Il existe trois états de la matière, solide, liquide et gazeux ; les états liquide et gazeux composent les fluides. Dans un solide, les atomes occupent des positions moyennes dans un réseau cristallin bien défini qu'il est difficile de modifier, leurs déplacements sont donc limités.
A contrario, dans les liquides, la distance qui sépare les molécules est plus grande, ainsi les forces intermoléculaires sont plus faibles que dans les solides. La structure est donc un amas de molécules qui est beaucoup plus désordonné que dans les solides. La masse volumique est assez grande et comparable à celle des solides :
« L'eau c'est lourd », Baste Jean-Stéphane
Le liquide ne possède pas de forme propre, il occupe l'espace qui lui est octroyé, les couches glissent les unes par rapport aux autres, le liquide peut s'écouler. Cependant, son volume est bien défini et le liquide est incompressible.
Le gaz occupe tout l'espace octroyé, les forces intermoléculaires sont très faibles, la masse volumique de même. Le gaz est très compressible.
On utilise le concept de milieu continu, qui correspond à une modélisation de la réalité physique à une échelle donnée, induite par l'expérience. Dans ce cours, on assimile la matière à un milieu continu.
Proposition A. Un milieu est continu lorsque ses propriétés varient de façon continue d'un point à l'autre. Une particule possède une position et une vitesse en un point central. De plus, une particule possède une masse Δm et un volume ΔV ; on peut donc définir la masse volumique moyenne
ρmoy=ΔVΔm
et donc la masse volumique du point P est
ΔV→0lim(ΔVΔm)=ρ(P)continuiteˊ=dVdm
Les propriétés physiques du milieu vont dépendre du point d'application :
Φmasse en P↦φ(P)
puisque le milieu est continu, lorsque l'on s'écarte du point P :
soit φ ne varie pas ;
soit φ varie très peu autour de P, la propriété Φ est continue dans le milieu continu :
dϕ=∂x∂ϕdx+∂y∂ϕdy+∂z∂ϕdz
soit φ n'est pas continue, donc le milieu n'est pas continu.
Proposition B. Lors d'une déformation d'un milieu continu, deux points voisins restent voisins et donc des portions initialement distinctes restent distinctes (pas de superposition). Une particule M à l'instant t0 se trouve aux coordonnées (x0,y0,z0) et à l'instant t elle se trouve aux coordonnées (x1,y1,z1)=(f1,f2,f3).
Proposition C. Il y a évolution continue si les fonctions f1, f2 et f3 sont continues, uniformes (injectives), de classe C1.
Les trois propositions forment les 3 notions de continuité. Cependant, l'hypothèse de continuité des transformations n'est pas vérifiée par :
la formation de trous par fissure dans les solides et la cavitation dans les fluides. Pour traiter ce cas, on conserve l'hypothèse de continuité partout sauf sur la surface de discontinuité ; cette surface est caractérisée par une surface libre ;
le glissement relatif de 2 parties du milieu, par le glissement dans les solides et le sillage dans les fluides. Pour traiter ce cas, on conserve l'hypothèse de continuité partout sauf sur la surface de glissement ; cette surface sera traitée grâce aux forces de glissement ;
le choc de deux veines fluides. Pour traiter ce cas, on conserve l'hypothèse de continuité partout sauf sur la surface de choc ; cette surface sera traitée grâce aux forces de chocs.
Soit un milieu continu qui subit une transformation ; le point d'origine est P0 et P0P=D le déplacement. Si le point Q0 voisin de P0 subit la même transformation que P0, il se déplace à Q′ et Q0Q′=D ; alors la transformation de la matière est une simple translation.
Si le point Q0 n'a pas la même translation que P0, il se déplace à Q et Q0Q=X, ce qui induit une déformation. C'est la différence de déplacement qui crée la déformation.
Q0Q=X(Q0)=D(P0)+dX(Q0,deˊformation)
La transformation déformante implique l'apparition de dX, donc la déformation correspond à dX. Soit
On remarque que c'est l'équation de rotation d'ensemble d'un solide indéformable. Donc la partie antisymétrique ω de la matrice de transformation G n'est pas déformante. Elle décrit une rotation d'ensemble sans déformation.
ω=21rot(X)
Étude de εij. Une transformation dans le plan (1,2) d'un segment P0Q0 parallèle à l'axe 1 (dx2=0). On a alors
On a ε11 petit devant 1, on a donc θ petit et finalement θ∼G21.
Les termes diagonaux sont responsables de l'extension et les termes non diagonaux sont responsables de la distorsion. On a donc θ1=G21, ce qui représente la rotation de 1 vers 2, et θ2=G12, ce qui représente la rotation de 2 vers 1.
ε12=21G21∂x1∂X2+G12∂x2∂X1=ε21
Soit γ=2π−(θ1+θ2), ainsi
γ=2π−(G21+G12)=2π−2ε12
La variation d'angle est le fait des termes non diagonaux, qui induisent une distorsion, et donc
2π→2π−2ε12
Le terme 2εij représente la modification de l'angle droit entre les directions Oxi et Oxj : c'est l'angle de glissement.
La matrice est symétrique et donc elle est diagonalisable dans un repère principal de déformation. On dit que ϵi est l'extension principale ; de plus, si i=j, on a ϵij=0 : la forme est conservée.
De plus, la trace de la matrice est un invariant, donc
Forces s'exerçant sur une portion de milieu continu.
