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Divisibilité dans Z

Une construction de Z\mathbb{Z}, ensemble des entiers relatifs​

Si n∈N∗n \in \mathbb{N}^*, l'équation n+x=0n + x = 0 n'a pas de solution dans N\mathbb{N}. On est donc conduit à construire un ensemble de nombres plus vaste que N\mathbb{N} pour y trouver une solution.

Par ailleurs, l'échange commercial primitif "je reçois nn et je donne mm" peut se modéliser sous la forme du couple (n,m)(n, m), élément de N2\mathbb{N}^2, au format (quantité reçue, quantité donnée). L'échange (n,m)(n, m) a le même bilan (profit ou perte) que l'échange (n′,m′)(n', m') lorsque, pour un même individu, la succession des échanges (n,m)(n, m) puis (m′,n′)(m', n') a un bilan nul, c'est-à-dire lorsque la quantité n+m′n + m' reçue est égale à la quantité m+n′m + n' donnée.

Dans N2\mathbb{N}^2, on considère la relation R\mathcal{R} définie par :

∀((n,m),(n′,m′))∈(N2)2,(n,m)R(n′,m′)⇔n+m′=m+n′\forall ((n, m), (n', m')) \in (\mathbb{N}^2)^2, (n, m)\mathcal{R}(n', m') \Leftrightarrow n + m' = m + n'

On montre que R\mathcal{R} est une relation d'équivalence (R-S-T) dans N2\mathbb{N}^2.

Pour tout couple (n,m)(n, m) de N2\mathbb{N}^2, sa classe d'équivalence est n,m‾={(n′,m′)∈N2/(n′,m′)R(n,m)}\overline{n, m} = \{(n', m') \in \mathbb{N}^2 / (n', m')\mathcal{R}(n, m)\}.

L'ensemble de ces classes d'équivalence, dit ensemble quotient N2/R\mathbb{N}^2/\mathcal{R}, est noté Z\mathbb{Z}.

∀n∈N\forall n \in \mathbb{N}, nous noterons n,0‾\overline{n, 0} par +n+n et 0,n‾\overline{0, n} par −n-n ; 0,0‾\overline{0, 0} est noté 0.

Les opérations​

Addition. ∀(p,q)∈Z2\forall (p, q) \in \mathbb{Z}^2, notant p=(n,m)‾p = \overline{(n, m)} et q=(n′,m′)‾q = \overline{(n', m')}, pour tous représentants respectifs (n1,m1)(n_1, m_1) et (n1′,m1′)(n'_1, m'_1) de ces classes, on montre que les couples (n1+n1′,m1+m1′)(n_1 + n'_1, m_1 + m'_1) sont éléments de la même classe (n+n′,m+m′)‾\overline{(n + n', m + m')}. On pose alors par définition p+q=(n,m)‾+(n′,m′)‾=n+n′,m+m′‾p + q = \overline{(n, m)} + \overline{(n', m')} = \overline{n + n', m + m'}.

Multiplication. ∀(p,q)∈Z2\forall (p, q) \in \mathbb{Z}^2, notant p=n,m‾p = \overline{n, m} et q=n′,m′‾q = \overline{n', m'}, pour tous représentants respectifs (n1,m1)(n_1, m_1) et (n1′,m1′)(n'_1, m'_1) de ces classes, on montre que les couples (n1.n1′+m1.m1′,n1m1′+m1n1′)(n_1.n'_1 + m_1.m'_1, n_1m'_1 + m_1n'_1) sont éléments de la même classe (n.n′+m.m′,n.m′+m.n′)‾\overline{(n.n' + m.m', n.m' + m.n')}. On pose alors par définition

p×q=(n,m)‾×(n′,m′)‾=(n.n′+m.m′,n.m′+m.n′)‾p \times q = \overline{(n, m)} \times \overline{(n', m')} = \overline{(n.n' + m.m', n.m' + m.n')}

Les propriétés de ces opérations.

  • ++ est une loi de composition interne dans Z\mathbb{Z}.
  • ++ est commutative.
  • ++ est associative.
  • Z\mathbb{Z} possède (0,0)‾\overline{(0, 0)}, noté 0, comme élément neutre pour ++.
  • Tout élément de Z\mathbb{Z} admet un symétrique pour ++ (opposé).
  • ×\times est une loi de composition interne dans Z\mathbb{Z}.
  • ×\times est commutative.
  • ×\times est associative.
  • Z\mathbb{Z} possède (1,0)‾\overline{(1, 0)}, noté 1, comme élément neutre pour ×\times.
  • Les seuls éléments de Z\mathbb{Z} qui admettent un symétrique dans Z\mathbb{Z} pour ×\times ("inverse") sont (1,0)‾=+1\overline{(1, 0)} = +1 et (0,1)‾=−1\overline{(0, 1)} = -1, chacun étant son propre inverse.
  • ×\times est distributive par rapport à ++.

(Z,+,×)(\mathbb{Z}, +, \times) est un anneau unitaire commutatif dont les seuls éléments inversibles sont −1-1 et 11.

