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Déterminants

Proposition et définition. Il existe une fonction det⁡:Mn(K)→K\det : \mathcal{M}_n(\mathbb{K}) \to \mathbb{K} (appelée déterminant), unique, telle que :

  1. det⁡\det est linéaire par rapport à chaque colonne : c'est-à-dire que si c1,…,cnc_1, \dots, c_n désignent les colonnes de la matrice A∈Mn(K)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{K}), alors ∀j∈{1,…,n}\forall j \in \{1, \dots, n\}, l'application cj→det⁡(c1,…,cj−1,cj,cj+1,…,cn)c_j \to \det(c_1, \dots, c_{j-1}, c_j, c_{j+1}, \dots, c_n) est linéaire.

  2. Si on échange deux colonnes de AA, det⁡(A)\det(A) change de signe (on dit que det⁡\det est antisymétrique ou alternée) :

    det⁡(C1,…,Cj,…,Ck,…,Cn)=−det⁡(C1,…,Ck,…,Cj,…,Cn)\det(C_1, \dots, C_j, \dots, C_k, \dots, C_n) = -\det(C_1, \dots, C_k, \dots, C_j, \dots, C_n)
  3. det⁡(In)=1\det(I_n) = 1 (où InI_n est la matrice unité).

det⁡(A)\det(A) est appelé déterminant de AA. La fonction det⁡\det vérifie en outre la propriété det⁡(tA)=det⁡(A)\det({}^tA) = \det(A) pour toute A∈Mn(K)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{K}), où tA{}^tA est la transposée de AA. D'où il découle que det⁡(A)\det(A) est aussi une fonction linéaire de chaque ligne de AA et une fonction antisymétrique des lignes de AA (puisque les lignes de AA sont les colonnes de tA{}^tA).

Proposition. Pour toute A∈Mn(K)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{K}) et tout λ∈K\lambda \in \mathbb{K} : det⁡(λA)=λndet⁡(A)\det(\lambda A) = \lambda^n\det(A).

Démonstration. Comme le déterminant est linéaire par rapport à chaque colonne, on a, pour tous λ1,…,λn∈K\lambda_1, \dots, \lambda_n \in \mathbb{K}, det⁡(λ1C1,…,λnCn)=λ1…λndet⁡(C1,…,Cn)\det(\lambda_1 C_1, \dots, \lambda_n C_n) = \lambda_1 \dots \lambda_n\det(C_1, \dots, C_n). Prenant λ1,…,λn\lambda_1, \dots, \lambda_n égaux à λ\lambda, on obtient det⁡(λA)=λndet⁡(A)\det(\lambda A) = \lambda^n\det(A).

Proposition.

  1. Si deux colonnes de AA sont égales, alors det⁡(A)=0\det(A) = 0.
  2. Si on ajoute à une colonne une combinaison linéaire des autres, le déterminant ne change pas.
  3. Les deux propriétés ci-dessus sont vraies aussi pour les lignes.

Démonstration.

  1. Si Cj=CkC_j = C_k (j<kj < k), on a det⁡(C1,…,Cj,…,Ck,…,Cn)=−det⁡(C1,…,Ck,…,Cj,…,Cn)\det(C_1, \dots, C_j, \dots, C_k, \dots, C_n) = -\det(C_1, \dots, C_k, \dots, C_j, \dots, C_n) (antisymétrie) et det⁡(C1,…,Cj,…,Ck,…,Cn)=det⁡(C1,…,Ck,…,Cj,…,Cn)\det(C_1, \dots, C_j, \dots, C_k, \dots, C_n) = \det(C_1, \dots, C_k, \dots, C_j, \dots, C_n) (puisque Cj=CkC_j = C_k), donc det⁡(C1,…,Cj,…,Ck,…,Cn)=0\det(C_1, \dots, C_j, \dots, C_k, \dots, C_n) = 0.