« Si les petites cuillères sont tordues c'est parce qu'on les a touchées », Baste Jean-Stéphane
Les forces de contact vont de l'extérieur vers l'intérieur. Cette force de contact va dépendre du point, ce qui induit un champ de force de contact. Il possédera une densité moyenne de force ΔSΔF et une densité de force de contact en P=ΔS→0lim(ΔSΔF)=T.
Il y a apparition d'une tension mécanique T(P,N) en N.m−2, qui est une action par unité de surface de l'extérieur sur l'intérieur. Pour connaître T : les 3 paramètres de position du point x, les deux cosinus directeurs α par rapport à N et l'intensité de la force. La région autour du point P porte la normale ; on a
TnTnt=TNprojection de T sur la normale N=(TN)N=t=N∧T∧N=T−Tn=T−(N.T)N
t est le vecteur de cission. L'action vers l'extérieur est une traction positive Tn>0 et l'action vers l'intérieur implique une traction négative Tn<0.
Soit trois facettes orientées suivant les axes 1, 2, 3 ; sur la facette i s'exerce la tension Ti. On peut établir une matrice
On nomme cette matrice la matrice des composantes ; elle représente sur l'horizontale l'axe normal à la facette et sur la verticale la contrainte suivant l'axe. La matrice est diagonalisable car symétrique (on a σij=σji) ; il existe un repère principal de contrainte.
Connaissant la matrice des contraintes en P, calculons la tension qui s'exerce sur une facette quelconque :
σ(P)→T(P,N)
Sur la normale, on prend un point Q voisin de P. À partir de Q, un plan normal à la normale, parallèle à la facette. On cherche à faire l'équilibre de ce tétraèdre. Soit la surface ABC=Σ, APC=Σ2=Σα2, APB=Σ3=Σα3 et BPC=Σ1=Σα1. On note αi le cosinus directeur de N tel que ∑i=13αi2=1. Sur ces 4 faces s'exercent des forces de contact :
{T}=(σij){N}. La tension en un point sur une facette quelconque :
T(P,N)=σ(P)N
Équation d'équilibre. Un corps est soumis à des forces de volume (ex : poids, inertie) : dρ=aρdv, et soumis à des forces de contact entre l'extérieur et l'intérieur. Calculons la résultante des forces suivant l'axe 1 sur les 2 facettes avant et arrière. Par continuité, (σ11)AV, (σ11)AR=(σ11)AV+∂x1∂σ11dx1. La résultante est donc ∂x1∂σ11dx1dx2dx3.
Résultante des forces (à l'équilibre) suivant 1, 2, 3 :
expriment le comportement du milieu, c'est-à-dire ses propriétés physiques. On considère un modèle de milieu continu homogène (même propriété en tout point), isotrope (même propriété dans toutes les directions) et linéaire (milieu liant par son comportement). Si le milieu est homogène et isotrope, ϵ et σ ont les mêmes axes principaux :
σ→σ1000σ2000σ3↔ϵ1000ϵ2000ϵ3←ϵ
Le milieu est linéaire si σi est fonction linéaire de ϵi. Pour la relation de comportement d'un milieu continu, homogène, isotrope, linéaire, en repère principal, on a
σi=λθ+2μϵi+ϖ
avec θ=tr(ϵ)=ϵ1+ϵ2+ϵ3 ; dans un repère quelconque, on a
σij=(ϖ+λθ)δij+2μϵij
Cas des solides. La forme propre est l'état naturel ; au repos, on a σ⇒ϖ=0. On a donc les équations de Lamé, qui décrivent le comportement linéaire d'un solide isotrope :
σi=λθ+2μϵi
σij=λθδij+2μϵij
Cas des fluides. Pas de forme propre, pas de déformation au repos : ϵij=0⇒μ=0, θ=0. Dans un repère quelconque,
σij=(ϖ+λθ)δij+2μϵij
σij=ϖ000ϖ000ϖ
Toutes les directions sont principales. Un fluide n'existe que s'il est soumis à une sollicitation de traction négative (compression) :
ϖ=−pσij=−pδij
donc on a p>0. Un fluide est parfait si le changement de forme ne nécessite aucun travail :
σij=−pδij
« Il faut se méfier des gens qui se disent parfaits », Baste Jean-Stéphane
« Si les fluides étaient parfaits on ne pourrait pas vivre », Baste Jean-Stéphane
Cas des fluides réels. On prend en compte la viscosité du liquide ; un travail est nécessaire pour produire un écoulement (changement de forme) :
σij=−pδij+matrice des contraintes de viscositeˊ
σij=σ11σ12σ13σ12σ22σ23σ13σ23σ33
« Le mouvement d'un fluide n'est pas gratuit », Baste Jean-Stéphane
Fluide newtonien, coefficient de viscosité. Ce sont des forces qui s'opposent au mouvement du fluide : les forces de viscosité sont les forces de frottement du fluide. Ces forces de frottement font qu'en plus de la pression qui s'exerce, il y a une composante tangentielle qui s'oppose au mouvement. Les contraintes ne dépendent que de l'instant même, le fluide est isotrope et les contraintes ne dépendent que du champ des vitesses, en particulier du tenseur des vitesses de déformation
dij=21(∂xj∂ui+∂xi∂uj)
Ces 4 hypothèses conduisent au modèle de fluide newtonien :
σij=−pδij+λdmmδij+2μdij
où dmm=m=1∑3∂xm∂um=div(u). Avec p, qui est le seul à être présent au repos, dmm, qui représente la dilatation ou la contraction (coefficient de compressibilité), et le dernier terme, qui représente le gradient transversal du champ des vitesses ; μ est le coefficient de viscosité.