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Lois fondamentales de l'électromagnétisme en régime statique ou quasi statique

Introduction : but du chapitre​

Ce chapitre est destiné à rappeler les propriétés fondamentales des champs électriques et magnétiques en régime statique ou quasi statique.

L'interaction électromagnétique est une des quatre interactions fondamentales (gravitation, interaction électromagnétique, interactions nucléaires forte et faible) qui entrent en jeu dans la nature.

Les forces électromagnétiques s'exercent essentiellement entre particules chargées ; elles sont responsables de la cohésion des atomes, des molécules et des phases condensées (liquides, cristaux...) de la matière et sont à la base de l'ensemble des phénomènes chimiques et biologiques.

La description des interactions électromagnétiques entre particules de matière met en œuvre deux champs vectoriels, le champ électrique et le champ magnétique, suivant le schéma suivant.

Pour déterminer la force exercée par l'ensemble des charges Σ\Sigma, on calcule d'abord les champs électrique et magnétique que cet ensemble produit dans l'espace ; l'action des champs E⃗\vec{E} et B⃗\vec{B}, créés par Σ\Sigma, sur la particule ponctuelle de charge qq, située en MM à l'instant tt, de vecteur position OM⃗=r⃗\vec{OM} = \vec{r} et de vecteur vitesse v⃗\vec{v} à cet instant, est donnée par la formule de Lorentz :

F⃗=q(E⃗(M,t)+v⃗∧B⃗(M,t))\vec{F} = q\big(\vec{E}(M, t) + \vec{v} \wedge \vec{B}(M, t)\big)

Il est à noter que cette formule est la formule de définition des champs E⃗\vec{E} et B⃗\vec{B}. La formule de Lorentz est valable en toute généralité et en toute rigueur, même en régime variable.

Le schéma précédent paraît faire jouer aux champs électrique et magnétique le rôle de simples intermédiaires de calcul. Le développement de la théorie de l'électromagnétisme montre qu'ils ont en fait autant de "réalité physique" que les particules "matérielles" (électron, proton...) ; on est en effet conduit à leur conférer

  • une énergie, distribuée dans l'espace ;
  • une quantité de mouvement et un moment cinétique ;

et finalement la théorie leur associe des particules, les photons.

L'étude de l'électromagnétisme est donc dans une large mesure celle des propriétés des champs électrique et magnétique et des relations qui existent entre ces champs et les particules qui les créent (appelées sources des champs).

L'ensemble de ces propriétés est exprimé par 4 lois fondamentales que l'on va passer en revue, du moins sous leur forme particulière en régime statique ou lentement variable.

On va regarder les 3 aspects que chacune de ces relations peut prendre : la formulation intégrale, la formulation locale et les relations de passage.

Circulation du champ électrique​

Formulation intégrale​

En statique, le champ E⃗\vec{E} est à circulation conservative :

  • la circulation de E⃗\vec{E} le long d'une courbe fermée quelconque est nulle :
∮Γ+E⃗⋅dl⃗=0\oint_{\Gamma^+} \vec{E} \cdot \vec{dl} = 0
  • la circulation de E⃗\vec{E} d'un point AA à un point BB de l'espace ne dépend pas du chemin suivi entre AA et BB.

Les phénomènes d'induction conduisent à une modification de cette loi. Rappelons en effet que si un circuit électrique fermé, constitué de fil conducteur très fin, immobile, est placé dans un champ électromagnétique variable dans le temps, il est le siège d'une force électromotrice d'induction :

e=−dΦdt(Faraday)e = -\frac{d\Phi}{dt} \qquad \text{(Faraday)}

où ϕ=∬Σ(B⃗⋅n⃗) dS\phi = \displaystyle\iint_\Sigma (\vec{B} \cdot \vec{n})\,dS désigne le flux magnétique à travers le circuit.

Contour Γ orienté et surface Σ qui s'appuie sur lui, de normale n

Le circuit étant immobile, c'est le champ électrique qui joue le rôle de champ électromoteur, et par définition du champ électromoteur on a :

e=∮Γ+E⃗⋅dl⃗e = \oint_{\Gamma^+} \vec{E} \cdot \vec{dl}

En régime quasi stationnaire, on a donc :

∮Γ+E⃗⋅dl⃗=−ddt(∬(B⃗⋅n⃗) dS)\oint_{\Gamma^+} \vec{E} \cdot \vec{dl} = -\frac{d}{dt}\left(\iint (\vec{B} \cdot \vec{n})\,dS\right)

ce qui peut s'exprimer de la manière suivante :

La circulation du champ électrique le long d'un contour fermé Γ\Gamma est égale à l'opposé de la dérivée temporelle du flux magnétique à travers une surface Σ\Sigma limitée par Γ\Gamma.