  2. Par linéarité :

    det⁡(C1,…,Cj+∑k≠jλkCk,…,Cn)=det⁡(C1,…,Cj,…,Cn)+∑k≠jλkdet⁡(C1,…,Ck,…,Cn)\det\left(C_1, \dots, C_j + \sum_{k \neq j} \lambda_k C_k, \dots, C_n\right) = \det(C_1, \dots, C_j, \dots, C_n) + \sum_{k \neq j} \lambda_k\det(C_1, \dots, C_k, \dots, C_n)

    mais det⁡(C1,…,Ck,…,Cn)\det(C_1, \dots, C_k, \dots, C_n) (avec CkC_k à la place jj) est nul pour k≠jk \neq j, vu la propriété précédente, puisque la même colonne CkC_k se trouve aussi à la place kk.

  3. Vu que det⁡(A)=det⁡(tA)\det(A) = \det({}^tA), les propriétés ci-dessus sont vraies pour les lignes de AA (qui sont les colonnes de tA{}^tA).

Proposition.

Si det⁡(A)≠0, alors A est inversible\text{Si } \det(A) \neq 0, \text{ alors } A \text{ est inversible}

Démonstration. Si AA n'est pas inversible, c'est que ses colonnes ne sont pas linéairement indépendantes (cf. la caractérisation des isomorphismes, appliquée à l'endomorphisme de Kn\mathbb{K}^n dont la matrice dans la base canonique est AA) : disons Cj=∑k≠jλkCkC_j = \displaystyle\sum_{k \neq j} \lambda_k C_k pour un certain jj. Vu la proposition précédente,

det⁡(A)=det⁡(C1,…,∑k≠jλkCk,…,Cn)=det⁡(C1,…,0,…,Cn)\det(A) = \det\left(C_1, \dots, \sum_{k \neq j} \lambda_k C_k, \dots, C_n\right) = \det(C_1, \dots, 0, \dots, C_n)

Or det⁡(C1,…,0,…,Cn)=0\det(C_1, \dots, 0, \dots, C_n) = 0 (car c'est une fonction linéaire de la colonne jj, ici nulle), donc det⁡(A)=0\det(A) = 0. Par contraposition, si det⁡(A)≠0\det(A) \neq 0, alors AA est inversible.

Remarque 1. Si det⁡(A)≠0\det(A) \neq 0, c'est qu'aucune des colonnes n'est combinaison linéaire des autres (puisqu'on vient de voir que si une colonne est combinaison linéaire des autres, le déterminant est le même que si on remplace cette colonne par (000)\begin{pmatrix} 0 \\ 0 \\ 0 \end{pmatrix}, et par linéarité le déterminant est nul), et donc les colonnes de AA sont indépendantes. Mais ces colonnes sont les colonnes de coordonnées de f(e1),…,f(en)f(e_1), \dots, f(e_n), où (e1,…,en)(e_1, \dots, e_n) est la base canonique de Kn\mathbb{K}^n et ff l'endomorphisme de Kn\mathbb{K}^n dont AA est la matrice (relativement à la base canonique). Donc dire que les colonnes de AA sont linéairement indépendantes, c'est dire que (f(e1),…,f(en))(f(e_1), \dots, f(e_n)) est libre, c'est-à-dire que c'est une base de Kn\mathbb{K}^n, donc que ff est un automorphisme, c'est-à-dire que AA est inversible.

Lemme. Soient A∈Mn(K)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{K}) telle que det⁡(A)≠0\det(A) \neq 0 et X1,…,Xn∈Mn,1(K)X_1, \dots, X_n \in \mathcal{M}_{n,1}(\mathbb{K}) des colonnes quelconques. Alors :

det⁡(AX1,…,AXn)det⁡(A)=det⁡(X1,…,Xn)(1)\frac{\det(AX_1, \dots, AX_n)}{\det(A)} = \det(X_1, \dots, X_n) \qquad (1)

Démonstration. Il est clair que le premier membre de (1) est une fonction linéaire de chaque XjX_j, qu'il est antisymétrique comme fonction de (X1,…,Xn)(X_1, \dots, X_n), et qu'il vaut 11 quand (X1,…,Xn)=In(X_1, \dots, X_n) = I_n (car alors (AX1,…,AXn)=AIn=A(AX_1, \dots, AX_n) = AI_n = A) : ce sont les propriétés caractéristiques du second membre.

