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Induction électromagnétique

Introduction. Les phénomènes étudiés jusqu'à présent concernent des charges au repos (électrostatique) ou des courants permanents (magnétostatique). On va aborder maintenant une nouvelle classe de phénomènes, ceux où les courants sont variables dans le temps (régimes variables).

Expériences fondamentales​

En électrostatique, la présence de charges à proximité d'un conducteur produit l'apparition de charges sur ce conducteur (phénomène d'influence).

D'une manière analogue, la question suivante s'est posée historiquement : un courant circulant dans un circuit ne devrait-il pas produire l'apparition d'un courant dans un circuit placé à proximité du premier ?

L'expérience a montré que le courant n'apparaît dans le second circuit que s'il y a déplacement relatif des deux circuits, ou encore si le courant qui parcourt le premier circuit varie. Le courant cesse dès que le déplacement cesse ou dès que le courant est maintenu constant dans le premier circuit.

Les phénomènes d'influence ont un caractère statique : les charges développées à la surface d'un conducteur par l'approche d'une charge extérieure se maintiennent si cette dernière est fixe. Au contraire, les phénomènes d'induction ont un caractère dynamique : ils sont liés à un mouvement ou à une variation.

Parmi la grande diversité des expériences d'induction, on va décrire trois expériences, réalisées toutes trois par Faraday, qui mettent bien en évidence les divers aspects du phénomène.

Expérience AA. On considère deux circuits 11 et 22 placés à proximité. 11 comporte un générateur et est parcouru par un courant I1I_1 ; 22 ne comporte pas de générateur mais un milliampèremètre. On déplace 22 ; on constate que, tant que 22 se déplace, un courant circule dans le circuit 22. Un effet analogue est observé si un simple aimant est substitué au circuit 11. Le sens du courant est inversé si, au lieu, par exemple, de rapprocher 22 de 11, on l'éloigne.

Circuit 1 avec générateur parcouru par I1, circuit 2 muni d'un ampèremètre déplacé à proximité

Expérience BB. Même expérience que la précédente, sinon que 22 est fixe et 11 mobile. On observe, comme précédemment, l'apparition d'un courant dans 22 (immobile) tant que dure le déplacement. Il y a accord quantitatif si le mouvement relatif des deux circuits est le même que dans l'expérience AA. Le circuit 11 peut être remplacé par un aimant.

Expérience CC. Les deux circuits sont fixes, mais on modifie I1I_1 (à l'aide d'une résistance variable insérée dans le circuit 11). De nouveau, un courant apparaît dans 22 et s'annule dès que I1I_1 reprend une valeur constante.

Interprétation​

Soit dl⃗\vec{dl} un élément du fil filiforme 22 plongé dans une région où règne un champ B⃗\vec{B} engendré par 11.

Élément dl du circuit 2 déplacé de dr

Soit v⃗\vec{v} la vitesse d'un porteur du circuit 22 et v⃗0\vec{v}_0 la vitesse avec laquelle on déplace l'élément dl⃗\vec{dl} :

v⃗0=dr⃗dt\vec{v}_0 = \frac{d\vec{r}}{dt}

(le référentiel utilisé est celui du conducteur 11 immobile).

Le porteur de charge est soumis à la force de Lorentz

F⃗=q(v⃗0+v⃗)∧B⃗\vec{F} = q(\vec{v}_0 + \vec{v}) \wedge \vec{B}

ceci équivaut à dire que qq est soumise à un champ électrique (champ électromoteur) :

de=E⃗⋅dl⃗=[(v⃗0+v⃗)∧B⃗]⋅dl⃗=(v⃗0∧B⃗)⋅dl⃗+(v⃗∧B⃗)⋅dl⃗de = \vec{E} \cdot \vec{dl} = \big[(\vec{v}_0 + \vec{v}) \wedge \vec{B}\big] \cdot \vec{dl} = (\vec{v}_0 \wedge \vec{B}) \cdot \vec{dl} + (\vec{v} \wedge \vec{B}) \cdot \vec{dl}

