Avant-synthèse
Fiche de synthèse. UBx DLLC Lettres et Com., Eric Dazzan, CPBx S4. Fiche de projet à remettre semaine 6 (le jeudi 7/02/19).
Groupe / étudiants. DELPEUCH Sébastien, ESCOBOSA Valentin, JAVERZAT Natacha
Sujet mémoire. L'utilisation des interfaces cerveau ordinateur dans la communication écrite.
Domaines sciences humaines retenus pour la synthèse culturelle
- Éthique : dérive transhumaniste, intégrité, homme augmenté (premier système de connexion avec le système nerveux central), toucher à "l'intimité de l'esprit", rôle de la technologie
- Santé publique : gérer l'espoir des malades, indépendance de l'homme par rapport à la machine, modification de l'identité, intégrité physique et psychologique
- Juridique : loyauté des algorithmes, adapter la législation
Question et problématisation de la question
Quel sera l'impact des BCIs dans la vie quotidienne ? De manière plus générale, quel rôle, quelle place pour les BCIs dans des sociétés futures ? En s'appuyant sur l'état actuel des recherches, on peut aisément supposer que, dans un futur proche, les BCIs serviront en priorité le domaine médical. En effet, les BCIs peuvent d'ores et déjà assister la recherche en médecine en permettant une approche nouvelle, souvent non invasive, des mécanismes du cerveau. D'autre part, ils se prêtent naturellement à des applications cliniques concrètes, visant à améliorer le quotidien des personnes diminuées (fauteuil ou prothèses commandés via BCIs, assistance à la rééducation neurologique par exemple). Cependant, la commercialisation et la démocratisation des BCIs sont encore lointaines, ceux-ci étant pour le moment utilisés majoritairement en laboratoire, de façon exclusivement expérimentale. Paradoxalement, l'espoir et les fantasmes suscités, notamment chez les malades, sont immenses. Il apparaît alors nécessaire de gérer cette attente, de contenir un imaginaire collectif disposé à s'en remettre à ce qui n'est encore que science-fiction.
En quoi une future démocratisation des BCI implique-t-elle la mise en place de mesures préventives ?
Comment anticiper d'un point de vue juridique, moral et éthique les potentielles dérives ?
Présentation du document de référence
La robotique et le mythe de "l'Homme augmenté", entretien avec Nathanaël Jarrassé, propos recueillis par Franck Damour et Nathalie Sarthou-Lajus.
Nathanaël Jarrassé est chargé de recherche au CNRS ; il travaille à l'ISIR (Institut des systèmes intelligents et de robotique). Son projet de recherche consiste en la compréhension et l'amélioration du rapport physique humain-robot, avec pour finalité la réhabilitation neuromotrice et des applications cliniques (prothèse, exosquelette...). Il est aussi intéressé par les questions éthiques, juridiques et sociétales soulevées par le développement des robots.
Ce document nous intéresse car il fait état de la situation actuelle de la recherche sur les avancées technologiques liant l'Homme et la machine. N. Jarrassé interpelle sur les dangers de l'imaginaire collectif, sur le paradoxe entre l'état des recherches et les fantasmes suscités. Il définit clairement la frontière entre amélioration et réhabilitation ; il associe l'idée de l'humain augmenté à un mythe, en insistant sur le fait que ce mythe peut servir à des fins idéologiques et dangereuses (dérives transhumanistes). Il insiste sur le rôle de l'éthique dans son travail ; cependant, il indique que les comités d'éthique actuels ne sont pas adaptés à ces problématiques. Il y a donc nécessité d'adaptation et de restructuration.