Théorème. Soient A,B∈Mn(K)A, B \in \mathcal{M}_n(\mathbb{K}). Alors :

det⁡(AB)=det⁡(A)det⁡(B)\det(AB) = \det(A)\det(B)

Démonstration. Prouvons-le d'abord pour le cas où det⁡(A)≠0\det(A) \neq 0. On prend (X1,…,Xn)=B(X_1, \dots, X_n) = B dans (1) (donc (AX1,…,AXn)=AB(AX_1, \dots, AX_n) = AB) : alors det⁡(AB)det⁡(A)=det⁡(B)\dfrac{\det(AB)}{\det(A)} = \det(B), d'où det⁡(AB)=det⁡(A)det⁡(B)\det(AB) = \det(A)\det(B).

Si det⁡(A)=0\det(A) = 0, considérons det⁡(A+xIn)\det(A + xI_n) : vu que det⁡\det est linéaire par rapport à chaque colonne et que la colonne jj de A+xInA + xI_n contient le terme ajj+xa_{jj} + x à la jj-ième place, det⁡(A+xIn)\det(A + xI_n) est une fonction polynomiale de xx ; elle a donc un nombre fini de racines (dont 00, par hypothèse). Soit ϵ>0\epsilon > 0 tel que 0<x<ϵ⇒det⁡(A+xIn)≠00 < x < \epsilon \Rightarrow \det(A + xI_n) \neq 0. Pour 0<x<ϵ0 < x < \epsilon, on a det⁡((A+xIn)B)=det⁡(A+xIn)det⁡(B)\det((A + xI_n)B) = \det(A + xI_n)\det(B), d'où, par continuité, en faisant x→0x \to 0 : det⁡(AB)=det⁡(A)det⁡(B)\det(AB) = \det(A)\det(B).

Corollaire. Si AA est inversible, alors det⁡(A)≠0\det(A) \neq 0 et det⁡(A−1)=1det⁡(A)\det(A^{-1}) = \dfrac{1}{\det(A)}.

Démonstration. AA−1=In⇒det⁡(AA−1)=det⁡(In)=1⇒det⁡(A)det⁡(A−1)=1AA^{-1} = I_n \Rightarrow \det(AA^{-1}) = \det(I_n) = 1 \Rightarrow \det(A)\det(A^{-1}) = 1.

Corollaire. Soient EE un K\mathbb{K}-ev de dimension nn, ϕ:E→E\phi : E \to E un endomorphisme, AA la matrice de ϕ\phi dans une base BB, A′A' sa matrice dans une base B′B' : alors det⁡(A′)=det⁡(A)\det(A') = \det(A). Autrement dit, le déterminant de la matrice de ϕ\phi est indépendant de la base et on peut donc le noter simplement det⁡(ϕ)\det(\phi). Et pour tous endomorphismes ϕ,ψ\phi, \psi de EE, det⁡(ϕ∘ψ)=det⁡(ψ)det⁡(ϕ)\det(\phi \circ \psi) = \det(\psi)\det(\phi).