La règle des signes. ∀(n,m)∈N2\forall (n, m) \in \mathbb{N}^2 :

(+n)×(+m)=(n,0)‾×(m,0)‾=(n×m+0×0,n×0+0×m)‾=(n.m,0)‾=+n.m(+n)×(−m)=(n,0)‾×(0,m)‾=(n×0+0×m,n×m+0×0)‾=(0,n.m)‾=−n.m(−n)×(+m)=(0,n)‾×(m,0)‾=(0×m+n×0,0×0+n×m)‾=(0,n.m)‾=−n.m(−n)×(−m)=(0,n)‾×(0,m)‾=(0×0+n×m,0×m+n×0)‾=(n.m,0)‾=+n.m\begin{aligned} (+n) \times (+m) &= \overline{(n, 0)} \times \overline{(m, 0)} = \overline{(n \times m + 0 \times 0, n \times 0 + 0 \times m)} = \overline{(n.m, 0)} = +n.m \\ (+n) \times (-m) &= \overline{(n, 0)} \times \overline{(0, m)} = \overline{(n \times 0 + 0 \times m, n \times m + 0 \times 0)} = \overline{(0, n.m)} = -n.m \\ (-n) \times (+m) &= \overline{(0, n)} \times \overline{(m, 0)} = \overline{(0 \times m + n \times 0, 0 \times 0 + n \times m)} = \overline{(0, n.m)} = -n.m \\ (-n) \times (-m) &= \overline{(0, n)} \times \overline{(0, m)} = \overline{(0 \times 0 + n \times m, 0 \times m + n \times 0)} = \overline{(n.m, 0)} = +n.m \end{aligned}

La soustraction. ∀(p,q)∈Z2,p−q=p+(−q)\forall (p, q) \in \mathbb{Z}^2, p - q = p + (-q) (on ajoute l'opposé de qq).

N⊂Z\mathbb{N} \subset \mathbb{Z}. Par abus d'écriture, on confond tout entier naturel nn avec l'entier relatif +n=(n,0)‾+n = \overline{(n, 0)}. Ceci parce que l'application ϕ:n→(n,0)‾\phi : n \to \overline{(n, 0)} est une bijection de N\mathbb{N} sur la partie Z+\mathbb{Z}_+ de Z\mathbb{Z} constituée des seules classes de la forme (k,0)‾\overline{(k, 0)} où k∈Nk \in \mathbb{N}, et que cette bijection vérifie la propriété :

∀(n,m)∈N2,ϕ(n+m)=(n+m,0)‾=(n,0)‾+(m,0)‾=ϕ(n)+ϕ(m)\forall (n, m) \in \mathbb{N}^2, \phi(n + m) = \overline{(n + m, 0)} = \overline{(n, 0)} + \overline{(m, 0)} = \phi(n) + \phi(m)

La relation d'ordre ≤\leq​

∀(p,q)∈Z2,p≤q⇔q−p∈N et q≥p⇔p≤q\forall (p, q) \in \mathbb{Z}^2, p \leq q \Leftrightarrow q - p \in \mathbb{N} \text{ et } q \geq p \Leftrightarrow p \leq q

Entiers positifs, entiers négatifs. De cette définition, il ressort que ∀q∈Z,q∈N⇔q−0∈N⇔0≤q\forall q \in \mathbb{Z}, q \in \mathbb{N} \Leftrightarrow q - 0 \in \mathbb{N} \Leftrightarrow 0 \leq q. Les éléments de N\mathbb{N} (les entiers positifs) sont caractérisés par q≥0q \geq 0 ; q≤0q \leq 0 caractérise leurs opposés, les entiers négatifs de "−N-\mathbb{N}".

Propriétés.

  • La relation "≤\leq" ainsi définie est une relation d'ordre total dans Z\mathbb{Z} qui prolonge celle de N\mathbb{N}.
  • Elle est compatible avec l'addition : ∀(a,b,c)∈Z3,a≤b⇒a+c≤b+c\forall (a, b, c) \in \mathbb{Z}^3, a \leq b \Rightarrow a + c \leq b + c, et compatible avec la multiplication par un entier positif : ∀(a,b)∈Z2,∀c∈N,a≤b⇒a×c≤b×c\forall (a, b) \in \mathbb{Z}^2, \forall c \in \mathbb{N}, a \leq b \Rightarrow a \times c \leq b \times c.
  • ∀(a,b)∈Z2,∀c∈−N,a≤b⇒a×c≥b×c\forall (a, b) \in \mathbb{Z}^2, \forall c \in -\mathbb{N}, a \leq b \Rightarrow a \times c \geq b \times c.
  • Toute partie AA non vide et majorée de Z\mathbb{Z} admet un plus grand élément.
  • Toute partie AA non vide et minorée de Z\mathbb{Z} admet un plus petit élément.

Valeur absolue. ∀p∈Z,∣p∣=max⁡{−p,p}\forall p \in \mathbb{Z}, |p| = \max\{-p, p\}, plus grand élément de cet ensemble (max de maximum).

Propriétés de la valeur absolue.

  • ∀p∈Z,∣p∣=0⇔p=0\forall p \in \mathbb{Z}, |p| = 0 \Leftrightarrow p = 0
  • ∀(p,q)∈Z2,∣p×q∣=∣p∣×∣q∣\forall (p, q) \in \mathbb{Z}^2, |p \times q| = |p| \times |q|
  • ∀(p,q)∈Z2,∣p+q∣≤∣p∣+∣q∣\forall (p, q) \in \mathbb{Z}^2, |p + q| \leq |p| + |q|

La divisibilité dans Z\mathbb{Z}​

Division euclidienne dans Z\mathbb{Z}. ∀(a,b)∈Z×Z∗,∃!(q,r)∈Z2,a=b×q+r\forall (a, b) \in \mathbb{Z} \times \mathbb{Z}^*, \exists! (q, r) \in \mathbb{Z}^2, a = b \times q + r et 0≤r<∣b∣0 \leq r < |b|. qq est appelé le quotient et rr le reste dans la division euclidienne de aa par bb.

