans le plan MyzMyz, on peut montrer que

By2−By1=−μ0jOxB_{y_2} - B_{y_1} = -\mu_0 j_{Ox}

On peut rassembler ces 2 formules en une seule, relative à la composante tangentielle B⃗t\vec{B}_t du champ magnétique, en s'affranchissant des axes MxMx et MyMy :

B⃗t2−B⃗t1=μ0(j⃗0∧n⃗12)\vec{B}_{t_2} - \vec{B}_{t_1} = \mu_0(\vec{j}_0 \wedge \vec{n}_{12})

où n⃗12\vec{n}_{12} représente la normale unitaire à Σ\Sigma en MM orientée de 1 vers 2.

De plus, comme la composante normale de B⃗\vec{B} est continue, on peut écrire

B⃗2−B⃗1=μ0j⃗0∧n⃗12\vec{B}_2 - \vec{B}_1 = \mu_0 \vec{j}_0 \wedge \vec{n}_{12}