Démonstration. On a A′=P−1APA' = P^{-1}AP (où PP est la matrice de passage de BB à B′B'), donc

det⁡(A′)=det⁡(P−1)det⁡(A)det⁡(P)=1det⁡(P)det⁡(A)det⁡(P)=det⁡(A)\det(A') = \det(P^{-1})\det(A)\det(P) = \frac{1}{\det(P)}\det(A)\det(P) = \det(A)

La formule det⁡(ψ∘ϕ)=det⁡(ψ)det⁡(ϕ)\det(\psi \circ \phi) = \det(\psi)\det(\phi) n'est qu'une réécriture de det⁡(BA)=det⁡(B)det⁡(A)\det(BA) = \det(B)\det(A), où AA et BB sont les matrices de ϕ\phi et ψ\psi dans une base quelconque.

Définition. Soient EE un K\mathbb{K}-ev de dimension nn, B=(e1,…,en)B = (e_1, \dots, e_n) une base de EE, x1,…,xnx_1, \dots, x_n des vecteurs de EE, XjX_j (1≤j≤n1 \leq j \leq n) la colonne des coordonnées de xjx_j dans la base BB (écrites de haut en bas). On définit le déterminant de la famille (x1,…,xn)(x_1, \dots, x_n) dans la base BB comme étant le déterminant de la matrice dont les colonnes sont X1,…,XnX_1, \dots, X_n : det⁡B(x1,…,xn)=det⁡(X1,…,Xn)\det_B(x_1, \dots, x_n) = \det(X_1, \dots, X_n).

Remarque (interprétation géométrique).

  1. Soient u,vu, v deux vecteurs du plan R2\mathbb{R}^2, rapporté à sa base canonique BB : l'aire du parallélogramme construit sur les côtés u,vu, v est ∣det⁡(u,v)∣|\det(u, v)|.
  2. Soient u,v,wu, v, w trois vecteurs de l'espace R3\mathbb{R}^3, rapporté à sa base canonique BB : le volume du parallélépipède construit sur les côtés u,v,wu, v, w est ∣det⁡(u,v,w)∣|\det(u, v, w)|.

Corollaire. Dans la situation de la définition ci-dessus, si B′B' est une autre base de EE et PP la matrice de passage de BB à B′B', on a :

det⁡B(x1,…,xn)=det⁡(P)det⁡B′(x1,…,xn)\det_B(x_1, \dots, x_n) = \det(P)\det_{B'}(x_1, \dots, x_n)

Preuve. Soit Xj′X'_j la colonne des coordonnées de xjx_j dans la base B′B' : on sait que Xj=PXj′X_j = PX'_j, donc (X1,…,Xn)=P(X1′,…,Xn′)(X_1, \dots, X_n) = P(X'_1, \dots, X'_n), d'où det⁡(X1,…,Xn)=det⁡(P)det⁡(X1′,…,Xn′)\det(X_1, \dots, X_n) = \det(P)\det(X'_1, \dots, X'_n).

Proposition (critère d'inversibilité et caractérisation des bases par les déterminants).

  1. Une matrice A∈Mn(K)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{K}) est inversible si et seulement si det⁡(A)≠0\det(A) \neq 0.
  2. Un endomorphisme ϕ\phi d'un K\mathbb{K}-ev de dimension nn est un isomorphisme si et seulement si det⁡(ϕ)≠0\det(\phi) \neq 0.
  3. Soient nn vecteurs x1,…,xnx_1, \dots, x_n dans un K\mathbb{K}-ev EE de dimension nn et BB une base quelconque de EE. Alors (x1,…,xn)(x_1, \dots, x_n) est une base si et seulement si det⁡B(x1,…,xn)≠0\det_B(x_1, \dots, x_n) \neq 0.

Démonstration.

  1. L'implication « det⁡(A)≠0⇒A\det(A) \neq 0 \Rightarrow A est inversible » a fait l'objet d'une proposition, et le premier corollaire donne la réciproque.
  2. det⁡(ϕ)=det⁡(A)\det(\phi) = \det(A), où AA est la matrice de ϕ\phi dans une base quelconque, et ϕ\phi est bijective si et seulement si AA est inversible : ce qui nous ramène à l'assertion précédente.
  3. det⁡B(x1,…,xn)≠0\det_B(x_1, \dots, x_n) \neq 0 signifie det⁡(X1,…,Xn)≠0\det(X_1, \dots, X_n) \neq 0 (où XjX_j est la colonne des coordonnées de xjx_j dans la base BB) : cela équivaut à dire que la matrice (X1,…,Xn)(X_1, \dots, X_n) est inversible et donc que (x1,…,xn)(x_1, \dots, x_n) est une base.