Démonstration.

  • Existence. L'ensemble B={bk/k∈Z et bk≤a}B = \{bk / k \in \mathbb{Z} \text{ et } bk \leq a\} est non vide (il contient baba ou −ba-ba) et majoré par aa. Étant une partie de Z\mathbb{Z}, il admet donc un plus grand élément bqbq. On a alors bq≤a<bq+∣b∣bq \leq a < bq + |b| (sinon bq+∣b∣bq + |b|, multiple de bb, serait un élément de BB plus grand que bqbq), donc 0≤a−bq<∣b∣0 \leq a - bq < |b|. Notant r=a−bqr = a - bq, on a 0≤r<∣b∣0 \leq r < |b| et a=bq+(a−bq)=bq+ra = bq + (a - bq) = bq + r.
  • Unicité. Si a=bq+r=bq′+r′a = bq + r = bq' + r' avec 0≤r<∣b∣0 \leq r < |b| et 0≤r′<∣b∣0 \leq r' < |b|, alors 0=bq+r−bq′−r′0 = bq + r - bq' - r', donc b(q−q′)=r′−rb(q - q') = r' - r, terme de ]−∣b∣,∣b∣[]-|b|, |b|[. Donc ∣b∣.∣q−q′∣<∣b∣|b|.|q - q'| < |b|, donc ∣q−q′∣<1|q - q'| < 1, donc (dans Z\mathbb{Z}) q−q′=0q - q' = 0 : ainsi q=q′q = q' et r=r′r = r'. □\square

aa est multiple (entier) de bb et bb est diviseur (entier) de aa lorsque la division euclidienne de aa par bb, a=bq+ra = bq + r, admet un reste nul. On note b∣ab|a pour "bb divise aa".

Remarques. Si b∣ab|a et a≠0a \neq 0, alors ∣b∣≤∣a∣|b| \leq |a| (puisque ∣a∣=∣b∣.∣q∣≥∣b∣|a| = |b|.|q| \geq |b| vu ∣q∣≥1|q| \geq 1).

Entier premier. Il est clair que tout entier nn possède au moins les diviseurs nn, −n-n, 11 et −1-1, car n=1×n=(−1)×(−n)n = 1 \times n = (-1) \times (-n). Si n=0n = 0, ils sont trois : 0, 1 et −1-1. Si n=1n = 1, ils sont deux : 1 et −1-1. Tout entier nn qui n'a comme diviseurs que les nombres nn, −n-n, 11 et −1-1 lorsqu'ils sont quatre, et aucun autre, est dit premier ; sinon il est dit non premier.

Décomposition en produit de facteurs premiers.

  • Tout entier de N∗∖{1}\mathbb{N}^* \setminus \{1\} possède au moins un diviseur premier.
  • Tout entier de N∗∖{1}\mathbb{N}^* \setminus \{1\} se décompose de façon unique en produit de facteurs premiers.
  • Tout entier relatif se décompose de façon unique sous une forme (±1)p1n1.p2n2…pknk(\pm 1)p_1^{n_1}.p_2^{n_2}\dots p_k^{n_k} où les entiers pip_i sont positifs et premiers.

Démonstration.

  • ∀n∈N∗∖{1}\forall n \in \mathbb{N}^* \setminus \{1\}, P={p∈Z/p≥2 et p∣n}≠∅P = \{p \in \mathbb{Z} / p \geq 2 \text{ et } p|n\} \neq \emptyset (car n∈Pn \in P) et est minoré par 1. Il a donc un plus petit élément p0p_0. Si p0p_0 admet un diviseur en dehors de {−1,1,−p0,p0}\{-1, 1, -p_0, p_0\}, ∃(p1,q1)∈(N∗∖{1})2,p0=p1q1\exists (p_1, q_1) \in (\mathbb{N}^* \setminus \{1\})^2, p_0 = p_1q_1. Ainsi p1q1∣np_1q_1|n, donc p1∣np_1|n, mais comme 1<p1<p01 < p_1 < p_0, p0p_0 n'est pas le plus petit élément de PP. Conclusion : les seuls diviseurs de p0p_0 sont les éléments de {−1,1,−p0,p0}\{-1, 1, -p_0, p_0\}, donc p0p_0 est premier.

  • Existence (par récurrence "forte", c'est-à-dire avec hypothèse de récurrence maximale).

