Phase. Une phase est un système homogène à l'état d'équilibre thermodynamique.
Variance. Les grandeurs thermodynamiques peuvent être des paramètres intensifs (pression, température) ou extensifs (volume, nombre d'atomes). La variance est le nombre de paramètres intensifs indépendants nécessaires pour décrire l'état du système.
La phase d'un système n'est pas modifiée par sa quantité de matière : elle est donc déterminée par des paramètres intensifs.
Rappel, la loi des gaz parfaits : iPeV=eNkBiT. Si l'on choisit deux paramètres intensifs (par exemple P et T), la masse volumique ρ est fixée par la nature.
Loi de la variance.v=3−φ : un corps pur monophasé est décrit par 2 variables intensives (v=2), diphasé par 1 (v=1), triphasé par aucune (v=0).
Le diagramme (pression, température). On chauffe de l'eau liquide pour différentes pressions : les changements d'état ont lieu à température et pression constantes.
En réitérant l'opération et en reportant les valeurs sur un diagramme (P,T), on obtient :
PointsA, B, D : états du système à une phase, v=2 ; A′, B′ : deux phases, v=1 ; C : point critique ; T : point triple, trois phases, v=0.
Rappel.v=ρ1=mV est le volume massique, en m3/kg (ou vmol=nV).
Problématique. La transition de phase est peu lisible sur le diagramme (P,T).
E2 = glace + un peu de liquide et E3 = liquide + un peu de glace sont au même point du diagramme (P,T) : on perd de l'information. Il faut donc un diagramme (P,T,v). C'est un espace à trois paramètres intensifs ; comme v≤2 (une seule phase au maximum), on obtient une nappe à deux dimensions dans l'espace (P,T,v), ce qui permet trois projections : (P,T), (P,v) et (T,v).
Un corps pur diphasé est un système composé de deux sous-systèmes, chacun sous une phase.
m=m1+m2U=U1+U2H=H1+H2S=S1+S2
En massique pour les systèmes 1 et 2 : U1=m1u1 et U2=m2u2.
En massique pour le système total : U=mu, or U=U1+U2⇒mu=m1u1+m2u2⇒u=x1u1+x2u2=x1u1+(1−x1)u2.
De même, h=x1h1+(1−x1)h2 et s=x1s1+(1−x1)s2.
Exemple. Soit une cuve contenant 1 kg d'eau gazeuse et 2 kg d'eau liquide, le tout à 100 °C. On a u1=uliqeau(T,P)=418,94kJ/kg et u2=uvapeau(T,P)=2506,5kJ/kg. Donc
Définition. On appelle enthalpie de changement d'état (ou chaleur latente) l'enthalpie massique nécessaire pour réaliser la transformation de l'état 1 vers l'état 2 d'un corps pur en maintenant P et T constants. On la note h1→2(T).
Remarque.h1→2(T)=Δh=h2(T)−h1(T) ; de plus, h1→2(T)=−h2→1(T).
Définition. On pose s1→2(T)=s2−s1 et on cherche le lien entre h1→2 et s1→2 à partir de
dU=TdS−PdVdH=TdS+VdP
En massique, dh=Tds+vdP ; pour un changement d'état isobare, dP=0, donc dh=Tds⇒ds=Tdh⇒Δs1→2=∫12ds. Le changement d'état entre 1 et 2 étant isotherme :
Au point triple, les trois états sont présents. À la température TT et à la pression PT, appliquons la transformation Solide → Liquide → Gaz → Solide, qui fait intervenir successivement hfus(TT), hvap(TT) et −hsub(TT). Le cycle ramène à l'état initial :
Définition. C'est la pression à laquelle a lieu l'équilibre liquide-vapeur à T donnée ; on la note Psat(T). À T0 fixée :
si P>Psat(T0) : liquide ;
si P=Psat(T0) : liquide + vapeur ;
si P<Psat(T0) : vapeur.
Diagramme de Clapeyron (P,V) et isothermes d'Andrews
À T constante, on augmente la pression et on mesure P et V en relevant l'état du système. Les isothermes obtenues dans le plan (P,v) sont les isothermes d'Andrews.
Description.
Pour T<TC :
si V>V(V), le corps est gazeux : la pression est faible et le volume élevé ;
en V, on observe les premières gouttes de liquide, et P=Psat(T1) ;
si V(L)<V<V(V), le corps est à la fois gazeux et liquide : c'est le palier de vaporisation ;
en L, on observe les dernières bulles de vapeur ;
si V<V(L), le corps est liquide : la pression est élevée et le volume faible.
Pour T=TC, on observe un point d'inflexion : ∂V∂PT=TC=0 et ∂v2∂2PT=TC=0.
Pour T>TC, on a un fluide supercritique.
Règle des moments. Les coordonnées des courbes de saturation sont v(V)=vV et v(L)=vL à T0.
Ainsi, avec V=vL+vV=mLvL+mVvV et V=mv(M) :
v(M)=mmLvL+mmVvV
En notant x=xV et xL=1−xV :
v(M)=xvV+(1−x)vLx(M)=vV−vLv(M)−vL=LVLM
De même pour h, u et s, par exemple h(M)=xhV+(1−x)hL.
On considère une transformation liquide → vapeur réversible et isotherme à T. Le système est quasi statique : c'est une suite d'états d'équilibre à P=Psat(T). La transformation est isobare, donc le transfert thermique vaut Qrev=ΔH :
ΔH=mΔh⇔ΔH=m(hV−hL)⇔ΔH=mhvap(T)⇒Qrev=mhvap(T)
hvap(T) est la quantité d'énergie à fournir à 1 kg de corps pur liquide pour qu'il se transforme en vapeur, de manière réversible, à P constante.
Remarque. Eau liquide à 20 °C (1 bar) → eau liquide à 100 °C → eau vapeur à 100 °C → eau vapeur à 180 °C : ΔH1=mCp,liq(Tf−Ti), ΔH2=mhvap(T) et ΔH3=mCp,vap(Tf−Ti).