Définition. Une machine thermodynamique est un système fonctionnant grâce à un fluide auquel on fait subir des transformations cycliques, au cours desquelles il y a échange d'énergie avec le milieu extérieur. Le milieu extérieur est constitué de n sources de chaleur échangeant de la chaleur avec le fluide, et d'un système mécanique échangeant du travail avec le fluide.
Machine monotherme. C'est un système thermodynamique en contact avec une seule source. Thomson a démontré en 1852 que les moteurs monothermes n'existent pas.
Machines cycliques. L'état initial et l'état final sont confondus : ΔU=0 et ΔS=0. Il s'y produit des échanges de travail W et d'énergie Q. Sur un cycle, on a donc ΔU=W+Q=0. Deux cas sont possibles : soit un moteur (W<0 et Q>0), soit un récepteur (W>0 et Q<0).
Machines dithermes. C'est un système thermodynamique en contact avec une source chaude et une source froide.
Étude théorique : bilan d'énergie et d'entropie. L'énergie du système fermé est définie par
ΔU=W+Q
Sur un cycle, ΔU=0. On note Qc les échanges avec la source chaude à Tc et Qf les échanges avec la source froide à Tf. Le premier principe donne
W+Qc+Qf=0
L'entropie du système fermé est définie par le second principe :
ΔS=Sech+Screˊeˊe
Le système échange de l'entropie avec les deux sources pendant ces échanges :
La dernière ligne est impossible d'après le second principe (inégalité de Clausius). En conclusion, Qc>0 et Qf≤−TcTf<0 : le moteur ditherme reçoit de la chaleur de la source chaude et en fournit à la source froide. Le schéma de principe du moteur ditherme est donc le suivant.
Il y a égalité si le cycle est réversible. On appelle cette efficacité théorique maximale l'efficacité de Carnot :
ec=1−TcTf
D'où le théorème de Carnot : tous les moteurs dithermes réversibles ont le même rendement, qui ne dépend que des températures des sources. Le rendement des moteurs non réversibles est inférieur à celui des moteurs réversibles.
Un récepteur ditherme est caractérisé par W>0, Qc<0 et Qf>0. Le principe est d'inverser le sens naturel du transfert de chaleur en fournissant du travail au récepteur.
L'efficacité d'une machine ditherme cyclique réelle est inférieure ou égale à celle d'une machine ditherme cyclique réversible fonctionnant avec les deux mêmes sources. Cette machine est appelée machine de Carnot.
Un cycle de Carnot est un cycle ditherme réversible. La seule solution est de combiner deux isentropiques et deux isothermes.
Remarque sur le sens de parcours. On a δW=−pextdV ; si la transformation est réversible, elle est quasi statique et P=Pext. Donc, sur un cycle :
W=−∮PdV=−Aire du cycle dans (P,V)
Si l'aire est positive et le travail négatif, la machine est un moteur. Si l'aire est négative et le travail positif, c'est un récepteur.
Bilan. Sens antihoraire : l'aire est négative, le travail positif, donc récepteur. Sens horaire : l'aire est positive, le travail négatif, donc moteur.
Description du cycle. C'est un cycle à 4 temps. Il entraîne un piston mobile et deux soupapes qui permettent l'admission de l'essence et l'évacuation des gaz.
Remarque. Le cycle est parcouru dans le sens horaire : c'est donc un moteur.
Modélisation. On étudie le système formé de l'air, du carburant et des gaz d'échappement, que l'on assimile à un gaz parfait avec γ=1,4. On applique une source chaude à Tc en contact avec le système : Qc=QCD.
L'admission est isobare et isotherme (TA=TB).
La compression et la détente sont adiabatiques et réversibles : ce sont des isentropiques.
L'explosion est isochore.
Le cycle est bien parcouru dans le sens horaire avec un travail négatif : c'est un moteur.
Efficacité.
e=Qc−W=1+QcQf
Ici, e=1+QCDQEB. On calcule QCD : de C à D, le volume est constant, donc
dU=δW+δQ=−pextdV+δQΔUCD=QCD=Qc
Pour un gaz parfait, ΔU=Cv(Tf−Ti), ici
QCD=ΔUCD=γ−1nR(TD−TC)
On procède de même pour QEB :
QEB=ΔUEB=γ−1nR(TB−TE)<0e=1+TD−TCTB−TE
Sur BC et DE, adiabatiques réversibles, PVγ=cte et TVγ−1=cte. Sur BC, TBVBγ−1=TCVCγ−1, et sur DE, TDVDγ−1=TEVEγ−1. On note a=VminVmax le taux de compression. Ainsi
Un fluide (l'isobutane C4H10, 20 000 fois moins nocif que le fréon CF2Cl2) subit un cycle (système fermé) avec possibilité de changement d'état.
Cycle. Il comporte quatre étapes : une compression suivie d'un changement d'état dans le condenseur, qui joue le rôle de source chaude, puis une détente et un changement d'état dans l'évaporateur, qui joue le rôle de source froide.
Calcul de l'efficacité thermodynamique. On dispose des données suivantes :
On pose δWautres=dmwautres et δQ=dmq. Avec ces notations :
Δh=wautres+q
Remarques.
En multipliant par Dm (le débit massique, en kg.s−1), DmΔh=wautresDm+qDm, que l'on peut réécrire
DmΔh=Pautres+Pthermique
Généralisation avec les énergies cinétique ec et potentielle ep :
Δec+Δep+Δh=wautres+q
Cas classiques : pour la détente de Joule-Kelvin (voir S2), Δh=wautres+q avec w=0 (aucun travail) et q=0 (calorifugé), donc Δh=0. Pour le compresseur, Δh=wcp+q ; il est calorifugé, donc q=0 et wcp=Δh.
Retour sur le cycle du réfrigérateur. De A à B, on a une compression isentropique :
Δh=hB−hA=wautresAB+qAB
donc wcp=hB−hA. De B à C, on a un changement d'état :
Δh=hC−hB=−hvap(303K)
De C à D, on a une détente de Joule-Kelvin, donc Δh=0. Enfin, de D à A, on a un changement d'état partiel (xD=0,24 à xA=0,98) :
dh=hvap(T)dx⇔Δh=hvap(263K)(xA−xD)
Bilan.
e=WQf=wqf=−qc−qfqf=−qBC−qDAqDA=5,6
En comparaison, l'efficacité de Carnot vaut ec=Tch−TfTf=8,9 : l'irréversibilité provient de la détente de Joule-Kelvin.