    • Initialisation. Pour n=2n = 2, la seule décomposition possible est 2=22 = 2.
    • Hérédité. Supposons que pour un entier nn de N∗∖{1}\mathbb{N}^* \setminus \{1\} la propriété de décomposition soit vraie, ainsi que pour tous les entiers de N∗∖{1}\mathbb{N}^* \setminus \{1\} strictement inférieurs à nn. Considérons n+1n + 1. Vu la démonstration précédente, il possède au moins un diviseur premier pp et n+1=p.qn + 1 = p.q où q∈Nq \in \mathbb{N} :
      • si q=1q = 1, n+1=pn + 1 = p : décomposition en un seul facteur premier ;
      • si q≥2q \geq 2, pp étant premier, p>1p > 1 et par suite q≤nq \leq n car q=1.q<p.q=n+1q = 1.q < p.q = n + 1. L'hypothèse de récurrence fait écrire q=p1n1.p2n2…psnsq = p_1^{n_1}.p_2^{n_2}\dots p_s^{n_s}, et n+1=p.q=p.p1n1.p2n2…psnsn + 1 = p.q = p.p_1^{n_1}.p_2^{n_2}\dots p_s^{n_s} est un produit de facteurs premiers.

    Unicité. Supposons qu'un entier naturel nn ait deux décompositions en produit de facteurs premiers. Quitte à mettre en place des exposants nuls, écrivons les deux décompositions selon l'ensemble des facteurs premiers rencontrés : n=p1n1.p2n2…psns=p1m1.p2m2…psmsn = p_1^{n_1}.p_2^{n_2}\dots p_s^{n_s} = p_1^{m_1}.p_2^{m_2}\dots p_s^{m_s}, et isolons un quelconque facteur premier pip_i. On peut écrire n=pini.a=pimi.bn = p_i^{n_i}.a = p_i^{m_i}.b où pip_i ne divise ni aa ni bb. Si ni≠min_i \neq m_i (on peut supposer par exemple ni>min_i > m_i), n=pini.a=pini−mi.pimi.a=pimi.bn = p_i^{n_i}.a = p_i^{n_i - m_i}.p_i^{m_i}.a = p_i^{m_i}.b. Donc pini−mi.a=bp_i^{n_i - m_i}.a = b, donc pi∣bp_i|b, ce qui est faux. Il y a contradiction, donc ni=min_i = m_i.

  • Évident puisque n=±1.∣n∣n = \pm 1.|n| et que l'on peut appliquer à ∣n∣|n| ce qui précède. □\square

Méthode pratique pour déterminer si un entier relatif nn est premier. Si aucun entier naturel premier pp tel que p2≤∣n∣p^2 \leq |n| ne divise nn, alors nn est premier.

Exemple. 173 est premier car il n'est divisible par aucun des entiers premiers 2, 3, 5, 7, 11, 13 ; l'entier premier suivant, qui est 17, a son carré supérieur à 173.

Démonstration. Si nn n'est pas premier, il admet au moins un diviseur pp n'appartenant pas à {−n,−1,1,n}\{-n, -1, 1, n\}. On peut donc écrire n=pqn = pq où également q∈Z∖{−n,−1,1,n}q \in \mathbb{Z} \setminus \{-n, -1, 1, n\}.

min⁡({∣p∣,∣q∣})\min(\{|p|, |q|\}), qui est ∣p∣|p| ou ∣q∣|q|, est élément de N∗∖{1}\mathbb{N}^* \setminus \{1\} : il a au moins un diviseur premier p0p_0 dans N\mathbb{N}.

p0≤min⁡({∣p∣,∣q∣})p_0 \leq \min(\{|p|, |q|\}), donc p02≤[min⁡({∣p∣,∣q∣})]2≤∣p∣.∣q∣=∣n∣p_0^2 \leq [\min(\{|p|, |q|\})]^2 \leq |p|.|q| = |n|.

p0p_0 divise min⁡({∣p∣,∣q∣})\min(\{|p|, |q|\}), donc divise ∣p∣.∣q∣=∣n∣|p|.|q| = |n|, donc divise nn. On vient d'établir la contraposée du résultat demandé. □\square

L'ensemble des entiers naturels premiers n'est pas majoré.

Démonstration. S'il était majoré, il admettrait un plus grand élément psp_s et s'écrirait {p1,p2,…,ps}\{p_1, p_2, \dots, p_s\} où p1≤p2≤⋯≤psp_1 \leq p_2 \leq \dots \leq p_s (avec p1=2,p2=3p_1 = 2, p_2 = 3…). L'entier p=p1×p2×⋯×ps+1p = p_1 \times p_2 \times \dots \times p_s + 1, égal à leur produit majoré de 1 :

  • est strictement supérieur à psp_s car, comme les pip_i sont supérieurs à 1, p1×p2×⋯×ps+1≥ps+1>psp_1 \times p_2 \times \dots \times p_s + 1 \geq p_s + 1 > p_s ;
  • n'est divisible par aucun entier premier p1,p2,…,psp_1, p_2, \dots, p_s. En effet, s'il l'était, 1=p−p1×p2×⋯×ps1 = p - p_1 \times p_2 \times \dots \times p_s serait divisible par cet entier premier, donc supérieur à lui. Or c'est impossible.

Donc pp est un entier premier. Mais il est supérieur au plus grand entier premier : il y a contradiction. □\square

Ensemble D(a)\mathcal{D}(a) des diviseurs d'un entier aa. D(a)={b∈Z/∃q∈Z,a=b.q}\mathcal{D}(a) = \{b \in \mathbb{Z} / \exists q \in \mathbb{Z}, a = b.q\}.

Remarques. D(0)=Z\mathcal{D}(0) = \mathbb{Z} puisque ∀p∈Z,0=p.0\forall p \in \mathbb{Z}, 0 = p.0. Bien sûr, a∈D(a)a \in \mathcal{D}(a) puisque a=a.1a = a.1, et si b∈D(a)b \in \mathcal{D}(a), b∣ab|a, donc ∣b∣≤∣a∣|b| \leq |a|.