Théorème. Soit A=(aij)1≤i,j≤n∈Mn(K)A = (a_{ij})_{1 \leq i, j \leq n} \in \mathcal{M}_n(\mathbb{K}). Pour tous i,j∈{1,…,n}i, j \in \{1, \dots, n\}, soit Aij∈Mn−1(K)A_{ij} \in \mathcal{M}_{n-1}(\mathbb{K}) la matrice obtenue en supprimant dans AA la ligne ii et la colonne jj. On a :

det⁡(A)=∑j=1naij(−1)i+jdet⁡(Aij)=∑i=1naij(−1)i+jdet⁡(Aij)\det(A) = \sum_{j=1}^{n} a_{ij}(-1)^{i+j}\det(A_{ij}) = \sum_{i=1}^{n} a_{ij}(-1)^{i+j}\det(A_{ij})

Exemples.

  1. A=(abcd)A = \begin{pmatrix} a & b \\ c & d \end{pmatrix}. Alors A11=(d)=dI1A_{11} = (d) = dI_1 et A12=(c)=cI1A_{12} = (c) = cI_1, donc det⁡(A11)=d\det(A_{11}) = d et det⁡(A12)=c\det(A_{12}) = c. Le développement selon la première ligne donne ∣abcd∣=ad−bc\begin{vmatrix} a & b \\ c & d \end{vmatrix} = ad - bc.
  2. ∣abcdefghi∣=aei+dhc+gbf−gec−dbi−ahf\begin{vmatrix} a & b & c \\ d & e & f \\ g & h & i \end{vmatrix} = aei + dhc + gbf - gec - dbi - ahf

Définition. Pour A∈Mn(K)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{K}), on appelle comatrice de AA la matrice Com(A)∈Mn(K)Com(A) \in \mathcal{M}_n(\mathbb{K}) dont l'élément à la ligne ii et à la colonne jj est (−1)i+jdet⁡(Aij)(-1)^{i+j}\det(A_{ij}).

Corollaire. Pour toute A∈Mn(K)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{K}),

A tCom(A)=det⁡(A)InA\,{}^tCom(A) = \det(A)I_n

En particulier, on retrouve le fait que si det⁡(A)≠0\det(A) \neq 0, alors AA est inversible ; et en plus, on a cette formule d'inversion :

A−1=1det⁡(A)tCom(A)A^{-1} = \frac{1}{\det(A)}{}^tCom(A)

Démonstration. L'élément de la ligne ii et de la colonne jj de A tCom(A)A\,{}^tCom(A) est ∑k=1naik(−1)j+kdet⁡(Ajk)\displaystyle\sum_{k=1}^{n} a_{ik}(-1)^{j+k}\det(A_{jk}). Si j=ij = i, c'est det⁡(A)\det(A) (le développement selon la ligne ii). Si j≠ij \neq i, c'est le déterminant de la matrice déduite de AA en y remplaçant la ligne jj par la ligne ii : mais dans la matrice ainsi obtenue, il y a donc deux fois la ligne ii et ce déterminant est nul.