Le second produit mixte est nul (v⃗\vec{v} et dl⃗\vec{dl} sont colinéaires) ; remplaçons v⃗0\vec{v}_0 par dr⃗/dtd\vec{r}/dt :

de=ddt(dr⃗∧B⃗)⋅dl⃗=−ddt(dr⃗∧dl⃗)⋅B⃗de = \frac{d}{dt}(d\vec{r} \wedge \vec{B}) \cdot \vec{dl} = -\frac{d}{dt}(d\vec{r} \wedge \vec{dl}) \cdot \vec{B}

où (dr⃗∧dl⃗)⋅B⃗(d\vec{r} \wedge \vec{dl}) \cdot \vec{B} est le flux coupé par l'élément dl⃗\vec{dl}, donc :

de=−dϕCdtde = -\frac{d\phi_C}{dt}

Pour le circuit entier, la force électromotrice totale est donnée par l'expression :

e=−dϕCdt=−dϕdte = -\frac{d\phi_C}{dt} = -\frac{d\phi}{dt}

où dϕd\phi est la variation de flux à travers le circuit.

Dans le cas de l'expérience BB, le circuit 22, où se développe le courant induit, est immobile. Le référentiel utilisé est celui de 22. Comme v⃗0=0⃗\vec{v}_0 = \vec{0}, les porteurs ne sont pas soumis à une force magnétique ; ils ne sont pas non plus soumis à une force électrostatique. Comme il y a néanmoins un courant observé, les porteurs sont soumis à une force de Lorentz où intervient seulement un champ électrique E⃗\vec{E} :

F⃗=qE⃗\vec{F} = q\vec{E}

Ceci provient du fait que, dans cette expérience où le référentiel de 22 est utilisé, le champ magnétique auquel 22 est soumis varie par suite du mouvement de 11.

Un champ magnétique variable dans le temps est nécessairement accompagné d'un champ électrique.

La force électromotrice d'induction dans le circuit qui correspond à ce champ électrique est donnée par la même formule que dans l'expérience AA :

e=−dϕdte = -\frac{d\phi}{dt}

Ici, la variation de ϕ\phi n'est plus due au mouvement du circuit (il est immobile) mais à la variation du champ magnétique.

Les expériences du type AA et BB, qui conduisent aux mêmes faits expérimentaux, sont interprétées à première vue de manières très différentes. En réalité, champ électrique et champ magnétique sont deux composantes du champ électromagnétique, et les deux expériences constituent une seule et même expérience "vue" de deux référentiels différents, celui du circuit induit pour BB.

Cette dissymétrie entre les deux expériences sert de point de départ à l'article de 1905 d'Einstein, relatif à l'électrodynamique des corps en mouvement, qui introduit la relativité restreinte.

Si l'on admet, comme pour BB, que la variation dans le temps du champ magnétique est accompagnée d'un champ électrique, alors l'expérience CC s'interprète comme l'expérience BB, et la force électromotrice d'induction dans 22 est donnée par e=−dϕdte = -\dfrac{d\phi}{dt}. La variation de flux provient de la variation de l'induction magnétique, due elle-même à la variation de I1I_1.

Loi de Lenz​

Le signe du flux d'induction Φ\Phi à travers le circuit 22 (décrit dans les expériences AA, BB et CC) est, bien entendu, lié au sens de parcours positif arbitrairement choisi pour 22.

Si ϕ\phi a tendance à augmenter, dϕ/dtd\phi/dt est positif et ee est négatif, c'est-à-dire que le courant induit circule en sens contraire du sens positif choisi initialement. Ce courant induit crée lui-même un champ magnétique dont le flux à travers 22 est négatif et tend donc à s'opposer à l'augmentation du flux du champ magnétique extérieur (champ engendré par 11).