∀(a,b)∈Z2,[D(a)=D(b)]⇔[∣a∣=∣b∣]\forall (a, b) \in \mathbb{Z}^2, [\mathcal{D}(a) = \mathcal{D}(b)] \Leftrightarrow [|a| = |b|] et ∀(a,b)∈N2,[D(a)=D(b)]⇔[a=b]\forall (a, b) \in \mathbb{N}^2, [\mathcal{D}(a) = \mathcal{D}(b)] \Leftrightarrow [a = b].

Plus grand commun diviseur de deux entiers non nuls aa et bb (noté pgcd(a,b)pgcd(a, b) ou parfois a∧ba \wedge b). L'ensemble D(a)∩D(b)\mathcal{D}(a) \cap \mathcal{D}(b) des diviseurs communs de aa et de bb est l'ensemble des diviseurs d'un unique entier positif dd, lui-même diviseur commun de aa et bb et le plus grand d'entre eux. Ainsi D(a)∩D(b)=D(d)\mathcal{D}(a) \cap \mathcal{D}(b) = \mathcal{D}(d) où dd est le plus grand commun diviseur de aa et bb.

Démonstration. Clairement, l'ensemble D(a)\mathcal{D}(a) des diviseurs de aa est le même que D(−a)\mathcal{D}(-a), ensemble des diviseurs de −a-a, seuls les quotients changeant de signe. On peut donc se ramener au cas où aa et bb sont positifs. De plus, on pourra supposer a≥ba \geq b, le cas a<ba < b pouvant se traiter de la même manière en échangeant les rôles de aa et bb.

  • Si b=0b = 0. L'ensemble D(b)\mathcal{D}(b) des diviseurs de bb est Z\mathbb{Z}, donc D(a)∩D(b)=D(a)∩Z=D(a)\mathcal{D}(a) \cap \mathcal{D}(b) = \mathcal{D}(a) \cap \mathbb{Z} = \mathcal{D}(a). Dans ce cas, d=ad = a.
  • Si b>0b > 0. La division euclidienne de aa par bb s'écrit a=bq1+r1a = bq_1 + r_1 où 0≤r1<b0 \leq r_1 < b. Tout diviseur commun de bb et r1r_1 divise aa et bb, et comme r1=a−bq1r_1 = a - bq_1, tout diviseur commun de aa et bb divise bb et r1r_1. On a donc D(a)∩D(b)=D(b)∩D(r1)\mathcal{D}(a) \cap \mathcal{D}(b) = \mathcal{D}(b) \cap \mathcal{D}(r_1).
    • Si r1=0r_1 = 0. D(r1)=Z\mathcal{D}(r_1) = \mathbb{Z}, donc D(a)∩D(b)=D(b)\mathcal{D}(a) \cap \mathcal{D}(b) = \mathcal{D}(b) et d=bd = b.

    • Si r1≠0r_1 \neq 0. La division euclidienne de bb par r1r_1 s'écrit b=r1q2+r2b = r_1q_2 + r_2 où 0≤r2<r10 \leq r_2 < r_1. Le même raisonnement que ci-dessus conduit à D(b)∩D(r1)=D(r1)∩D(r2)\mathcal{D}(b) \cap \mathcal{D}(r_1) = \mathcal{D}(r_1) \cap \mathcal{D}(r_2).

    • Si r2=0r_2 = 0. D(r2)=Z\mathcal{D}(r_2) = \mathbb{Z}, donc D(a)∩D(b)=D(b)∩D(r1)=D(r1)\mathcal{D}(a) \cap \mathcal{D}(b) = \mathcal{D}(b) \cap \mathcal{D}(r_1) = \mathcal{D}(r_1) et d=r1d = r_1.

    • Si r2≠0r_2 \neq 0. La division euclidienne de r1r_1 par r2r_2 s'écrit r1=r2.q3+r3r_1 = r_2.q_3 + r_3 où 0≤r3<r20 \leq r_3 < r_2. Le même raisonnement que ci-dessus conduit à D(r1)∩D(r2)=D(r2)∩D(r3)\mathcal{D}(r_1) \cap \mathcal{D}(r_2) = \mathcal{D}(r_2) \cap \mathcal{D}(r_3).

      La suite des restes rkr_k est une suite strictement décroissante d'entiers positifs. Au bout d'un nombre fini nn de divisions euclidiennes, la valeur 0 sera atteinte et on aura rn=0r_n = 0. Les deux dernières divisions euclidiennes auront donc la forme

      rn−3=rn−2qn−1+rn−1 ouˋ 0≤rn−1<rn−2 et rn−1≠0, et rn−2=rn−1qn+0r_{n-3} = r_{n-2}q_{n-1} + r_{n-1} \text{ où } 0 \leq r_{n-1} < r_{n-2} \text{ et } r_{n-1} \neq 0, \text{ et } r_{n-2} = r_{n-1}q_n + 0

      Elles assurent respectivement le fait que D(a)∩D(b)=D(b)∩D(r1)=⋯=D(rn−2)∩D(rn−1)\mathcal{D}(a) \cap \mathcal{D}(b) = \mathcal{D}(b) \cap \mathcal{D}(r_1) = \dots = \mathcal{D}(r_{n-2}) \cap \mathcal{D}(r_{n-1}) et D(rn−2)∩D(rn−1)=D(rn−1)\mathcal{D}(r_{n-2}) \cap \mathcal{D}(r_{n-1}) = \mathcal{D}(r_{n-1}). Ainsi d=rn−1d = r_{n-1}, dernier reste non nul. □\square