Le caractère algébrique de cette loi repose sur la convention qui lie l'orientation de la normale n⃗\vec{n} à Σ\Sigma au sens de parcours choisi sur Γ\Gamma : règle du tire-bouchon.

La surface Σ\Sigma peut être choisie arbitrairement (elle est seulement astreinte à admettre Γ\Gamma pour frontière) ; cette possibilité de choix de Σ\Sigma résulte du fait que le champ magnétique est à flux conservatif.

Formulation locale​

Le flux magnétique à travers Σ\Sigma a pour dérivée :

dϕdt=∬Σ(∂B⃗∂t)⋅n⃗ dS\frac{d\phi}{dt} = \iint_\Sigma \left(\frac{\partial \vec{B}}{\partial t}\right) \cdot \vec{n}\,dS

La loi de l'induction établit donc l'égalité :

∮Γ+E⃗⋅dl⃗=−∬Σ(∂B⃗∂t)⋅n⃗ dS\oint_{\Gamma^+} \vec{E} \cdot \vec{dl} = -\iint_\Sigma \left(\frac{\partial \vec{B}}{\partial t}\right) \cdot \vec{n}\,dS

En transformant l'intégrale de circulation en intégrale de flux par la relation de Stokes :

∮Γ+E⃗⋅dl⃗=∬Σ(∇⃗∧E⃗)⋅n⃗ dS\oint_{\Gamma^+} \vec{E} \cdot \vec{dl} = \iint_\Sigma (\vec{\nabla} \wedge \vec{E}) \cdot \vec{n}\,dS

on aboutit à l'égalité de deux intégrales de flux :

∬Σ(∇⃗∧E⃗)⋅n⃗ dS=∬Σ−(∂B⃗∂t)⋅n⃗ dS\iint_\Sigma (\vec{\nabla} \wedge \vec{E}) \cdot \vec{n}\,dS = \iint_\Sigma -\left(\frac{\partial \vec{B}}{\partial t}\right) \cdot \vec{n}\,dS

La surface Σ\Sigma étant quelconque, l'égalité des deux intégrales ne peut être réalisée que si les deux fonctions vectorielles sont égales en tout point (et à tout instant). On a finalement :

∇⃗∧E⃗=−∂B⃗∂t(Maxwell-Faraday)\vec{\nabla} \wedge \vec{E} = -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t} \qquad \text{(Maxwell-Faraday)}

Cette équation a été introduite dans le contexte des régimes lentement variables, mais elle est en fait toujours valable.

Relation de passage pour la composante tangentielle de E⃗\vec{E}​

On considère une surface Σ\Sigma qui porte une charge et/ou un courant superficiel ; il s'agit en général d'une surface séparant deux milieux matériels différents (un métal et un isolant, ou deux isolants différents par exemple).

Il peut arriver que certaines composantes des champs E⃗\vec{E} et B⃗\vec{B} soient discontinues et que leurs dérivées spatiales ne soient pas définies, de sorte que les équations locales sont inapplicables sur cette surface.

Il faut donc établir des formules qui fournissent la variation des champs à la traversée d'une telle surface : ces formules sont établies à partir des équations intégrales.

Considérons une surface Σ\Sigma et désignons par 1 et 2 respectivement les régions de l'espace situées de part et d'autre de Σ\Sigma.

Surface Σ séparant les régions 1 et 2, repère Mxyz et contour rectangulaire NPQR traversant la surface

Soit MM un point de la surface, MzMz l'axe normal à Σ\Sigma en MM orienté dans le sens allant de 1 vers 2, MxMx et MyMy deux axes tangents en MM à Σ\Sigma et formant avec MzMz un trièdre direct. Étant donné deux points M1M_1 et M2M_2 situés sur MzMz de part et d'autre de MM (M1M_1 dans la région 1 et M2M_2 dans la région 2).

Trouver la relation de passage pour E⃗\vec{E} consiste à déterminer la quantité

lim⁡M1→M, M2→M(E⃗(M2)−E⃗(M1))\lim_{M_1 \to M,\, M_2 \to M} \big(\vec{E}(M_2) - \vec{E}(M_1)\big)

Dans cette expression vectorielle, on est amené à traiter séparément les composantes tangentielles (orthogonales à MzMz) et normale (parallèle à MzMz) du champ.