Si au contraire ϕ\phi a tendance à diminuer, alors ee est positif ; le courant induit circule donc dans le sens positif et crée un champ dont le flux à travers 22 est positif, ce qui s'oppose à la diminution du champ extérieur. On a donc la loi de Lenz :

Le courant induit dans le circuit est d'un sens tel qu'il tend à s'opposer à la cause qui le produit ; de manière plus précise, le flux du champ produit par le courant induit tend à compenser les variations du flux du champ extérieur.

Exemple. Soit l'expérience ci-dessous, où l'on rapproche la boucle Γ\Gamma du solénoïde. Cette boucle est munie d'un certain sens de circulation (figure). Le flux du champ inducteur à travers la boucle ainsi orientée a tendance à augmenter, donc le courant induit circule dans le sens négatif et crée un champ magnétique B′B' qui s'oppose au champ inducteur ; on arrive évidemment à la même conclusion si le sens de circulation est inversé sur la boucle.

Boucle Γ orientée approchée d'un solénoïde : le champ induit B' s'oppose au champ inducteur B

Interprétation du phénomène d'induction dans un cas particulier simple​

On a constaté qu'une variation du flux inducteur engendre une force électromotrice induite et un courant induit dans un circuit fermé.

Il s'agit maintenant d'analyser les causes du courant induit : quelles sont les actions qui entraînent les porteurs de charge en un courant induit ?

Cette analyse sera faite dans le cas simple d'une portion de circuit rectiligne mobile dans un champ magnétique uniforme et constant.

Expérience. Un conducteur rectiligne est posé sur deux rails parallèles et horizontaux (figure). Le conducteur est perpendiculaire à ceux-ci. L'ensemble est placé dans l'entrefer d'un aimant en UU. Les lignes de champ du champ magnétique uniforme sont perpendiculaires au plan des rails. Un galvanomètre branché aux extrémités ferme le circuit.

Barre conductrice déplacée sur deux rails dans l'entrefer d'un aimant en U, circuit fermé par un galvanomètre

Provoquons le déplacement de la barre le long des rails : le galvanomètre détecte un courant induit. En augmentant la surface du circuit, on provoque une variation du flux magnétique inducteur et on engendre de la sorte une force électromotrice induite.

Champ électromoteur d'induction. Lorsqu'on déplace la barre parallèlement aux rails à la vitesse d'entraînement v⃗e\vec{v}_e, chaque électron du métal est entraîné avec la barre à la vitesse v⃗e\vec{v}_e (figure 2). Il correspond à ce mouvement d'entraînement une force d'origine électromagnétique :

F⃗=qv⃗e∧B⃗\vec{F} = q\vec{v}_e \wedge \vec{B}

s'exerçant sur chaque électron.

Cette force, qui provoque dans la barre un mouvement d'ensemble des électrons liés au métal, est à l'origine du courant induit. Elle peut se noter :

F⃗=qE⃗m\vec{F} = q\vec{E}_m

La grandeur vectorielle E⃗m=v⃗e∧B⃗\vec{E}_m = \vec{v}_e \wedge \vec{B}, appelée champ électromoteur d'induction, caractérise l'action qui s'exerce sur les porteurs de charge contenus dans la barre et se déplaçant dans le champ magnétique.

  • E⃗m\vec{E}_m est perpendiculaire à v⃗e\vec{v}_e et à B⃗\vec{B} ;
  • v⃗e\vec{v}_e, B⃗\vec{B}, E⃗m\vec{E}_m forment un trièdre direct ;
  • Em=veB∣sin⁡(v⃗e,B⃗)∣E_m = v_e B|\sin(\vec{v}_e, \vec{B})|.

Barre CD entraînée à la vitesse ve dans le champ B : champ électromoteur Em et courant i dirigés de D vers C

D'autre part, F⃗\vec{F} et E⃗m\vec{E}_m sont de sens contraires (q<0q < 0). Les électrons se déplaceront dans la barre dans le sens opposé à E⃗m\vec{E}_m ; le sens du courant induit (sens conventionnel) est donc celui de E⃗m\vec{E}_m.

Dans le cas de la figure, E⃗m\vec{E}_m et ii sont dirigés de DD vers CC.