Méthode de calcul du pgcd(a,b)pgcd(a, b). On effectue la succession de divisions euclidiennes ; par exemple, on calcule le pgcd(456,252)pgcd(456, 252) :

456=252×1+204252=204×1+48204=48×4+1248=12×4+0\begin{aligned} 456 &= 252 \times 1 + 204 \\ 252 &= 204 \times 1 + 48 \\ 204 &= 48 \times 4 + 12 \\ 48 &= 12 \times 4 + 0 \end{aligned}

Le dernier reste non nul est 12, donc pgcd(456,252)=12pgcd(456, 252) = 12. Cette méthode a été justifiée pendant la preuve de l'existence du pgcdpgcd.

On peut aussi trouver le pgcdpgcd par l'utilisation des facteurs premiers :

45622522
22821262
1142633
573213
191977
11

Associativité de l'opération pgcdpgcd. ∀(a,b,c)∈Z3,pgcd[pgcd(a,b),c]=pgcd[a,pgcd(b,c)]\forall (a, b, c) \in \mathbb{Z}^3, pgcd[pgcd(a, b), c] = pgcd[a, pgcd(b, c)]. L'entier ainsi obtenu est appelé pgcd(a,b,c)pgcd(a, b, c).

Remarque. Lorsque d=pgcd(a,b)d = pgcd(a, b), on peut écrire a=d×a′a = d \times a' et b=d×b′b = d \times b'. On a alors pgcd(a′,b′)=1pgcd(a', b') = 1.

Démonstration. Si a′a' et b′b' ont un diviseur commun positif d′d' strictement supérieur à 1, on peut écrire a′=d′×a′′a' = d' \times a'' et b′=d′×b′′b' = d' \times b'', de sorte que a=d×d′×a′′a = d \times d' \times a'' et b=d×d′×b′′b = d \times d' \times b'', et d×d′d \times d' est un diviseur commun de aa et bb strictement supérieur à leur pgcdpgcd. C'est impossible, donc un tel d′d' n'existe pas. □\square

Entiers aa et bb "premiers entre eux" ou "étrangers". Entiers aa et bb tels que pgcd(a,b)=1pgcd(a, b) = 1.

aZ+bZ=dZa\mathbb{Z} + b\mathbb{Z} = d\mathbb{Z}. ∀(a,b)∈Z2\forall (a, b) \in \mathbb{Z}^2, notant d=pgcd(a,b)d = pgcd(a, b) et aZ+bZ={au+bv/(u,v)∈Z2}a\mathbb{Z} + b\mathbb{Z} = \{au + bv / (u, v) \in \mathbb{Z}^2\}, on a l'égalité aZ+bZ=d.Za\mathbb{Z} + b\mathbb{Z} = d.\mathbb{Z} où d.Z={d.k/k∈Z}d.\mathbb{Z} = \{d.k / k \in \mathbb{Z}\}.

Démonstration.

  • ⊂\subset. Soit a.u+b.va.u + b.v un élément de a.Z+b.Za.\mathbb{Z} + b.\mathbb{Z}. On a dd le pgcd(a,b)pgcd(a, b) : il divise aa et bb. Donc ∃(a′,b′)∈Z2,a=d.a′\exists (a', b') \in \mathbb{Z}^2, a = d.a' et b=d.b′b = d.b'. Ainsi au+bv=d.a′.u+d.b′.v=d(a′.u+b′.v)au + bv = d.a'.u + d.b'.v = d(a'.u + b'.v), donc a.u+b.v∈d.Za.u + b.v \in d.\mathbb{Z}.
  • ⊃\supset. Dans la suite des divisions permettant de calculer le pgcd(a,b)pgcd(a, b), dd est le dernier reste non nul rn−1r_{n-1}. rn−3=rn−2qn−1+rn−1r_{n-3} = r_{n-2}q_{n-1} + r_{n-1}, donc d=rn−1=rn−3−rn−2.qn−1∈rn−3Z+rn−2Zd = r_{n-1} = r_{n-3} - r_{n-2}.q_{n-1} \in r_{n-3}\mathbb{Z} + r_{n-2}\mathbb{Z}. Mais rn−4=rn−3qn−2+rn−2r_{n-4} = r_{n-3}q_{n-2} + r_{n-2}, donc rn−2=rn−4−rn−3qn−2∈rn−4Z+rn−3Zr_{n-2} = r_{n-4} - r_{n-3}q_{n-2} \in r_{n-4}\mathbb{Z} + r_{n-3}\mathbb{Z}, donc d∈rn−4Z+rn−3Zd \in r_{n-4}\mathbb{Z} + r_{n-3}\mathbb{Z}. En remontant ainsi la succession de divisions euclidiennes, on achève par d∈aZ+bZd \in a\mathbb{Z} + b\mathbb{Z}. Donc dZ=aZ+bZd\mathbb{Z} = a\mathbb{Z} + b\mathbb{Z}. □\square

Conséquence. ∀(a,b)∈Z2\forall (a, b) \in \mathbb{Z}^2, notant d=pgcd(a,b)d = pgcd(a, b), ∃(u,v)∈Z2,d=a.u+b.v\exists (u, v) \in \mathbb{Z}^2, d = a.u + b.v. Attention ! Il n'y a pas unicité du couple (u,v)(u, v).