Le comportement de la composante tangentielle est lié à la loi sur la circulation, celui de la composante normale à la loi sur le flux.

Pour déterminer la quantité lim⁡M1→M, M2→M(E⃗/ ⁣/(M2)−E⃗/ ⁣/(M1))\displaystyle\lim_{M_1 \to M,\, M_2 \to M} \big(\vec{E}_{/\!/}(M_2) - \vec{E}_{/\!/}(M_1)\big), on considère un contour rectangulaire NPQRNPQR tracé dans le plan MxzMxz : le côté NPNP passe par M2M_2, le côté QRQR par M1M_1. Les côtés du rectangle sont très petits, de sorte que le champ E⃗\vec{E} reste pratiquement constant et égal à E⃗(M1)\vec{E}(M_1) le long de QRQR et à E⃗(M2)\vec{E}(M_2) le long de NPNP. On a donc

lim⁡M1→M, M2→M∮NPQRNE⃗⋅dl⃗=[Ex(M2)−Ex(M1)]Δx+Δx ϵ(Δx)\lim_{M_1 \to M,\, M_2 \to M} \oint_{NPQRN} \vec{E} \cdot \vec{dl} = [E_x(M_2) - E_x(M_1)]\Delta x + \Delta x\,\epsilon(\Delta x)

On pose Δx=NP‾=RQ‾\Delta x = \overline{NP} = \overline{RQ}.

Le flux magnétique à travers la surface NPQRNPQR tend vers 0 lorsque M1M_1 et M2M_2 tendent vers MM, puisque l'aire du rectangle devient alors nulle.

On a donc, à la limite où M1→MM_1 \to M et M2→MM_2 \to M, et en divisant par Δx\Delta x : [Ex(M2)−Ex(M1)]+ϵ(Δx)=0[E_x(M_2) - E_x(M_1)] + \epsilon(\Delta x) = 0. En faisant tendre Δx\Delta x vers 00, on obtient

Ex(M2)−Ex(M1)=0E_x(M_2) - E_x(M_1) = 0

On démontre de même que

Ey(M2)−Ey(M1)=0E_y(M_2) - E_y(M_1) = 0

En conclusion, la composante tangentielle du champ électrique est continue.

Cette relation de passage, de même que l'équation locale (équation de Maxwell-Faraday) et l'équation intégrale correspondante relative à la circulation du champ électrique, est valide en toute généralité, c'est-à-dire en régime variable.

Flux du champ électrique​

Formulation intégrale (théorème de Gauss)​

Le flux du champ électrique sortant d'une surface fermée Σ\Sigma est égal à la somme algébrique des charges électriques situées dans la région intérieure à cette surface, divisée par ϵ0\epsilon_0 :

ϕe=∯Σ(E⃗⋅n⃗) dS=Qintϵ0\phi_e = \oiint_\Sigma (\vec{E} \cdot \vec{n})\,dS = \frac{Q_{int}}{\epsilon_0}

Formulation locale​

Elle résulte immédiatement :

  • de la définition de la charge volumique (au point MM de l'espace) :
ρ(M)=lim⁡Δτ→0(ΔQΔτ)\rho(M) = \lim_{\Delta\tau \to 0}\left(\frac{\Delta Q}{\Delta\tau}\right)

où ΔQ\Delta Q représente la charge contenue dans le domaine de l'espace de volume Δτ\Delta\tau contenant le point MM ;

  • de la définition de la divergence :
∇⃗⋅E⃗(M)=lim⁡Δτ→0(ϕΔτ)\vec{\nabla} \cdot \vec{E}(M) = \lim_{\Delta\tau \to 0}\left(\frac{\phi}{\Delta\tau}\right)

où ϕ\phi désigne le flux électrique sortant de la surface Σ\Sigma limitant le domaine de l'espace déjà envisagé ci-dessus ;

  • du théorème de Gauss appliqué à la surface Σ\Sigma précédente :
Φ=ΔQϵ0\Phi = \frac{\Delta Q}{\epsilon_0}

On obtient ainsi

∇⃗⋅E⃗=ρϵ0(Maxwell-Gauss)\vec{\nabla} \cdot \vec{E} = \frac{\rho}{\epsilon_0} \qquad \text{(Maxwell-Gauss)}

Relation de passage pour la composante normale du champ électrique​

On revient au problème exposé au paragraphe sur la composante tangentielle.