Le sens de E⃗m\vec{E}_m donne celui de ii (en l'absence de toute autre force électromotrice).

Force électromotrice induite. Calculons le travail WC−D(F⃗)W_{C-D}(\vec{F}) reçu par une charge qq lorsqu'elle se déplace de CC vers DD sous l'action de la force d'origine électromagnétique F⃗\vec{F} :

WC−D(F⃗)=F⃗⋅CD⃗=qE⃗m⋅CD⃗W_{C-D}(\vec{F}) = \vec{F} \cdot \vec{CD} = q\vec{E}_m \cdot \vec{CD}

Le rapport WC−D(F⃗)/qW_{C-D}(\vec{F})/q, homogène à une tension, n'est autre que la force électromotrice d'induction, que l'on note eCDe_{CD}. Ainsi :

eCD=E⃗m⋅CD⃗avecE⃗m=v⃗e∧B⃗e_{CD} = \vec{E}_m \cdot \vec{CD} \quad \text{avec} \quad \vec{E}_m = \vec{v}_e \wedge \vec{B}

Dans le cas particulier étudié, les vecteurs v⃗e\vec{v}_e et B⃗\vec{B} sont orthogonaux entre eux et à la direction du conducteur CDCD de longueur ll. La valeur absolue de la force électromotrice induite dans un champ uniforme vaut :

∣eCD∣=∣e∣=ve.B.l|e_{CD}| = |e| = v_e.B.l

Orientons la normale n⃗\vec{n} à la surface dans le sens de B⃗\vec{B} (figure). Désignons par ϕ0\phi_0 le flux initial à travers le circuit comprenant la barre et les rails :

Φ0=∑B⃗⋅n⃗ dS\Phi_0 = \sum \vec{B} \cdot \vec{n}\,dS

À une translation xx de la barre de longueur ll correspond une variation δS=x.l\delta S = x.l de la surface du circuit induit, et le flux devient :

Φ=Φ0+B⃗⋅n⃗ l.x\Phi = \Phi_0 + \vec{B} \cdot \vec{n}\,l.x

Dans cet exemple, B⃗\vec{B} et n⃗\vec{n} ont le même sens :

Φ=Φ0+B.l.x\Phi = \Phi_0 + B.l.x

Φ\Phi et xx sont des fonctions du temps ; dérivons :

dϕdt=B.l.dxdt\frac{d\phi}{dt} = B.l.\frac{dx}{dt}

Finalement

∣dϕdt∣=B.l.ve=∣e∣\left|\frac{d\phi}{dt}\right| = B.l.v_e = |e|

On retrouve la relation entre les valeurs absolues de la force électromotrice induite et de la dérivée du flux par rapport au temps.

Procédons à une étude du signe : n⃗\vec{n} définit un sens positif de circulation le long du circuit, de CC vers DD dans le cas de la figure. Le courant induit allant de DD vers CC a une intensité négative. On a donc :

e=R.i<0e = R.i < 0

Or :

dϕdt=B.l.dxdt>0\frac{d\phi}{dt} = B.l.\frac{dx}{dt} > 0

Donc

e=−dϕdte = -\frac{d\phi}{dt}

On notera d'ailleurs que le champ électromoteur d'induction E⃗m\vec{E}_m est effectivement de sens contraire à CD⃗\vec{CD}, de sorte que

e=E⃗m⋅CD⃗<0e = \vec{E}_m \cdot \vec{CD} < 0

Induction mutuelle​

Soient deux circuits Γ1\Gamma_1 et Γ2\Gamma_2 immobiles l'un par rapport à l'autre. Supposons que dans Γ1\Gamma_1 circule un courant I1(t)I_1(t). Γ2\Gamma_2 est le siège d'un courant induit dû à la force électromotrice :

e2=−dϕ2dte_2 = -\frac{d\phi_2}{dt}

(Φ2\Phi_2 désigne le flux du champ dû à Γ1\Gamma_1 à travers Γ2\Gamma_2). Φ2\Phi_2 est évidemment proportionnel au champ créé par Γ1\Gamma_1, lequel est proportionnel à I1I_1 ; on peut écrire :

Φ2=k2I1\Phi_2 = k_2 I_1

et par suite :

e2=−k2dI1dte_2 = -k_2 \frac{dI_1}{dt}

où k2k_2 est une constante (c'est-à-dire indépendante du temps) qui est fonction des caractéristiques (formes et position relative) des deux circuits.