Démonstration. d=d.1∈dZ(=a.Z+b.Z)d = d.1 \in d\mathbb{Z} (= a.\mathbb{Z} + b.\mathbb{Z}), d'où l'existence du couple d'entiers (u,v)(u, v) tel que d=a.u+b.vd = a.u + b.v. Dans le cas particulier de (a,b)=(456,252)(a, b) = (456, 252), on sait que d=pgcd(a,b)=12d = pgcd(a, b) = 12. On peut observer que 12=456u+252v12 = 456u + 252v pour (u,v)=(5,−9)(u, v) = (5, -9), mais aussi (−16,29)(-16, 29), (26,−47)(26, -47)… □\square

Remarque. L'existence d'une telle relation d=a.u+b.vd = a.u + b.v n'entraîne pas que d=pgcd(a,b)d = pgcd(a, b), sauf dans le cas où d=1d = 1, comme on va le voir ci-dessous.

Théorème IV.1 (de Bézout).

∀(a,b)∈Z2,[pgcd(a,b)=1]⇔[∃(u,v)∈Z2,a.u+b.v=1]\forall (a, b) \in \mathbb{Z}^2, [pgcd(a, b) = 1] \Leftrightarrow [\exists (u, v) \in \mathbb{Z}^2, a.u + b.v = 1]

Démonstration.

  • ⇒\Rightarrow. Implication déjà établie dans le cas général d'un pgcd(a,b)=dpgcd(a, b) = d quelconque.
  • ⇐\Leftarrow. Si ∃(u,v)∈Z2,a.u+b.v=1\exists (u, v) \in \mathbb{Z}^2, a.u + b.v = 1, tout diviseur commun à aa et bb divise 1. Donc le plus grand d'entre eux, pgcd(a,b)pgcd(a, b), divise 1. Or les seuls diviseurs de 1 sont +1+1 et −1-1. Étant par définition positif, pgcd(a,b)=+1pgcd(a, b) = +1. □\square

Une première conséquence. ∀(a,b)∈Z2\forall (a, b) \in \mathbb{Z}^2, notant d=pgcd(a,b)d = pgcd(a, b), on sait que ∃(u,v)∈Z2,d=a.u+b.v\exists (u, v) \in \mathbb{Z}^2, d = a.u + b.v. On peut ajouter que, dans une telle décomposition, pgcd(u,v)=1pgcd(u, v) = 1.

Démonstration. dd divisant aa et bb, il existe deux entiers a′a' et b′b' tels que a=d.a′a = d.a' et b=d.b′b = d.b'. d=a.u+b.vd = a.u + b.v s'écrit d=d.a′.u+d.b′.vd = d.a'.u + d.b'.v, donc 1=a′.u+b′.v=u.a′+v.b′1 = a'.u + b'.v = u.a' + v.b', ce qui, d'après le théorème de Bézout, entraîne que pgcd(a′,b′)=1=pgcd(u,v)pgcd(a', b') = 1 = pgcd(u, v). □\square

Théorème IV.2 (de Gauss). ∀(a,b,c)∈Z3\forall (a, b, c) \in \mathbb{Z}^3, si a∣b.ca|b.c et pgcd(a,b)=1pgcd(a, b) = 1, alors a∣ca|c.

Démonstration. Puisque pgcd(a,b)=1pgcd(a, b) = 1, ∃(u,v)∈Z2,a.u+b.v=1\exists (u, v) \in \mathbb{Z}^2, a.u + b.v = 1, donc a.c.u+b.c.v=ca.c.u + b.c.v = c. a∣a.c.ua|a.c.u de façon évidente ; de a∣b.ca|b.c par hypothèse, donc a∣b.c.va|b.c.v. Ainsi a∣ca|c puisque c=a.c.u+b.c.vc = a.c.u + b.c.v. □\square

Un exemple d'équation diophantienne​

Résoudre dans Z2\mathbb{Z}^2 l'équation d'inconnue (u,v)(u, v) :

456.u+252.v=12456.u + 252.v = 12

Ayant déjà calculé pgcd(456,252)=12pgcd(456, 252) = 12, nous savons que cette équation admet au moins une solution, puisqu'il existe au moins un couple (u,v)(u, v) de Z2\mathbb{Z}^2 tel que 12(=d)=456.u+252.v12 (= d) = 456.u + 252.v.

Nous allons chercher un couple solution particulier. Si on n'a pas l'idée de (5,−9)(5, -9), la remontée des divisions euclidiennes nous permet d'aboutir à coup sûr :

456=252×1+204 donc 204=456−252×1252=204×1+48 donc 48=252−204×1=252−(456−252×1)×1=−456+252×2204=48×4+12 donc 12=204−48×4=(456−252×1)−(−456+252×2)×4\begin{aligned} 456 = 252 \times 1 + 204 &\text{ donc } 204 = 456 - 252 \times 1 \\ 252 = 204 \times 1 + 48 &\text{ donc } 48 = 252 - 204 \times 1 = 252 - (456 - 252 \times 1) \times 1 = -456 + 252 \times 2 \\ 204 = 48 \times 4 + 12 &\text{ donc } 12 = 204 - 48 \times 4 = (456 - 252 \times 1) - (-456 + 252 \times 2) \times 4 \end{aligned}

Ainsi 12=456×5−252×9=456×5+252×(−9)12 = 456 \times 5 - 252 \times 9 = 456 \times 5 + 252 \times (-9).