Définition. On dit qu'une matrice A=(aij)1≤i,j≤n∈Mn(K)A = (a_{ij})_{1 \leq i, j \leq n} \in \mathcal{M}_n(\mathbb{K}) est triangulaire inférieure si j>i⇒aij=0j > i \Rightarrow a_{ij} = 0 (i.e. s'il n'y a que des 00 au-dessus de la diagonale) : c'est donc une matrice de la forme

(a1100…0a21a220…0a31a32a33…0⋮⋮⋮…⋮an1an2an3…ann)\begin{pmatrix} a_{11} & 0 & 0 & \dots & 0 \\ a_{21} & a_{22} & 0 & \dots & 0 \\ a_{31} & a_{32} & a_{33} & \dots & 0 \\ \vdots & \vdots & \vdots & \dots & \vdots \\ a_{n1} & a_{n2} & a_{n3} & \dots & a_{nn} \end{pmatrix}

On dit qu'une matrice A=(aij)1≤i,j≤n∈Mn(K)A = (a_{ij})_{1 \leq i, j \leq n} \in \mathcal{M}_n(\mathbb{K}) est triangulaire supérieure si j<i⇒aij=0j < i \Rightarrow a_{ij} = 0 (i.e. s'il n'y a que des 00 au-dessous de la diagonale) : c'est donc une matrice de la forme

(a11a12a13…a1n0a22a23…a2n⋮⋮⋮…⋮000…ann)\begin{pmatrix} a_{11} & a_{12} & a_{13} & \dots & a_{1n} \\ 0 & a_{22} & a_{23} & \dots & a_{2n} \\ \vdots & \vdots & \vdots & \dots & \vdots \\ 0 & 0 & 0 & \dots & a_{nn} \end{pmatrix}

On dit qu'une matrice A=(aij)1≤i,j≤n∈Mn(K)A = (a_{ij})_{1 \leq i, j \leq n} \in \mathcal{M}_n(\mathbb{K}) est diagonale si elle est triangulaire inférieure et supérieure ; c'est donc une matrice de la forme :

(a1100…00a220…000a33…0⋮⋮⋮…⋮000…ann)\begin{pmatrix} a_{11} & 0 & 0 & \dots & 0 \\ 0 & a_{22} & 0 & \dots & 0 \\ 0 & 0 & a_{33} & \dots & 0 \\ \vdots & \vdots & \vdots & \dots & \vdots \\ 0 & 0 & 0 & \dots & a_{nn} \end{pmatrix}

Corollaire. Le déterminant d'une matrice diagonale, ou plus généralement triangulaire (inférieure ou supérieure), est le produit des éléments diagonaux : det⁡(A)=∏i=1naii\det(A) = \displaystyle\prod_{i=1}^{n} a_{ii}.

Démonstration. Il suffit de le montrer pour une matrice triangulaire inférieure (le cas d'une triangulaire supérieure s'en déduit immédiatement car c'est la transposée d'une triangulaire inférieure : elle a donc même déterminant et mêmes éléments diagonaux). On raisonne par récurrence : si n=1n = 1, c'est trivial (det⁡(a11)=a11\det(a_{11}) = a_{11}) ; et si c'est vrai pour les matrices triangulaires inférieures de Mn−1(K)\mathcal{M}_{n-1}(\mathbb{K}), alors c'est vrai aussi pour celles de Mn(K)\mathcal{M}_n(\mathbb{K}), car en développant selon la première ligne on a

∣a1100…0a21a220…0a31a32a33…0⋮⋮⋮…⋮an1an2an3…ann∣=a11∣a220…0a32a33…0⋮⋮…⋮an2an3…ann∣\begin{vmatrix} a_{11} & 0 & 0 & \dots & 0 \\ a_{21} & a_{22} & 0 & \dots & 0 \\ a_{31} & a_{32} & a_{33} & \dots & 0 \\ \vdots & \vdots & \vdots & \dots & \vdots \\ a_{n1} & a_{n2} & a_{n3} & \dots & a_{nn} \end{vmatrix} = a_{11} \begin{vmatrix} a_{22} & 0 & \dots & 0 \\ a_{32} & a_{33} & \dots & 0 \\ \vdots & \vdots & \dots & \vdots \\ a_{n2} & a_{n3} & \dots & a_{nn} \end{vmatrix}