D'une manière symétrique, Γ2\Gamma_2 peut comporter un générateur et être le siège d'un courant variable I2(t)I_2(t) qui provoque dans Γ1\Gamma_1 l'apparition d'un courant induit dû à la force électromotrice d'induction :

e1=−k1dI2dte_1 = -k_1 \frac{dI_2}{dt}

On va montrer que k1=k2k_1 = k_2. Pour cela, les intensités I1I_1 et I2I_2 étant maintenues constantes :

  1. On transporte Γ2\Gamma_2 de sa position initiale à ∞\infty, Γ1\Gamma_1 restant fixe. Le travail des forces magnétiques est :
W2=I2(0−ϕ2)=−I2ϕ2=−I1I2k2W_2 = I_2(0 - \phi_2) = -I_2\phi_2 = -I_1 I_2 k_2
  1. On transporte Γ1\Gamma_1 de sa position initiale à ∞\infty, Γ2\Gamma_2 restant fixe. Le travail des forces magnétiques est :
W1=I1(0−ϕ1)=−I1ϕ1=−I1I2k1W_1 = I_1(0 - \phi_1) = -I_1\phi_1 = -I_1 I_2 k_1

Comme :

  1. les forces qui agissent sur les deux circuits ne dépendent à chaque instant que des positions relatives des deux circuits ;
  2. ces deux forces satisfont au principe de l'action et de la réaction ;
  3. le déplacement relatif est le même dans les deux opérations envisagées, le travail effectué est le même et W1=W2W_1 = W_2.

Donc

k1=k2=k=Mk_1 = k_2 = k = M

MM est un coefficient, positif ou négatif, appelé inductance mutuelle des deux circuits. MM est le quotient d'un flux par une intensité et s'exprime en henry (symbole HH : m2.kg.s−2.A−2m^2.kg.s^{-2}.A^{-2}).

Auto-induction​

Auto-inductance. Soit un circuit Γ\Gamma parcouru par un courant variable I(t)I(t).

On peut définir à tout instant le flux du champ créé par ce circuit à travers lui-même, et ce flux va varier dans le temps, ce qui provoque l'apparition d'une force électromotrice d'induction dans le circuit :

e=−dϕdte = -\frac{d\phi}{dt}

Le champ magnétique créé est en tout point proportionnel à I(t)I(t), d'où :

ϕ(t)=LI(t)\phi(t) = LI(t)

où LL est un coefficient caractéristique du circuit et indépendant du temps, appelé auto-inductance du circuit. Finalement :

e=−LdIdte = -L\frac{dI}{dt}

Donc la force électromotrice d'induction qui apparaît aux bornes d'un circuit d'auto-inductance LL, parcouru par un courant II variable, est :

e=−LdIdte = -L\frac{dI}{dt}

Étudions l'auto-induction dans un solénoïde. Soit un solénoïde de longueur ll comportant NN spires de surface SS. On a :

B=μ0nI=μ0NlIϕ=NBS=μ0N2lISB = \mu_0 nI = \mu_0 \frac{N}{l} I \qquad \phi = NBS = \mu_0 \frac{N^2}{l} IS

d'où

L=μ0N2SlL = \mu_0 \frac{N^2 S}{l}

Insérons ce solénoïde, de résistance RR (en général très petite), dans un circuit comportant une pile de force électromotrice constante e0e_0 et un interrupteur. À tout instant tt, on a dans ce circuit, après fermeture :

e0+e=RIe_0 + e = RI

c'est-à-dire :

e0=RI+LdIdte_0 = RI + L\frac{dI}{dt}

Cette équation différentielle régit les variations de II.