Le comportement de la composante normale de E⃗\vec{E} est lié à la loi sur le flux. Pour déterminer la quantité

lim⁡M1→M, M2→M(E⊥(M2)−E⊥(M1))\lim_{M_1 \to M,\, M_2 \to M} \big(E_\perp(M_2) - E_\perp(M_1)\big)

on considère une boîte cylindrique d'axe MzMz, limitée par deux disques situés de part et d'autre de la surface Σ\Sigma, normaux à l'axe MzMz et contenant respectivement le point M1M_1 et le point M2M_2. La boîte découpe sur la surface Σ\Sigma un disque d'aire ΔS\Delta S.

Boîte cylindrique d'axe Mz traversant la surface Σ, contenant M1 et M2

La surface est chargée avec la densité surfacique σ\sigma, qui peut varier d'un point à l'autre. Les dimensions de la boîte sont très petites ; on peut donc considérer :

  • que le champ électrique est pratiquement constant et égal à E⃗(M1)\vec{E}(M_1) sur le disque 1, constant et égal à E⃗(M2)\vec{E}(M_2) sur le disque 2 ;
  • que la charge surfacique est pratiquement constante et égale à σ(M)\sigma(M) sur la surface d'aire ΔS\Delta S découpée par la boîte cylindrique sur Σ\Sigma ;
  • que les disques et la surface précédente ont la même aire ΔS\Delta S.

Lorsque M1M_1 et M2M_2 tendent vers MM, l'aire de la surface latérale de la boîte tend vers 0, et la contribution de cette surface au flux sortant de la boîte également.

On a donc

lim⁡M1→M, M2→M∯(E⃗⋅n⃗) dS=[Ez(M2)−Ez(M1)]ΔS+ΔS ϵ(ΔS)\lim_{M_1 \to M,\, M_2 \to M} \oiint (\vec{E} \cdot \vec{n})\,dS = [E_z(M_2) - E_z(M_1)]\Delta S + \Delta S\,\epsilon(\Delta S)

(la normale sortante est n⃗=−u⃗z\vec{n} = -\vec{u}_z sur le disque 1, n⃗=+u⃗z\vec{n} = +\vec{u}_z sur le disque 2).

La charge contenue dans la boîte, ΔQ\Delta Q, est la somme de la charge distribuée dans son volume, ΔQv\Delta Q_v, et de celle distribuée sur l'élément ΔS\Delta S de la surface Σ\Sigma.

Lorsque M1M_1 et M2M_2 tendent vers MM, le volume de la boîte tend vers 0, et donc aussi la charge ΔQv\Delta Q_v, de sorte que :

lim⁡M1→M, M2→MΔQ=σ(M)ΔS+ΔS ϵ(ΔS)\lim_{M_1 \to M,\, M_2 \to M} \Delta Q = \sigma(M)\Delta S + \Delta S\,\epsilon(\Delta S)

Le théorème de Gauss fournit l'égalité (après division par ΔS\Delta S) :

Ez(M2)−Ez(M1)+ϵ(ΔS)=σ(M)ϵ0+1ϵ0ϵ(ΔS)E_z(M_2) - E_z(M_1) + \epsilon(\Delta S) = \frac{\sigma(M)}{\epsilon_0} + \frac{1}{\epsilon_0}\epsilon(\Delta S)

En faisant tendre vers 0 les dimensions des disques qui ferment la boîte, on obtient finalement :

lim⁡M1→M, M2→M[Ez(M2)−Ez(M1)]=σ(M)ϵ0\lim_{M_1 \to M,\, M_2 \to M} [E_z(M_2) - E_z(M_1)] = \frac{\sigma(M)}{\epsilon_0}

Remarques.

  • Les deux relations de passage pour le champ électrique peuvent être rassemblées en une formule vectorielle unique :
lim⁡M1→M, M2→M(E⃗(M2)−E⃗(M1))=σ(M)ϵ0u⃗z\lim_{M_1 \to M,\, M_2 \to M} \big(\vec{E}(M_2) - \vec{E}(M_1)\big) = \frac{\sigma(M)}{\epsilon_0}\vec{u}_z

En désignant par n⃗12\vec{n}_{12} la normale à Σ\Sigma en MM orientée de 1 vers 2, et en notant plus simplement

lim⁡M1→M, M2→M(E⃗(M2)−E⃗(M1))=E⃗2−E⃗1\lim_{M_1 \to M,\, M_2 \to M} \big(\vec{E}(M_2) - \vec{E}(M_1)\big) = \vec{E}_2 - \vec{E}_1

on obtient

E⃗2−E⃗1=σϵ0n⃗12\vec{E}_2 - \vec{E}_1 = \frac{\sigma}{\epsilon_0}\vec{n}_{12}
  • Ces lois relatives au flux du champ électrique sont valides en toute généralité, donc en régime variable.

