Pour un+1=f(un). Déterminer le domaine de définition de f : Df⊂R.
Chercher un intervalle I⊂R stable par f (c'est-à-dire f(I)⊂I). Si u0∈I, on aura donc u1=f(u0)∈I et par récurrence un∈I∀n : la suite (un) est bien définie.
Étudier rapidement les variations de f dans I :
Si f est croissante et u0≤u1, alors f(u0)≤f(u1), c'est-à-dire u1≤u2, et par récurrence un≤un+1. La suite est donc croissante.
Si f est croissante et u0≥u1, alors f(u0)≥f(u1), c'est-à-dire u1≥u2, et par récurrence un≥un+1. La suite est donc décroissante.
Si f est décroissante :
si u0≤u1, alors f(u0)≥f(u1), c'est-à-dire u1≥u2, etc. : u2n≤u2n+1 et u2n+1≥u2n+2. La suite est alternée, la suite (u2n) est monotone car f∘f est croissante, et la suite (u2n+1) aussi ;
si u0≥u1, alors f(u0)≤f(u1), c'est-à-dire u1≤u2, d'où u2n≥u2n+1 et u2n+1≤u2n+2. La suite est alternée, les sous-suites (u2n) et (u2n+1) sont monotones (car f∘f est croissante).
Si u0 est un point fixe de f (c'est-à-dire f(u0)=u0), alors la suite est constante :
si f est continue et un converge, un→x, alors f(un)→f(x) (continuité), ainsi un+1→x et donc f(x)=x : la limite fait partie des points fixes ;
si f est continue, chercher les points fixes peut aider à déterminer l'éventuelle limite.
Exemples de suites récurrentes où on peut expliciter un en fonction de n
Suites arithmétiques. C'est une suite de terme récurrent un+1=un+r ; ainsi la suite converge si r=0 et le terme général est
un=u0+nr
Suites géométriques. C'est une suite de terme récurrent un+1=qun ; ainsi la suite a pour terme général
un=qnu0
La suite converge si ∣q∣<1 et est constante si q=1 ou u0=0 ; elle diverge sinon.
Suites arithmético-géométriques. C'est une suite de terme récurrent un+1=aun+b, ainsi
Cette suite converge si et seulement si an(u0+a−1b) converge, c'est-à-dire si u0+a−1b=0 ou si ∣a∣<1.
On peut aussi faire une étude par point fixe :
définir la fonction f(x)=ax+b et calculer le point fixe α : f(α)=α ;
définir la suite vn=un−α⇔un=vn+α ;
montrer que vn est géométrique ;
déterminer vn en fonction de n, puis un en fonction de n.
Suites récurrentes homographiques. C'est une suite de terme récurrent un+1=cun+daun+b=f(un) où f(x)=cx+dax+b avec c=0 (sinon suite arithmético-géométrique).
La suite (un) est bien définie si u0∈Df et ∀n,f∘f∘⋯∘f(u0)∈Df.
On va expliciter un en fonction de n.
Si f(u0)=u0, par récurrence un=u0 : la suite est donc une suite constante.
Si f(un)=un pour un certain n≥1, alors pour ce n, f(un−1)=un=f(un)⇒un=un−1 car f est injective. Donc un=un−1=⋯=u0. En effet, un=f(un−1) et un=un−1, donc f(un−1)=un−1. Donc u1=u0, c'est-à-dire f(u0)=u0, et on est ramené au cas où f(u0)=u0 : la suite est constante.
Conclusion : si la suite passe par un point fixe de f, alors elle est constante.
S'il n'y a pas de point fixe, alors f(x)=x⇔cx+dax+b=x⇔cx2+(d−a)x−b=0.
Si Δ>0, l'équation a deux racines réelles l1=l2. Si on pose vn=un−l2un−l1 (qui est bien définie car par hypothèse un n'est jamais égal au point fixe l2), alors la suite (vn) est géométrique et vn+1=qvn.
C'est donc une suite géométrique, et donc si un converge alors vn converge, et si vn converge alors un converge. □
Si Δ=0, c'est-à-dire (d−a)2=−4bc, l'équation cx2+(d−a)x−b=0 possède une racine réelle double l=−2cd−a=2ca−d. Si on pose vn=un−l1, la suite (vn) est arithmétique : vn+1=vn+r où r=r(a,b,c).
d'où un=vn1+l=u0−l1+nr1+l avec r=a+d2c=0 (puisque c=0), donc un→l. □
Si Δ<0, c'est-à-dire qu'il y a deux racines complexes conjuguées l1,l2=l1, on procède comme dans le cas où Δ>0.
Démonstration. On voit que vn=un−l2un−l1 définit une suite géométrique (complexe) de raison q=a−cl2a−cl1=a−cl1a−cl1, donc ∣q∣=∣a−cl1∣∣a−cl1∣=1.
On a donc (dans C) : vn=qnv0, un=vn−1l2vn−l1=qnv0−1l1qnv0−l1.
Si un convergeait, ce serait vers un réel, donc pas vers l1 ou l2 (non réels) ; donc un−l2un−l1 converge vers z=limun−l2limun−l1=0, et donc vn=qnv0 converge vers une limite différente de 0. Donc on aurait v0=0 et (qn) convergente, mais si… □
Donc (un) diverge.
Attention aux exemples dégénérés : bien faire l'étude générale de la première section.
On peut donc retrouver une expression explicite de un en fonction de n, et on obtient un→1.
un+1=un+2−1
Soit f(x)=x+2−1 ; on cherche les points fixes f(x)=x, on obtient donc l'équation x2+2x+1=0, et donc Δ=0.
Posons vn=un+11, alors vn+1=1−un+211=un+1un+2=1+un+11=vn+1.
D'où vn=v0+n et donc un=vn1−1=u0+11+n1−1→−1.
un+1=−un1
Donc f(x)=−x1, Df=R∖{0}. f n'est continue sur aucun intervalle stable de R∖{0} car si u0>0, f(u0)<0, et si u0<0, f(u0)>0.
Si u0∈I, u1=f(u0)∈I, or u0,u1 sont de part et d'autre de 0. Donc 0∈I, ce qui est absurde puisque 0∈/Df. Donc a priori rien ne garantit que un converge vers un point fixe (si elle converge). D'ailleurs ici il n'y a pas de points fixes.
Ici a=0,b=−1,c=1,d=0, donc a+d=0 et r=a+d2c n'est pas définie : la recette "générale" ne s'applique pas. u1=−u01 et u2=−u11=u0 ; par récurrence on a u2n=u0, u2n+1=u1 : la suite ne converge pas.