À partir de l'instant où l'on ferme le circuit à l'aide de l'interrupteur, l'intensité II doit croître depuis I=0I = 0 jusqu'à I=e0RI = \dfrac{e_0}{R} (régime permanent) : on doit donc avoir initialement dI/dt>0dI/dt > 0.

Comme, d'après la loi de Lenz, le phénomène d'auto-induction doit s'opposer à l'accroissement du courant, la force électromotrice doit être en opposition par rapport à celle du générateur, c'est-à-dire que e<0e < 0, donc L(dI/dt)>0L(dI/dt) > 0. Comme dI/dt>0dI/dt > 0, LL doit être positif. Ceci est une propriété générale de l'auto-inductance :

L>0L > 0

Si le circuit, une fois le régime permanent atteint, est ouvert, l'intensité va passer progressivement de la valeur e0/Re_0/R à la valeur 00 ; le solénoïde s'oppose en effet à la variation du courant et se comporte comme un générateur.

Applications de l'induction​

Principe de l'alternateur​

Soit un circuit plan qui peut tourner autour d'un axe situé dans son plan. Le circuit est placé dans un champ uniforme B⃗\vec{B} ; soit α\alpha l'angle (B⃗,S⃗)(\vec{B}, \vec{S}). Le flux d'induction à travers ce circuit est :

ϕ=B⃗⋅S⃗=BScos⁡(α)\phi = \vec{B} \cdot \vec{S} = BS\cos(\alpha)

Faisons tourner ce circuit d'un mouvement uniforme, avec α=ωt+ϕ\alpha = \omega t + \phi, ω\omega étant la pulsation. Alors il apparaît aux bornes du circuit une force électromotrice d'induction alternative :

e=−dϕdt=BSωsin⁡(ωt+ϕ)e = -\frac{d\phi}{dt} = BS\omega\sin(\omega t + \phi)

Pour faire tourner ce circuit, il faut évidemment fournir de l'énergie mécanique ; l'appareil transforme donc de l'énergie mécanique en énergie électrique.

Circuit plan tournant autour d&#39;un axe, angle α entre B et S

Mesures d'induction magnétique​

Pour mesurer l'induction magnétique dans une certaine région, on utilise une petite spire insérée dans un circuit comportant un intégrateur de charge.

Petite bobine reliée à un intégrateur de charge, placée dans la région où règne le champ

Pour faire la mesure, on déplace la bobine de la région où règne le champ à mesurer à la région où le champ est nul.

À chaque instant, durant ce déplacement qui commence à l'instant t0t_0 et s'achève à l'instant t1t_1, la force électromotrice induite est :

e=−dϕdte = -\frac{d\phi}{dt}

L'intensité dans le circuit incluant la bobine est :

i=dqdt=eRi = \frac{dq}{dt} = \frac{e}{R}

La charge totale, mesurée à l'aide d'un intégrateur de charge, est :

q=∫t0t1i dt=1R∫t0t1e dt=−1R∫ϕ0ϕ1dϕ=−1R(ϕ1−ϕ0)=1R(ϕ0−ϕ1)\begin{aligned} q = \int_{t_0}^{t_1} i\,dt &= \frac{1}{R}\int_{t_0}^{t_1} e\,dt = -\frac{1}{R}\int_{\phi_0}^{\phi_1} d\phi \\ &= -\frac{1}{R}(\phi_1 - \phi_0) = \frac{1}{R}(\phi_0 - \phi_1) \end{aligned}

Le flux à l'instant t1t_1 est nul (B=0B = 0, donc ϕ1=0\phi_1 = 0).

À l'instant initial, on peut orienter par tâtonnements la bobine pour que le flux soit maximum ; alors :

ϕ0=NSB\phi_0 = NSB

avec NN le nombre de spires de la bobine, SS la surface d'une spire et BB la norme du champ magnétique :

B=RNSqB = \frac{R}{NS} q