Flux du champ magnétique​

Formulation intégrale​

Le champ magnétique B⃗\vec{B} est à flux conservatif. Cela signifie que :

  • le flux du champ B⃗\vec{B} sortant d'une surface fermée quelconque est nul :
∯(B⃗⋅n⃗) dS=0\oiint (\vec{B} \cdot \vec{n})\,dS = 0
  • étant donné un contour fermé Γ\Gamma, le flux magnétique
ϕ=∬(B⃗⋅n⃗) dS\phi = \iint (\vec{B} \cdot \vec{n})\,dS

à travers une surface quelconque Σ\Sigma limitée par Γ\Gamma est indépendant de la surface Σ\Sigma considérée ; pour cette raison, on parle souvent de flux à travers le contour Γ\Gamma.

Deux surfaces Σ limitées par le même contour orienté Γ

Pour que cet énoncé soit valide, il faut évidemment que les normales aux différentes surfaces Σ\Sigma limitées par Γ\Gamma soient orientées de manière cohérente : cela est réalisé en orientant toutes les normales par référence au sens de parcours positif choisi sur leur frontière commune Γ\Gamma (règle du tire-bouchon).

Formulation locale​

Le même raisonnement que pour le flux du champ électrique conduit à :

∇⃗⋅B⃗=0(flux magneˊtique)\vec{\nabla} \cdot \vec{B} = 0 \qquad \text{(flux magnétique)}

Relation de passage​

Le même raisonnement que pour la composante normale du champ électrique montre que la composante normale de B⃗\vec{B} est continue.

Remarque. Ces propriétés concernant le flux du champ magnétique sont valides en toute généralité, c'est-à-dire en régime variable.

Circulation du champ magnétique​

Formulation intégrale : théorème d'Ampère​

En magnétostatique, on a vu que la circulation du champ magnétique B⃗\vec{B} le long d'un contour fermé Γ\Gamma est égale au produit par μ0\mu_0 de la somme algébrique des courants traversant une surface Σ\Sigma quelconque limitée par le contour Γ\Gamma :

∮Γ+B⃗⋅dl⃗=μ0∑kIk\oint_{\Gamma^+} \vec{B} \cdot \vec{dl} = \mu_0 \sum_k I_k

Les signes sont déterminés de la manière suivante :

  • la normale à la surface Σ\Sigma est orientée par référence au sens de parcours positif choisi sur Γ\Gamma ;
  • le sens sur chacun des circuits électriques CkC_k qui traversent Σ\Sigma est déterminé par l'orientation de la normale à Σ\Sigma au point de traversée : le signe de l'intensité IkI_k est défini par ce sens de parcours.

La surface Σ\Sigma limitée par le contour Γ\Gamma peut être choisie arbitrairement. Cela résulte du fait qu'en régime stationnaire l'intensité du courant est la même en tous les points d'un circuit donné.

Formulation locale​

On considère qu'on a ici affaire à des courants distribués en volume, et on désigne par j⃗\vec{j} le vecteur densité de courant. L'intensité de courant étant le flux du vecteur densité de courant en volume, le théorème d'Ampère se formule :

∮Γ+B⃗⋅dl⃗=μ0∬Σ(j⃗⋅n⃗) dS\oint_{\Gamma^+} \vec{B} \cdot \vec{dl} = \mu_0 \iint_\Sigma (\vec{j} \cdot \vec{n})\,dS

où Γ\Gamma désigne le contour fermé et Σ\Sigma la surface limitée par Γ\Gamma introduite au paragraphe précédent.

On transforme l'intégrale de circulation en intégrale de flux par la formule de Stokes et on obtient :

∬Σ(∇⃗∧B⃗)⋅n⃗ dS=μ0∬Σj⃗⋅n⃗ dS\iint_\Sigma (\vec{\nabla} \wedge \vec{B}) \cdot \vec{n}\,dS = \mu_0 \iint_\Sigma \vec{j} \cdot \vec{n}\,dS

L'égalité des deux intégrales devant être réalisée quelle que soit Σ\Sigma, il en résulte :

∇⃗∧B⃗=μ0j⃗(Maxwell-Ampeˋre)\vec{\nabla} \wedge \vec{B} = \mu_0 \vec{j} \qquad \text{(Maxwell-Ampère)}

Remarque. Ces lois sont valides seulement en régime statique ou quasi stationnaire. Pour cette raison, l'étude de la relation de passage associée est reportée au chapitre suivant.