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Circuits électriques en régime transitoire

Introduction générale​

On considère un circuit auquel on applique des sources de tension et de courant à un instant t=0 st = 0\ \text{s}. Ces sources constituent l'excitation. Sans excitation, le circuit est au repos.

Il existe deux types d'excitations :

  • en régime continu, si l'excitation est indépendante du temps ;
  • en régime variable, si l'excitation dépend du temps ou varie au cours du temps.

La réponse d'un circuit électrique, suite à l'application d'une excitation, comprend généralement un régime transitoire et un régime permanent.

On définit 0−0^- le temps juste avant la fermeture de l'interrupteur, et 0+0^+ le temps juste après la fermeture de l'interrupteur.

Par convention, les grandeurs électriques qui ne varient pas au cours du temps sont notées en majuscules (E, U, I) et celles qui varient en minuscules (e, u, i).

Le modèle de la fonction « échelon » ne décrit pas correctement la fermeture d'un interrupteur : la tension ou le courant ne peut jamais présenter de discontinuité.

Régime transitoire dans des circuits du premier ordre​

Résistance​

La loi d'Ohm U=R⋅IU = R \cdot I est conservée, celles des mailles et des nœuds aussi.

Condensateurs, circuit RC​

Un condensateur est l'ensemble formé par deux électrodes métalliques planes séparées par un milieu isolant. On a Q+=−Q−=C⋅UAB=C⋅EQ^+ = -Q^- = C \cdot U_{AB} = C \cdot E ; au cours du temps, on obtient i=dqdt=CduAB(t)dti = \dfrac{dq}{dt} = C\dfrac{du_{AB}(t)}{dt}.

On détermine CC en farads avec C=ϵ0SdC = \dfrac{\epsilon_0 S}{d}.

En résumé, les électrons sont chargés négativement ; une électrode est chargée positivement (donc en manque d'électrons), alors que l'autre électrode est chargée négativement (donc en excès d'électrons). Les charges électriques sont localisées à la surface des conducteurs.

L'orientation du courant est la même que celle du déplacement des charges positives.

Les deux bornes d'un condensateur sont séparées par un isolant (diélectrique).

Condensateur C entre les points A et B, traversé par le courant iAB(t) sous la tension uAB(t)

Équivalence des condensateurs.

  • Série : 1Ceq=1C1+1C2\dfrac{1}{C_{eq}} = \dfrac{1}{C_1} + \dfrac{1}{C_2}
  • Dérivation : Ceq=C1+C2C_{eq} = C_1 + C_2

À l'instant t=0t = 0, le condensateur est déchargé : u(0)=0u(0) = 0 et q(0)=0q(0) = 0. Pour analyser le circuit, on a u(t)=q(t)Cu(t) = \dfrac{q(t)}{C} et i(t)=dqdti(t) = \dfrac{dq}{dt}.

Mise en équation : E=R⋅i(t)+u(t)⇒E=R⋅i(t)+q(t)CE = R \cdot i(t) + u(t) \Rightarrow E = R \cdot i(t) + \dfrac{q(t)}{C}, ainsi

Rdidt+iC=0R\frac{di}{dt} + \frac{i}{C} = 0

On sait que i=Cdudt⇒E=RCdudt+u⇒dudt+uRC=ERCi = C\dfrac{du}{dt} \Rightarrow E = RC\dfrac{du}{dt} + u \Rightarrow \dfrac{du}{dt} + \dfrac{u}{RC} = \dfrac{E}{RC}. Ainsi

u=−Ee−tRC+Eu = -Ee^{-\frac{t}{RC}} + E

On définit τ=RC\tau = RC (en secondes) comme le temps de relaxation du circuit.

Charge du condensateur : pente à l'origine E/RC, asymptote u = E, constante de temps τ = RC

On a u(t)=E(1−e−tRC)⇒u′(t)=ERCe−tRCu(t) = E\left(1 - e^{-\frac{t}{RC}}\right) \Rightarrow u'(t) = \dfrac{E}{RC}e^{-\frac{t}{RC}}.