Résolution de l'équation. ∀(u,v)∈Z2\forall (u, v) \in \mathbb{Z}^2 :

12=456.u+252.v⇔{12=456.u+252.v12=456.5+252.(−9)⇔0=456(u−5)+252(v+9)⇔0=38(u−5)+21(v+9)⇔21(v+9)=38(5−u)\begin{aligned} 12 = 456.u + 252.v &\Leftrightarrow \begin{cases} 12 = 456.u + 252.v \\ 12 = 456.5 + 252.(-9) \end{cases} \\ &\Leftrightarrow 0 = 456(u - 5) + 252(v + 9) \Leftrightarrow 0 = 38(u - 5) + 21(v + 9) \Leftrightarrow 21(v + 9) = 38(5 - u) \end{aligned}

21∣38(5−u)21|38(5 - u) et pgcd(21,38)=1pgcd(21, 38) = 1, donc par le théorème de Gauss 21∣5−u21|5 - u, donc ∃k∈Z,5−u=21.k\exists k \in \mathbb{Z}, 5 - u = 21.k et u=−21k+5u = -21k + 5.

Remplaçant dans l'équation 21(v+9)=38(5−u)21(v + 9) = 38(5 - u) (5−u)(5 - u) par 21.k21.k, il vient 21(v+9)=38.21.k21(v + 9) = 38.21.k, donc v+9=38.kv + 9 = 38.k et v=38.k−9v = 38.k - 9.

Il est aisé réciproquement de vérifier que ∀k∈Z,456(−21k+5)+252(38k−9)=12\forall k \in \mathbb{Z}, 456(-21k + 5) + 252(38k - 9) = 12.

L'ensemble des solutions est S={(−21.k+5,38k−9)/k∈Z}S = \{(-21.k + 5, 38k - 9) / k \in \mathbb{Z}\}.

Remarques. Pour prolonger cette étude, notons que :

  • l'équation 456.u+252.v=1456.u + 252.v = 1 ne peut avoir de solution dans Z2\mathbb{Z}^2, car si cela était, d'après le théorème de Bézout, 456 et 252 seraient premiers entre eux, ce qui est faux ;
  • l'équation 456.u+252.v=24456.u + 252.v = 24 n'a pas comme ensemble-solution dans Z2\mathbb{Z}^2, comme on pourrait le penser par une réflexion trop rapide, S′={(2×(−21.k+5),2×(38k−9))/k∈Z}S' = \{(2 \times (-21.k + 5), 2 \times (38k - 9)) / k \in \mathbb{Z}\}. S′S' n'est qu'une partie de l'ensemble de ses solutions. Il faut refaire le raisonnement à partir de la solution (2×5,2×(−9))(2 \times 5, 2 \times (-9)).

Autre méthode : se ramener à des entiers premiers entre eux​

Comme pgcd(456,252)=12pgcd(456, 252) = 12, on se ramène à résoudre

38.u+21.v=1(2)38.u + 21.v = 1 \qquad (2)
  1. Effectuer "Euclide à l'endroit" (mêmes quotients que pour 456 et 252) :

    456=252×1+204252=204×1+48204=48×4+1248=12×4+0456 = 252 \times 1 + 204 \qquad 252 = 204 \times 1 + 48 \qquad 204 = 48 \times 4 + 12 \qquad 48 = 12 \times 4 + 0
  2. Effectuer "Euclide à l'envers" :

    1=17−161=38−21−161=38−21−(21−17)(21−17)1=38−21−21.21+17.21+17.21−17.171=38+12.21−17(38−21)1=−16×38+29×21\begin{aligned} 1 &= 17 - 16 \\ 1 &= 38 - 21 - 16 \\ 1 &= 38 - 21 - (21 - 17)(21 - 17) \\ 1 &= 38 - 21 - 21.21 + 17.21 + 17.21 - 17.17 \\ 1 &= 38 + 12.21 - 17(38 - 21) \\ 1 &= -16 \times 38 + 29 \times 21 \end{aligned}

    Une solution particulière de (2) est (−16,29)(-16, 29) :

    38.x0′+21.y0′=1(3)38.x'_0 + 21.y'_0 = 1 \qquad (3)
  3. Établir la solution générale. On égalise (2) et (3), ainsi 38.x0′+21.y0′=38.x+21.y⇔38(x0′−x)=21(y0′−y)38.x'_0 + 21.y'_0 = 38.x + 21.y \Leftrightarrow 38(x'_0 - x) = 21(y'_0 - y).

    38∣21(y0′−y)38|21(y'_0 - y), or pgcd(38,21)=1pgcd(38, 21) = 1, donc 38∣y0′−y38|y'_0 - y, donc ∃k∈Z/y0′−y=38k⇒y=29−38k\exists k \in \mathbb{Z} / y'_0 - y = 38k \Rightarrow y = 29 - 38k. On remplace dans (3), ainsi x=−16−21kx = -16 - 21k.

Ainsi la solution générale est (−16−21k,29−38k)(-16 - 21k, 29 - 38k).