Équation de la tangente à l'origine : u′(0)(t−0)+u(0)=ERCt⇒u'(0)(t - 0) + u(0) = \dfrac{E}{RC}t \Rightarrow pour t=τt = \tau : y=E=ERCτy = E = \dfrac{E}{RC}\tau, d'où

τ=RC\tau = RC

Comment évolue l'énergie au cours d'un régime transitoire de charge de condensateur ?

p(t)=u(t)⋅i(t)p(t) = u(t) \cdot i(t)
dW=u(t)⋅i(t) dtdW = u(t) \cdot i(t)\,dt
  • Énergie fournie par le générateur : ∫−Ei(t) dt=∫0Q−Edqdt dt=−E∫0Qdq=−CE2\displaystyle\int -Ei(t)\,dt = \int_0^Q -E\frac{dq}{dt}\,dt = -E\int_0^Q dq = -CE^2
  • Énergie stockée par le condensateur : ∫u⋅i dt=∫0Qudqdt dt=∫0Qu dq=∫0Eu C du=12CE2\displaystyle\int u \cdot i\,dt = \int_0^Q u\frac{dq}{dt}\,dt = \int_0^Q u\,dq = \int_0^E u\,C\,du = \frac{1}{2}CE^2
  • Énergie perdue par effet Joule dans la résistance : 12CU2\dfrac{1}{2}CU^2

Décharge du condensateur. Mise en équation :

u(t)=Ri(t)i(t)=−dqdtu(t) = Ri(t) \qquad i(t) = -\frac{dq}{dt}
u(t)=−Rdqdt=−RCdudtdudt=−uRCu(t) = -R\frac{dq}{dt} = -RC\frac{du}{dt} \qquad \frac{du}{dt} = -\frac{u}{RC}

On trouve une solution de la forme u(t)=u0e−tRCu(t) = u_0 e^{-\frac{t}{RC}}.

Bobines, circuit RL​

Une bobine est constituée par l'enroulement d'une grande longueur de fil conducteur. Un noyau de matériau magnétique est parfois placé à l'intérieur.

Considérons une bobine d'inductance LL orientée en convention récepteur. Une bobine réelle présente toujours une résistance interne rr.

En régime continu, i=ctei = cte et Ldidt=0L\dfrac{di}{dt} = 0.

On définit le flux du champ magnétique B⃗\vec{B} à travers la surface SS : Φ=B⃗⋅Sn⃗\Phi = \vec{B} \cdot S\vec{n} et dΦdt=uAB\dfrac{d\Phi}{dt} = u_{AB}. Dans le cas d'une bobine, Φ=L⋅I\Phi = L \cdot I, avec Φ\Phi en webers.

u=Ldidt(relation intensiteˊ-tension)u = L\frac{di}{dt} \qquad \text{(relation intensité-tension)}

Évolution temporelle. U=R⋅i+LdidtU = R \cdot i + L\dfrac{di}{dt}, où RR est la résistance totale du circuit ; ainsi on a i(t)=UR(1−e−RtL)i(t) = \dfrac{U}{R}\left(1 - e^{-\frac{Rt}{L}}\right).

t=0+t = 0^+t→+∞t \to +\infty
CondensateurComportement similaire à un filComportement d'un fil ouvert
BobineComportement d'un fil ouvertComportement similaire à un fil

Établissement du courant dans un circuit RL : pente à l'origine U/L, asymptote U/R, constante de temps τ = L/R

L'énergie stockée dans l'inductance est 12LI2\dfrac{1}{2}LI^2.

Régime transitoire dans des circuits du second ordre, le dipôle RLC​

Circuit RLC série alimenté par une source E

Analyse d'un circuit : E−uc−uR−uL=0E - u_c - u_R - u_L = 0, donc

uc+LCd2ucdt2+RCducdt=0u_c + LC\frac{d^2u_c}{dt^2} + RC\frac{du_c}{dt} = 0

On pose LCω02=1LC\omega_0^2 = 1 :

1ω02d2ucdt2+RCducdt+uc=0⇒d2ucdt2+RCω02ducdt+ω02uc=0\frac{1}{\omega_0^2}\frac{d^2u_c}{dt^2} + RC\frac{du_c}{dt} + u_c = 0 \Rightarrow \frac{d^2u_c}{dt^2} + RC\omega_0^2\frac{du_c}{dt} + \omega_0^2 u_c = 0

On pose RCω02=2λRC\omega_0^2 = 2\lambda, d'où la forme « canonique » :

d2ucdt2+2λducdt+ω02uc=0\frac{d^2u_c}{dt^2} + 2\lambda\frac{du_c}{dt} + \omega_0^2 u_c = 0

On résout cette équation et on a :

  • Δ>0\Delta > 0 : régime apériodique ;
  • Δ=0\Delta = 0 : régime critique ;
  • Δ<0\Delta < 0 : régime pseudo-périodique, oscillations amorties.